Combattons les politiques de la peur et de la haine

« Le parti de l’ordre était le parti de la haine parce qu’il était celui de la peur. » (Maurice Agulhon, dans 1848 ou l’apprentissage de la République)

« L’état d’urgence » est désormais en vigueur depuis 4 mois. Ce simple fait traduit la situation politique actuelle. Tout à l’inverse de cette logique, nous pouvons briser le cercle vicieux de la peur et de la haine, obtenir la levée immédiate de l’état d’urgence ainsi que l’arrêt de la répression des mouvements sociaux. C’est par des luttes sociales puissantes, par l’auto-organisation à la base, que l’on peut obtenir des victoires, que la conscience de classe peut remplacer la peur et le repli.

En effet, se répand actuellement la croyance à un déclin, avec des références à un passé imaginaire qui n’a jamais existé et que rien ne fera naître, mais dont la quête peut avoir des conséquences très concrètes – et très réactionnaires. Cela impose une action déterminée contre tous les replis comme contre tous les reculs sociaux, ce qui ne peut pas être mené par ceux qui encouragent des divisions nationales, racialistes, ou autres. L’internationalisme est une base indispensable de la lutte sociale des exploités, qui n’est pas négociable, qu’il n’est pas possible d’abandonner même pour de prétendues raisons de « tactique ». Renoncer à ce principe, même partiellement ou provisoirement, ce serait renoncer à l‘auto-émancipation universelle.

Dans le contexte actuel, il est plus que jamais nécessaire de mettre en avant l’objectif concret d’une autre organisation sociale, basée sur la coopération et non plus la compétition, sur l’entraide et non l’égoïsme, où la production serait déterminée par les besoins de tous et non les profits de quelques uns.

La première étape est aujourd’hui d’obtenir le retrait complet du projet de « Loi travail », dont l’adoption constituerait un grave recul social. Les manifestations du 9 mars ont été une première étape réussie. Cependant, les journées de mobilisation isolées ne suffiront pas : c’est par la construction d’une large mobilisation dans la durée, avec des Assemblées générales sur les lieux de travail, avec des collectifs de lutte, des coordinations, que l’on pourra arriver à une véritable grève générale et ainsi battre le gouvernement.