La révolution tunisienne ouvre la voie !

La révolution de décembre-janvier en Tunisie vient de chasser le dictateur Ben Ali (ci-dessous en photo avec l’un de ses confrères). Cette mobilisation sociale spontanée, partie mi-décembre de la ville de Sidi Bouzid, s’est étendue rapidement à tout le pays et a abouti en moins d’un mois à la mise en fuite de celui qui exerçait un pouvoir sans partage depuis 1987.

 

 

  L’un de ces deux comparses est toujours au pouvoir actuellement. Saurez-vous reconnaître lequel ?

Les travailleurs, les chômeurs et les jeunes de Tunisie ont réussi par eux-mêmes à chasser le dictateur, par des manifestations déterminées et par la grève. La conquête de la démocratie doit être poursuivie directement par ceux-là mêmes qui ont obtenu cette première victoire, en balayant tous les exploiteurs et en construisant l’alternative à la base.

Car naturellement, les tenants du pouvoir essaient de continuer le régime même sans Ben Ali, pour garder leur place, leurs privilèges et donc le système qui les assurait. Il est évident que cette révolution qui a commencé en Tunisie n’a pas pour but de remplacer le dictateur par ses anciens seconds couteaux ! Mais on a malheureusement vu déjà bien des révoltes dévoyées de cette façon. Pour empêcher cette récupération, qui est actuellement à l’œuvre (pour le moment avec un certain succès), des conseils de lutte auto-organisés et se coordonnant pourraient être un moyen efficace. De plus, la conquête des libertés impliquant également la liberté de ne plus être exploité, les transformations économiques se doivent d’être extrêmement ambitieuses : c’est tout un système qu’il faut remplacer. On l’a encore vu depuis le début de ce mouvement : dans toute révolution sociale, les revendications économiques, sociales et politiques se mêlent jusqu’à former un tout cohérent. Les effets de la crise capitaliste sont durement vécus par les travailleurs de Tunisie, comme partout dans le monde, et ont été un des facteurs de déclenchement du mouvement révolutionnaire.

Manifestation à Tunis, 14 janvier 2011

La révolution tunisienne montre la voie. Pour notre part, loin de nous « inquiéter » des « troubles » en Algérie, par exemple, nous ne pouvons que souhaiter que des révolutions similaires renversent tous les dictateurs partout où ils se trouvent. Les oppresseurs politiques et les oppresseurs économiques ne sont pas partout de la même famille, mais ils forment partout la même classe sociale dirigeante et exploiteuse qui tire profit de la dictature du mode de production capitaliste.

Remarquons d’ailleurs que ce sont notamment des intérêts économiques qui ont amené l’attitude extrêmement complaisante des gouvernements français à l’égard du régime tunisien. Il faut donc souligner l’importance qu’il y a à combattre l’impérialisme français. Le gouvernement français est resté d’une très grande « discrétion » face à la répression meurtrière exercée par la dictature tunisienne, et pire : la ministre Alliot-Marie a osé le 11 janvier proposer l’aide de l’Etat français pour la répression de la révolte – 3 jours seulement avant la fuite du dictateur !1 Cet impérialisme français qui est néfaste et criminel, vient d’être une fois de plus pris en flagrant délit. C’est un point d’appui pour en venir à bout afin, d’abord, qu’il ne puisse pas contribuer à dévoyer le mouvement populaire en Tunisie.

Souhaitons que de nombreux mouvements comme celui de Tunisie émergent, soient à l’initiative des travailleurs et de la jeunesse et restent dirigés par eux, pour qu’ils développent partout la démocratie directe et s’unifient pour mettre fin à toutes les formes de dictature que nous subissons à des degrés divers : dictatures politiques et économiques.

1 Pierre Haski, « L’indécence au pouvoir : MAM offre l’aide sécuritaire à la Tunisie », rue89.com, 12 janvier 2011.