Le capitalisme en crise, mais toujours debout

La crise du capitalisme se poursuit, et ses conséquences sociales continuent à frapper les travailleurs du monde entier.

Dans de nombreux pays le chômage s’accroît à un rythme rarement atteint, et touche fréquemment entre 10 % et 20 % de la « population active ». Selon les chiffres officiels il y avait en octobre 10,2 % de chômeurs aux Etats-Unis, et en moyenne sur les 27 pays de l’Union Européenne 9,2 % de chômeurs en septembre (contre 7,1 % en septembre 2008), dont 10 % en France et 19,3 % en Espagne1.

Et ce n’est là qu’un des aspects du tribut payé par la classe salariée : s’ajoutent les temps partiels subis, les blocages voire baisses des salaires, etc.


On célèbre actuellement le vingtième anniversaire de la destruction du mur de Berlin, qui a symbolisé l’échec puis la fin du système capitaliste d’Etat (malgré quelques résidus anachroniques) – « destruction du mur de Berlin », et non pas « chute », puisque le mur n’est pas tombé tout seul, mais bien au départ grâce à la lutte spontanée de la population berlinoise2.

 

Or la crise actuelle montre l’échec de la variante du capitalisme survivante et hégémonique, puisqu’il s’agit d’une crise provoquée par le système capitaliste lui-même et non par des éléments extérieurs : c’est une crise endogène, et non exogène. Mais on ne voit pas pour autant poindre la fin du capitalisme… justement parce que les luttes des travailleurs sont pour le moment trop limitées pour cela. Et de l’autre côté du mur de la société actuelle, il n’y a pas un autre système tout prêt : c’est une autre organisation sociale qui est à construire et inventer.


Il faut insister sur ce point : les dégâts sociaux causés par la crise économique et financière ont pour origine l’organisation économique, c’est-à-dire le fonctionnement capitaliste lui-même. C’est le mode de production régnant qui est responsable des reculs actuels, c’est donc ce système lui-même qui est à combattre – et ce d’autant plus que pendant ce temps les classes dirigeantes font tout pour le remettre en selle, afin de conserver leurs privilèges.


Mais malgré cette crise, un regain de conscience concernant l’exploitation et l’aliénation produites par le capitalisme n’est, pour le moment en tout cas, pas visible. Cependant, un retour à la « normale » – ou, comme le disent certains capitalistes, une « nouvelle normalité » – ne semble pas devoir être pour demain. Et quoi qu’il en soit, une irruption sur le devant de la scène de « la classe la plus nombreuse » reste toujours possible.

 

 

1 Chiffres d’Eurostat (c’est-à-dire de la Commission de l’Union Européenne), communiqué de presse du 30 octobre 2009, cf epp.eurostat.ec.europa.eu . En france le ministère du travail ne fournit pas de pourcentage de chômeurs, mais donne plusieurs chiffres suivant divers modes de calcul ; pour septembre 2009 ces chiffres varient entre 2.574.900 et 4.250.100 (chiffres donnés le 26 octobre 2009 sur travail.gouv.fr ).

2 Cet aspect est trop souvent passé sous silence, tout comme on minimise le rôle et l’importance des manifestations massives qui avaient lieu régulièrement les semaines et les jours avant le 9 novembre 1989.