Capitalisme : c’est reparti pour un tour ?

Comment l’histoire retiendra la crise du capitalisme que nous vivons actuellement : sera-t-elle désignée comme « la crise de 2008-2016 » ? Il est trop tôt pour le dire, mais des éléments tendent à montrer que la crise économique irait vers sa fin. Cela ne veut pas du tout dire que la situation deviendrait rose : d’ailleurs, le chômage reste à un niveau élevé au sein de l’Union européenne – autour de 10 %. Cependant, la tendance d’ensemble est à la baisse, après un pic en 2013. La baisse est encore plus importante aux Etats-Unis, même s’il ne faut pas se leurrer quant aux emplois précaires, mal payés, etc., qu’occupent nombre d’ex-chômeurs.

Comment va se porter le capitalisme dans les années qui viennent ? Cela dépend bien sûr du point de vue. A court terme, pour la classe capitaliste, les profits vont probablement s’accroître de nouveau. De leur point de vue, la machine repart ! Pour les travailleurs, par contre, la situation va rester difficile – à moins de véritables luttes sociales d’ampleur permettant d’inverser le rapport de force entre les classes sociales. Pour ce qui est du mode de production lui-même, il va de toute façon rester basé sur l’exploitation et l’aliénation des travailleurs. Il va plus largement rester empêtré dans ses contradictions. Il est d’ailleurs tout à fait possible que ces dernières se manifestent de façon soudaine, inattendue, dans les mois ou les années qui viennent, annulant ainsi les signes favorables que les capitalistes voient actuellement s’accumuler. Cette crise pourrait de cette façon durer plus d’une décennie.

Quoi qu’il en soit, les expédients utilisés pour faciliter la sortie de crise seront en même temps les ferments d’une future crise. Le cycle ne pourra s’arrêter que par l’abolition du mode de production capitaliste, par l’abolition du système salarial.

L’heure n’est donc pas encore au bilan définitif de cette crise, puisqu’elle est toujours en cours. Elle aura en tout cas confirmé une fois de plus le caractère violent et instable du capitalisme. Pour notre part, nous pensons que se confirme également le fait que le capitalisme ne s’écroulera pas de lui-même : il faudra un mouvement révolutionnaire mondial auto-organisé pour en finir avec ce mode de production inégalitaire, aliénant et destructeur.

Garanti sans trucage : titre sur le site des Echos, le 20 mars 2015.