L’école comme cible

Les attaques contre le service public de l’Education nationale en France se sont accélérées à la rentrée 2008.

Les annonces de suppressions de postes, non seulement vont en volume toujours croissant, mais traduisent une orientation de classe plus globale qu’une simple réduction de la « masse salariale » de l’Etat. Le projet de loi de finances prévoit 13.500 suppressions de postes de la maternelle au lycée en 2009, après les 11.200 déjà subies à cette rentré 2008. Pour le seul premier degré (maternelle et primaire) 6.000 postes vont être supprimés (malgré une hausse prévisionnelle de 16.000 élèves), dont 3.000 d’enseignants affectés à l’aide aux enfants en difficulté.

De nombreuses écoles primaires vont être regroupées dans des établissements public d’enseignement primaire (E.P.E.P.), déjà « expérimentés » depuis 2007, avec comme objectif le transfert du maximum de compétences aux collectivités locales. L’école maternelle est plus que jamais sur la sellette, le ministre ayant déclaré devant la commission des finances du Sénat que le prochain recrutement à bac +5, imaginé pour supprimer la formation initiale, ne se justifierait plus pour encadrer des petits qui « font la sieste ».

Une loi votée cet été a instauré un dispositif anti-grève, avec obligation pour les enseignants de se déclarer individuellement grévistes 48 heures avant (malgré les préavis collectifs) et pour les mairies d’accueillir les élèves des grévistes (avec financement par réversion des salaires retenus des grévistes).

De plus en plus caporalisés, les enseignants se voient même désormais refuser les informations syndicales sur le temps de service auxquelles ont droit pourtant tous les salariés. A la pointe du combat contre la réforme des retraites en 2003, les enseignants ont besoin d’être matés…