La lente réception de Rosa Luxemburg en france

Les tra­duc­tions des textes de Rosa Luxem­burg ont été assez tar­dives en france – d’ailleurs, 91 ans après sa mort de nom­breux textes ne sont tou­jours pas tra­duits en fran­çais. Ce retard est d’autant plus remar­quable que Rosa Luxem­burg lisait et écri­vait le fran­çais, qu’elle avait briè­ve­ment vécu en france1, et qu’elle y avait des amis.

Il semble que le pre­mier article de Rosa Luxem­burg publié en fran­çais soit une tra­duc­tion, par la revue Le Mou­ve­ment Socia­liste, d’un article écrit en alle­mand contre les concep­tions réfor­mistes : « Démo­cra­tie indus­trielle et démo­cra­tie poli­tique : cri­tique de Bern­stein »2. Il s’agit d’un seul des dix articles for­mant son ouvrage Réforme sociale ou révo­lu­tion ? (seconde par­tie, cha­pitre 2 : « Syn­di­cats, coopé­ra­tives et démo­cra­tie poli­tique »3). Au cours des trente années sui­vantes, le reste de son livre ne fut pas tra­duit en français.

Il est à noter que le der­nier para­graphe de l’article publié en 1899 ne figure pas dans les tra­duc­tions fran­çaises du livre ; peut-être que ce pas­sage a été sup­primé par Rosa Luxem­burg lors de la réédi­tion de son ouvrage en 19084. Voici cette conclu­sion : « Bern­stein déclare à la fin de sa “réponse” à Kautsky dans le Vor­waerts qu’il est com­plè­te­ment d’accord avec la par­tie pra­tique du pro­gramme de la démo­cra­tie socia­liste et que s’il a quelque objec­tion à faire, c’est uni­que­ment contre la par­tie théo­rique. Mal­gré tout cela il croit encore pou­voir mar­cher à bon droit dans les rangs du Parti, “car, pour lui, quelle impor­tance y a-t-il, à ce que dans la par­tie théo­rique il y ait une phrase qui ne soit pas à l’unisson de sa concep­tion ?” Cette décla­ra­tion prouve tout au plus com­bien Bern­stein a perdu le sens de la connexité entre l’action pra­tique de la démo­cra­tie socia­liste et ses prin­cipes géné­raux, com­bien les mêmes mots ont cessé d’exprimer les mêmes choses pour le “Parti” et pour “Bern­stein”. En réa­lité, les théo­ries propres à Bern­stein conduisent à cette concep­tion socia­liste très élémen­taire que, sans les prin­cipes fon­da­men­taux, toute la lutte pra­tique devient inutile et sans valeur, qu’avec l’abandon du but final le mou­ve­ment lui-même doit som­brer. »5

En 1903, elle publie dans Le Mou­ve­ment Socia­liste une des contri­bu­tions à une « enquête sur l’anticléricalisme et le socia­lisme »10.

De son vivant un seul de ses ouvrages est inté­gra­le­ment tra­duit en fran­çais, sa bro­chure sur la grève de masse qui est publiée par des socia­listes belges : La Grève en masse, le parti et les syn­di­cats, Volks­druk­ke­rij, Gand, 1909. Cette tra­duc­tion a été effec­tuée par Alexandre Bracke-Desrousseaux – un mar­xiste fran­çais qui connais­sait Rosa Luxem­burg – à la demande de cette der­nière11.

Pen­dant la guerre, les cen­sures alle­mandes et fran­çaises ne faci­li­tèrent évidem­ment pas la dif­fu­sion de ses textes contre la guerre – d’ailleurs sou­vent publiés sous pseu­do­nyme – qui res­tèrent donc incon­nus du lec­to­rat francophone.

En décembre 1918 et jan­vier 1919, alors que les évène­ments révo­lu­tion­naires en Alle­magne font sou­vent les gros titres de L’Humanité, Rosa Luxem­burg y est pour­tant rare­ment men­tion­née – on y lit plu­tôt « les par­ti­sans de Liebk­necht », « le groupe Liebk­necht », etc., ce qui montre que Karl Liebk­necht était plus connu qu’elle à l’époque. Le 6 jan­vier 1919, un article inti­tulé « Ce que repré­sente le groupe Spar­ta­cus. Ses prin­cipes et ses ten­dances »12, ne men­tionne pas une seule fois Rosa Luxem­burg ! De façon géné­rale, les orien­ta­tions des spar­ta­kistes (par­fois appe­lés « spar­ta­ciens ») y sont décrites avec le plus grand flou, voire de façon fran­che­ment erro­née, et en tout cas de façon majo­ri­tai­re­ment hos­tile (glo­ba­le­ment, L’Humanité sou­tient les orien­ta­tions de l’USPD13).

Le 17 jan­vier 1919, on relègue en seconde page un article au titre hési­tant : « Karl Liebk­necht et Rosa Luxem­burg. Leur arres­ta­tion à Ber­lin. Ont-ils été tués ? »14. Le len­de­main enfin, « Com­ment furent assas­si­nés Karl Liebk­necht et Rosa Luxem­burg » fait la une. Après un bref article plu­tôt favo­rable d’Amédée Dunois, le quo­ti­dien reprend la ver­sion men­son­gère de l’assassinat issue de la pro­pa­gande des assas­sins eux-mêmes15. Rien n’est indi­qué concer­nant ses idées politiques.

Cepen­dant, le 21 jan­vier un article de Bracke-Desrousseaux est enfin consa­cré à « Rosa Luxem­bourg », en pre­mière page. En voici l’essentiel :

« A des­sein, je conserve au nom pris par celle que les ouvriers socia­listes d’Allemagne appe­laient jadis unsere Rose, notre Rose, la forme fran­çaise qu’elle aimait à trou­ver dans nos jour­naux. “Les cama­rades de France ont rai­son d’écrire ce pseu­do­nyme comme ils en ont l’habitude, me disait-elle la der­nière fois que je pas­sai quelques moments avec elle : il me semble ainsi qu’ils m’adoptent mieux pour l’une des leurs.” […]

Je n’ai pas l’intention de faire ici une notice bio­gra­phique. Les don­nées me manquent et le temps de les rechercher.

Je ne me pro­mets même pas d’apprécier exac­te­ment son rôle depuis le début de la guerre et la place prise par elle aux côtés de Liebk­necht – jusqu’à la mort – dans la révo­lu­tion alle­mande. Nous sommes si mal renseignés ! […]

Elle par­lait au moins six langues. Elle aimait et connais­sait à fond, entre autres, la lit­té­ra­ture et la phi­lo­so­phie fran­çaises, aux­quelles elle aimait à reve­nir dans les courts loi­sirs qu’elle trouvait.

Rosa Luxem­bourg offre l’un des rares exemples d’une socia­liste qui put mili­ter dans les rangs de deux sec­tions à la fois. Elle comp­tait pour l’un des lea­ders de la social­dé­mo­cra­tie polo­naise et col­la­bo­rait assi­du­ment à son jour­nal. En même temps, elle bataillait avec la démo­cra­tie socia­liste alle­mande, par la plume, par la parole, par son action ardente et inlas­sable. Je ne crois pas qu’elle ait man­qué, depuis plus de vingt ans, un des Congrès – sauf pour cause de prison.

Tou­jours à la “gauche” du Parti, avec son amie Clara Zet­kin, elle était redou­tée, dans les dis­cus­sions, de ceux qui se trou­vaient ses adver­saires du moment. Son éloquence, nour­rie de faits, était mor­dante et sarcastique.

Elle s’était vouée à l’étude du mar­xisme. Lorsque le Parti socia­liste alle­mand fonda cette “Ecole socia­liste” de Ber­lin, qui devait être une pépi­nière de jour­na­listes et de pro­pa­gan­distes, c’est à elle que l’on confia les leçons d’économie poli­tique mar­xiste. C’est en pré­pa­rant ses cours, et aussi un livre d’introduction popu­laire à l’économie poli­tique qu’elle trouva le sujet d’un de ses ouvrages impor­tants : L’Accumulation du Capi­tal. Elle y étudiait un pro­blème qui se rat­ta­chait aux théo­ries expo­sées dans le deuxième volume du Capi­tal et s’y trou­vait conduite à expli­quer le lien néces­saire qui unit à la pro­duc­tion capi­ta­liste le mili­ta­risme et l’”impérialisme”, c’est-à-dire la poli­tique d’expansion colo­niale et de conquête.

C’est avec la méthode mar­xiste, qu’elle cher­chait à étendre en même temps qu’à éluci­der par les faits contem­po­rains, qu’elle avait étudié, dans sa thèse de doc­to­rat, l’Evo­lu­tion indus­trielle de la Pologne. […]

Dans l’Internationale, elle exer­çait la même action que dans l’organisation alle­mande. Une bro­chure inti­tu­lée Réforme ou révo­lu­tion ? résume quelques-uns des points sur les­quels elle avait com­battu le “révi­sion­nisme” et tout ce qui res­sem­blait à un “oppor­tu­nisme” cher­chant à entraî­ner le pro­lé­ta­riat dans la voie des alliances avec la démo­cra­tie bourgeoise. […]

Nul plus qu’elle, dans la démo­cra­tie socia­liste alle­mande, ne tra­vaillait à secouer la pesan­teur qui enchaî­nait les tra­vailleurs dans le cadre impé­rial. Une bro­chure, dont j’avais fait la tra­duc­tion fran­çaise, expo­sait, au len­de­main de la révo­lu­tion russe de 1905, la signi­fi­ca­tion nou­velle que pre­naient les actions de grève en masse, à mesure que la vieille notion de grève géné­rale fai­sant l’économie de la révo­lu­tion dis­pa­rais­sait. (La grève en masse, le Parti et les syn­di­cats, bro­chure publiée à Gand en 191016 par la librai­rie “Germinal”.)

Là encore, c’était dans la méthode mar­xiste qu’elle cher­chait le fil conduc­teur au milieu des évène­ments variés.

La révo­lu­tion alle­mande pour­sui­vra son des­tin. Soyons sûrs qu’après les ter­ribles oura­gans qui l’attendent peut-être encore, la mémoire de Rosa Luxem­bourg res­tera, pour le pro­lé­ta­riat de tous les pays, celle d’une com­bat­tante, en même temps que d’une éduca­trice. »17

Au moment de cet hom­mage, le lec­teur fran­co­phone ne peut en fait trou­ver aucun livre de Rosa Luxem­burg en librai­rie. Si son assas­si­nat sus­cite un cer­tain nombre d’hommages, aucune édition ne paraît durant les deux années sui­vantes. A par­tir de 1921, cer­taines lettres écrites par Rosa Luxem­burg en pri­son sont tra­duites, et en 1922 Bracke-Desrousseaux tra­duit sa bro­chure sur La Révo­lu­tion russe peu après sa publi­ca­tion en alle­mand : La Révo­lu­tion russe, exa­men cri­tique, éditions du Parti Socia­liste (SFIO), avec un avant-propos de Bracke (non-signé).

En 1922 le Bul­le­tin Com­mu­niste, fondé par Boris Sou­va­rine en 1920 et devenu en 1921 l’hebdomadaire du Parti Com­mu­niste SFIC, rend hom­mage à Rosa Luxem­burg pour la troi­sième année de se mort en la met­tant en cou­ver­ture. Alix Guillain tra­duit un de ses articles sous le titre « La Paix par la Révo­lu­tion seule » ; il s’agit en réa­lité de la qua­trième par­tie d’un article de Rosa Luxem­burg d’août 1917 : « Brû­lantes ques­tions d’actualité »18. En mai 1923, Mar­cel Olli­vier y tra­duit un large extrait du pre­mier cha­pitre du texte Cri­tique des cri­tiques, sous le titre : « L’accumulation du capi­tal et l’impérialisme »19, suivi d’un com­men­taire écrit par Lucien Lau­rat (sous le pseu­do­nyme Lucien Révo) : « Rosa Luxem­bourg conti­nua­trice de Marx ». Cet inté­rêt du PC, déjà réduit, ne dura pas : Boris Sou­va­rine, Mar­cel Olli­vier et Lucien Lau­rat, tous com­mu­nistes anti-staliniens, étant pour cette rai­son exclus ou pous­sés au départ à par­tir de 1924.

 

Il faut attendre les années 1930 pour de nou­velles publi­ca­tions de textes impor­tants : des articles sont tra­duits par les revues Spar­ta­cus (créée en 1931) puis la Cor­res­pon­dance Ouvrière Inter­na­tio­nale fon­dées par André Prud­hom­meaux, et à par­tir de 1933 par les revues Masses et Spar­ta­cus (créée en 1934) diri­gées par René Lefeuvre. Cer­tains de ses livres sont égale­ment tra­duits à cette période – Réforme sociale ou révo­lu­tion ?, La Crise de la social-démocratie (sous le titre La Crise de la démo­cra­tie socia­liste), et la pre­mière par­tie de L’Accumulation du Capi­tal – prin­ci­pa­le­ment par les éditions Nou­veau Pro­mé­thée20, les éditions Spar­ta­cus, et La Librai­rie du tra­vail21.

Article de René Lefeuvre dans Masses, février 1939

Après la seconde guerre mon­diale, seules les éditions Spar­ta­cus publient des ouvrages de Rosa Luxem­burg – mais de façon inten­sive : en deux ans, 1946 et 1947, sont publiés : La Révo­lu­tion russe, Mar­xisme contre dic­ta­ture (un recueil d’articles), Réforme ou révo­lu­tion ?, et Grève géné­rale, parti et syn­di­cats.

 Par la suite, il y a eu au cours des années 1960 et 1970 net­te­ment plus de textes dis­po­nibles, notam­ment du fait des éditions Mas­pero et des éditions Spartacus.

Même si quelques nou­velles tra­duc­tions ont depuis été publiées, il reste que la majo­rité des articles et des dis­cours publiés de Rosa Luxem­burg res­tent encore inac­ces­sibles au lec­teur francophone.

[Nous revien­drons sur ce sujet dans notre pro­chain numéro]

1 Voir « Hom­mage à Rosa Luxem­burg à Paris », Cri­tique Sociale n° 10, mai 2010.

2Le Mou­ve­ment Socia­liste n° 11, 15 juin 1899, pp. 641 à 656, tra­duc­tion de J. Rivière.

3 Cf : Rosa Luxem­burg, Réforme sociale ou révo­lu­tion ?, et autres textes poli­tiques, Spar­ta­cus, 1997, pp. 74 à 83. Une note publiée en 1899 reprend égale­ment un extrait de la pre­mière par­tie, cha­pitre 3 (cf Spar­ta­cus, 1997, pp. 48 à 50).

4 C’est sur cette seconde édition alle­mande de 1908, revue par rap­port à celle de 1899, que sont basées les tra­duc­tions fran­çaises. Mais la tra­duc­tion de l’article en fran­çais en 1899 était peut-être basée sur le texte publié comme article dans le Leip­zi­ger Volks­zei­tung, et il est égale­ment pos­sible que Luxem­burg ait modi­fié son article d’origine lors de la pre­mière publi­ca­tion du livre.

5 Pages 655–656. Il y a égale­ment un court pas­sage, d’une seule phrase, qui s’insérerait dans l’édition Spar­ta­cus, 1997, p. 80 (p. 66 dans Mas­pero, 1969), entre « … de la lutte ouvrière. » et « D’après Bern­stein, par exemple … » : « Mais ce qui est impor­tant, ce n’est pas ce que Bern­stein pense en se fon­dant sur les assu­rances orales et écrites de ses amis sur la durée de la réac­tion, mais c’est le rap­port objec­tif interne entre la démo­cra­tie et le déve­lop­pe­ment social réel. » (p. 650).

6 Numéro 14, pp. 132–137, tra­duc­tion de J. Rivière. L’article a été retra­duit par Daniel Gué­rin dans : Rosa Luxem­burg, Le Socia­lisme en France (1898–1912), Bel­fond, 1971.

7Cahiers de la Quin­zaine onzième cahier pre­mière série, juillet 1900, pp. 76–82 (les Cahiers de la Quin­zaine étaient la revue de Charles Péguy, à l’époque drey­fu­sard et socia­liste). Repro­duit, sans l’introduction, dans Le Socia­lisme en France (1898–1912), op. cit., pp. 81–85 (« Affaire Drey­fus et cas Mil­le­rand »). Gué­rin indique par erreur 1899 comme date de publi­ca­tion, erreur sui­vie par Nettl (1972, p. 875) et Badia (1975, p. 844).

8 Rosa Luxem­burg, « Au conseil natio­nal du Parti Ouvrier fran­çais », Le Socia­liste n° 18, 5 mai 1901, p. 1. Rosa Luxem­burg, « Dans la tem­pête », Le Socia­liste n° 81, 1er mai 1904, p. 1. Rosa Luxem­burg, « Du mar­xisme », Le Socia­lisme n° 18, 15 mars 1908, p. 3 (à l’occasion des 25 ans de la mort de Karl Marx). Rosa Luxem­bourg, « Un qui­pro­quo amu­sant », Le Socia­lisme n° 195, 9 sep­tembre 1911, pp. 4–5.

Le Socia­liste était le jour­nal du Parti Ouvrier (cou­rant « mar­xiste » du socia­lisme en france), puis du Parti Socia­liste de France (Unité Socia­liste Révo­lu­tion­naire) formé par la fusion du Parti Ouvrier avec le Parti Socia­liste Révo­lu­tion­naire et l’Alliance Com­mu­niste Révo­lu­tion­naire. Le Parti Socia­liste de France fusionna avec d’autres socia­listes en 1905 pour for­mer la Sec­tion Fran­çaise de l’Internationale Ouvrière (SFIO) ; Le Socia­lisme était l’un des jour­naux liés à la SFIO.

9 Le Socia­lisme n° 74, pp. 1–2. Elle écrit dans le même article que la lutte de classes « ne se ter­mi­nera que par la ruine com­plète du monde capi­ta­liste ».

10 Les réponses sont numé­ro­tées en chiffres romains : celle de Rosa Luxem­burg, « rédac­trice à la Leip­zi­ger Volks­zei­tung », porte le numéro X. Le Mou­ve­ment Socia­liste n° 111, 1er jan­vier 1903, pp. 28–37. Repro­duit dans Le Socia­lisme en France (1898–1912), op. cit., pp. 209–214.

11 Lettre de Bracke à René Lefeuvre, 6 sep­tembre 1946, p. 3 (lettre inédite, archives des éditions Spartacus).

12L’Humanité n° 5377, p. 1.

13Unabhän­gige Sozial­de­mo­kra­tische Par­tei Deut­schlands, Parti social-démocrate indé­pen­dant, cou­rant socia­liste « cen­triste », situé entre les révo­lu­tion­naires du KPD (Ligue Spar­ta­cus), et les « droi­tiers » du SPD au pouvoir.

14 L’Humanité n° 5388, p. 2.

15 On peut com­prendre cette cré­du­lité dans les jours sui­vant l’assassinat. Par contre, la réa­lité fut clai­re­ment dévoi­lée au cours des semaines sui­vantes : il est frap­pant de consta­ter que mal­gré cela la ver­sion des assas­sins a été, par igno­rance, repro­duite par L’Humanité au cours des années sui­vantes : n° 5746 du 15 jan­vier 1920 et n° 6869 du 15 jan­vier 1923.

16 La bro­chure men­tionne en fait deux années : 1909 et 1910. Bracke en a expli­qué plus tard la rai­son : « J’ai fait cette tra­duc­tion en 1909 pour nos cama­rades belges qui la publièrent dans leur col­lec­tion Ger­mi­nal”. Si la cou­ver­ture de cette bro­chure, impri­mée à Gand par la coopé­ra­tive “Volks­druk­ke­rij” porte la date de 1910, c’est qu’on était aux der­niers mois de l’année et que, selon un usage de librai­rie, on anti­cipa le mil­lé­sime sui­vant. » (« Avant-propos », 19 mai 1947, dans : Rosa Luxem­bourg, Grève géné­rale, parti et syn­di­cats, Spar­ta­cus, 1947, p. 3).

17 Bracke (A.-M. Des­rous­seaux), « Rosa Luxem­bourg », L’Humanité n° 5392, 21 jan­vier 1919, p. 1.

18 Cela n’est pas signalé par A. Guillain (Bul­le­tin Com­mu­niste n° 3, 3e année, 19 jan­vier 1922, pp. 52–53). Tra­duc­tion inté­grale de l’article en ques­tion dans : Rosa Luxem­bourg, Contre la guerre par la révo­lu­tion, lettres de Spar­ta­cus et tracts, Spar­ta­cus, 1973 – le pas­sage « tra­duit » (ou plu­tôt adapté) en 1922 cor­res­pond à la par­tie « L’alternative », pp. 109–114. On trouve dans le même numéro du Bul­le­tin Com­mu­niste un article bourré d’erreurs sur la vie de Rosa Luxem­burg. Karl Liebk­necht est en cou­ver­ture du numéro de la semaine précédente.

19Bul­le­tin Com­mu­niste n° 21, 4e année, 24 mai 1923, pp. 251–257 (cor­res­pond au pas­sage de Cri­tique des cri­tiques tra­duit dans : Rosa Luxem­burg, L’Accumulation du Capi­tal, Mas­pero, 1967, tome II, pp. 140–154).

20 Créées par des mili­tants du « Com­bat Mar­xiste », cou­rant issu du Cercle Com­mu­niste Démo­cra­tique – ce qui est égale­ment le cas de René Lefeuvre, fon­da­teur des éditions Spartacus.

21 Nous ne citons ici que les revues ou éditeurs qui ont publié plu­sieurs textes de Luxem­burg. Pour plus de détails voir « Œuvres de Rosa Luxem­burg en langue fran­çaise : paru­tions détaillées par ordre chro­no­lo­gique », sur le site inter­net du col­lec­tif Smolny : www.collectif-smolny.org/article.php3?id_article=508

                                                                            Article publié dans Cri­tique Sociale numéro 11 (août 2010).

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