Le reniement, c’est maintenant !

Nico­las Sar­kozy a gagné l’élection pré­si­den­tielle. Du moins son pro­gramme écono­mique d’austérité, dont l’élément cen­tral était une aug­men­ta­tion de la TVA. En effet, le gou­ver­ne­ment actuel vient d’annoncer une future aug­men­ta­tion de cet impôt par­ti­cu­liè­re­ment injuste sur presque tous les pro­duits et ser­vices, comme l’avait voulu l’UMP. La plu­part des prix aug­men­te­ront (et la baisse très limi­tée du taux 5,5 % à 5 % ne pro­duira aucun effet sur les prix) alors que les salaires stag­nent depuis des années et que ceux qui perdent leur emploi perdent égale­ment du revenu. Pre­nons un exemple concret d’augmentation : les places de cinéma étaient taxées à 5,5 % il y a un an, le sont à 7 % actuel­le­ment, et le seraient à 10 % en 2014, soit un quasi-doublement.

Cette mesure anti-sociale a pour but de per­mettre un nou­veau cadeau fis­cal de 20 mil­liards d’euros aux patrons et action­naires, au nom de la « com­pé­ti­ti­vité ». Au-delà du fait qu’il s’agit d’un scan­da­leux trans­fert de richesses du plus grand nombre vers la classe capi­ta­liste, le monde actuel aurait plus besoin de coopé­ra­tion que de compétition.

Il n’aura pas fallu six mois au pou­voir Hollande/Ayrault pour reve­nir sur ses enga­ge­ments élec­to­raux. Avec ce pro­jet, ce gou­ver­ne­ment adop­te­rait une poli­tique écono­mique clai­re­ment de droite, puisqu’elle s’accompagnerait de la réduc­tion de la « dépense publique », c’est-à-dire l’école, les hôpi­taux, la Poste, la recherche, etc. Si rien n’est fait pour contrer cette poli­tique, les mois et les années qui viennent s’annoncent sombres pour les tra­vailleurs, les chô­meurs, les pré­caires et les jeunes.

Nous pou­vons nous mobi­li­ser col­lec­ti­ve­ment pour empê­cher cette hausse de la TVA. Plus lar­ge­ment, l’indispensable mobi­li­sa­tion contre l’austérité ne pourra faire recu­ler le gou­ver­ne­ment que si elle se fait à la base, quar­tier par quar­tier, entre­prise par entre­prise, établis­se­ment par établis­se­ment, dans des comi­tés auto­nomes réunis­sant ceux qui sont orga­ni­sés dans un syn­di­cat ou un parti et ceux, immen­sé­ment plus nom­breux, qui ne le sont pas. C’est au sein de tels comi­tés que doivent se dis­cu­ter les moyens de répondre aux attaques du gou­ver­ne­ment, en liai­son avec les mêmes comi­tés de base qui se créent en Espagne, en Ita­lie et ailleurs, car c’est par la construc­tion d’un véri­table mou­ve­ment social au moins euro­péen, démo­cra­tique et uni­taire dans la diver­sité, que nous pour­rons lut­ter concrè­te­ment et effi­ca­ce­ment contre les poli­tiques d’austérité dès main­te­nant, et inven­ter ensemble un autre futur que le capi­ta­lisme et ses crises.

Tract for­mat A5, dif­fusé par Cri­tique Sociale en novembre 2012.

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