Poursuivons la lutte contre toutes les oppressions

Le féminisme n’est pas un combat récent : on en trouve les germes dès l’Antiquité grecque. Mais, force est de constater que cette lutte ne s’est diffusée qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle. Le bouleversement que fut la Révolution française, en promettant une société nouvelle, semblait annoncer de nouveaux droits pour les femmes. Pourtant, cette révolution n’a pas tenu ses promesses. Le mouvement ouvrier, qui voulait une société nouvelle, a donc repris au siècle suivant la lutte pour l’égalité hommes-femmes, non sans difficultés. Cela fut notamment porté par des militant-e-s comme la communarde Nathalie Lemel, le socialiste Charles Fourier, ou encore les marxistes Friedrich Engels et Clara Zetkin.

Ces luttes ont permis d’importants progrès au cours du XXe siècle : les femmes ont obtenu le droit de vote et, grâce à l’IVG et à la diffusion des contraceptifs, le contrôle – relatif – de leur corps. Cependant, nous ne pouvons pas encore crier victoire : à emploi et qualification équivalents, les femmes continuent à être moins payées que les hommes et elle sont plus touchées par le temps partiel subi. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, une femme sur trois sur la planète est, à un moment de sa vie, victime de violences conjugales. Quant au droit à l’IVG, il est, même en Europe, régulièrement mis en cause, voire reste interdit dans certains pays. Par ailleurs, le droit à la PMA doit être garanti sans discrimination.

Pour lutter contre ces inégalités d’un autre âge, il est complètement contre-productif de se limiter à déplorer la faible représentation des femmes aux conseils d’administration des grandes entreprises ou à l’Assemblée nationale : c’est l’ensemble de cette société, dont le patriarcat est un pilier majeur, qu’il faut renverser. Nous ne voulons pas une exploitation bourgeoise et paritaire, nous ne voulons plus d’exploitation du tout.

Aussi appelons-nous à l’union des luttes de tous les exclus de cet ordre inégalitaire pour construire une société plus juste, plus humaine et plus libre. En abolissant toutes les oppressions et toutes les aliénations partout dans le monde, nous pouvons créer à la base une autre société, libérée du patriarcat, libérée de l’exploitation par l’abolition du travail salarié et du mode de production capitaliste. Le féminisme radical ne peut être séparé de la lutte pour l’auto-émancipation généralisée.