La lutte sociale auto-organisée, c’est maintenant !

6,4 millions de suffrages pour l’extrême-droite. Ce chiffre du premier tour de l’élection présidentielle est une alarme pour les travailleurs. Evidemment, il y a dans l’immédiat le soulagement du second tour qui a été marqué par la défaite de Sarkozy, surtout après la lamentable campagne de repli chauvin qu’il a commise, diffusant des contre-vérités, flattant les peurs et les préjugés. Mais que 16,8 millions d’électeurs aient voté pour lui au second tour après sa campagne xénophobe reste extrêmement inquiétant.

Tout ces symptômes néfastes ne viennent pas de nulle part. On sait quels dégâts sont créés sur les individus par la violence du « monde du travail », c’est-à-dire la violence créée par le mode de production capitaliste (qui prend des formes très diverses, dont le chômage contraint). A cela s’ajoute la violence des politiques menées, et la violence des mots employés par des politiciens pour stigmatiser les plus faibles. Tout cela a ses conséquences tragiques. L’organisation capitaliste du travail, les politiques d’individualisation à l’encontre du collectif, les attaques contre la solidarité, le chômage de masse qui persiste, sont créateurs de repli et de désespoir.

Il ne faudrait cependant pas se contenter d’explications simplistes. Le problème est complexe, et se retrouve malheureusement dans nombre d’autres pays. Certes, ce n’est pas nouveau que certains travailleurs se fassent abuser et votent pour leurs pires ennemis. Mais on peut constater un recul de la conscience de classe, qui est une cause de faiblesse et de dispersion.

Créer à la base du collectif, débattre, lutter ensemble, est absolument indispensable. Nous devons aussi opposer des arguments rationnels contre les amalgames et les divagations, rappeler les faits réels contre les préjugés et les mensonges, etc. Il faudra des années de travail pour remonter la pente : comprendre tous les tenants et aboutissants, lutter contre toutes les tendances au repli d’où qu’elles viennent, agir pour faire reculer la violence dans les faits et dans les têtes.

Il semble par ailleurs qu’il y ait assez peu d’illusions au sein des classes populaires sur le nouveau président François Hollande. Cela évitera au moins la désillusion devant ses reniements à venir. Mais tomber dans la résignation face à la crise capitaliste serait une défaite sans combat. Ne pas avoir confiance en ce président faussement de gauche, oui – mais pas pour perdre tout espoir ! Pour mettre notre confiance en nous-mêmes, en notre action autonome, en notre force si nous sommes unis en tant que classe sociale pour nos propres objectifs.

Le signal du changement viendra peut-être rapidement : la situation en Grèce, par exemple, est incertaine et l’on sent qu’il pourrait s’y produire rapidement le meilleur comme le pire. La lutte contre l’austérité capitaliste doit être menée sur une base internationale, pour pouvoir être victorieuse.

La lutte sociale auto-organisée à la base, c’est maintenant !