Antisocialistes primaires ?

Le pro­ces­sus des « pri­maires citoyennes » ini­tié par le Parti dit socia­liste et le PRG1 a été mani­fes­te­ment un suc­cès : près de 3 mil­lions de votants les 9 et 16 octobre. Remar­quons au pas­sage que voir des ministres UMP cou­rir les pla­teaux télé­vi­sés en répé­tant – contre l’évidence – que ce serait un échec, nous rap­pelle le gouffre qu’il y a entre les décla­ra­tions de ce gou­ver­ne­ment et la réalité.

Quelles sont les causes de cette réus­site ? Il y a d’abord le rejet du pré­sident actuel, rejet ample­ment mérité étant donné la poli­tique désas­treuse qu’il mène depuis plus de 4 ans, contre les tra­vailleurs, contre les ser­vices publics, contre les acquis sociaux et les droits col­lec­tifs. Il y a ensuite un désir de don­ner son avis, de par­ti­ci­per à l’élaboration d’un nou­veau choix.

 

Primaires du PS 2011

 La décla­ra­tion qu’il fal­lait approu­ver pour voter aux pri­maires. L’égalité,valeur essen­tielle du socia­lisme, a visi­ble­ment été « oubliée ».

Pour notre part, étant pour le socia­lisme et la démo­cra­tie, nous regret­tons d’une part qu’aucun des six can­di­dats ne por­tait une orien­ta­tion socia­liste ; ils pro­po­saient sim­ple­ment des « amé­na­ge­ments » au capi­ta­lisme. D’autre part la démo­cra­tie ne peut pas s’incarner dans un indi­vidu, quel qu’il soit. Confier le pou­voir à une seule per­sonne n’est pas un pro­ces­sus démocratique.

De la même façon, on nous a annoncé – avec l’élection de Jean-Pierre Bel le 1er octobre – que le sénat serait désor­mais pré­sidé par un socia­liste. Si c’était le cas, quelle revanche his­to­rique contre cette ins­ti­tu­tion conser­va­trice ! On pense par exemple à la mani­fes­ta­tion du 7 avril 1938, orga­ni­sée contre le sénat par la Fédé­ra­tion socia­liste diri­gée par Mar­ceau Pivert.

Le seul souci dans ce tableau c’est que le PS n’est, depuis long­temps, plus socialiste.

Nous subis­sons depuis plu­sieurs années une vio­lente crise mon­diale du capi­ta­lisme. L’alternative socia­liste doit être mise à l’ordre du jour, et il est tou­jours lamen­table de voir un parti qui usurpe le nom de « socia­liste » conti­nuer à s’inscrire dans le cadre du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. Il ne pourra pas y avoir de réso­lu­tion de la crise dans le cadre des ins­ti­tu­tions actuelles, ni dans aucun cadre natio­nal : la solu­tion ne pourra venir que d’une inter­ven­tion directe des masses, comme le montrent les mou­ve­ments des « indi­gnés » en Espagne, en Grèce, en Israël, aux Etats-Unis, etc. A la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste, doit suc­cé­der une mon­dia­li­sa­tion socia­liste faite par et au béné­fice des tra­vailleurs, des chô­meurs et des jeunes. Sans inter­na­tio­na­lisme, il n’y a pas de socialisme.

Ni le socia­lisme ni la démo­cra­tie ne sont solubles dans une élec­tion pré­si­den­tielle. C’est à la conquête de la démo­cra­tie réelle, de la démo­cra­tie directe, la démo­cra­tie sociale, que nous pou­vons main­te­nant tra­vailler ensemble.

1 « Parti radi­cal de gauche », qui n’est en fait ni un parti, ni radi­cal, ni de gauche.

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