Ni français, ni européens : citoyens du monde

Des élec­tions euro­péennes auront lieu fin mai dans les 28 Etats de l’Union Euro­péenne (UE). Le but est d’élire les futurs membres du par­le­ment euro­péen : si l’UE était logique avec elle-même, il y aurait des listes euro­péennes, un débat com­mun, et un véri­table scru­tin pro­por­tion­nel sur l’ensemble de l’UE. Bien au contraire ! Non seule­ment ça n’est pas le cas, mais de plus en France ce sont des listes par « régions » qui ne cor­res­pondent à rien. C’est le résul­tat d’une basse tam­bouille poli­ti­cienne appli­quée depuis les élec­tions de 2004, dans le seul but de contre­car­rer le prin­cipe pro­por­tion­nel au détri­ment des petites listes.

Concrè­te­ment, l’Union Euro­péenne se contente essen­tiel­le­ment de régle­men­ter la concur­rence entre ses Etats adhé­rents, alors qu’il fau­drait pro­cé­der à l’harmonisation sociale par le haut, à l’harmonisation fis­cale, à l’action coor­don­née pour la tran­si­tion écolo­gique et contre la fraude fis­cale, à l’annulation des dettes publiques, etc.

La crise mon­diale du capi­ta­lisme que nous vivons et subis­sons, en par­ti­cu­lier par les vio­lentes mesures d’austérité qui sont impo­sées par­tout dans le monde, montre la néces­sité d’une soli­da­rité au niveau mon­dial. On voit bien que le cadre des Etats n’est pas per­ti­nent, et que même le cadre euro­péen reste insuf­fi­sant (d’autant plus que l’UE ne regroupe pas tous les pays euro­péens, et se situe en deçà du fédé­ra­lisme). Pour notre part, reje­tant toute forme de natio­na­lisme, nous affir­mons clai­re­ment que nous ne sommes ni « fran­çais », ni « euro­péens », mais citoyens du monde.

Nous défen­dons l’objectif de la démo­cra­tie réelle, la démo­cra­tie directe. Nous ne consi­dé­rons donc pas ces élec­tions comme réel­le­ment démo­cra­tiques, tout comme les élec­tions pré­si­den­tielles et autres scru­tins du même type. Des élec­tions démo­cra­tiques ne peuvent exis­ter qu’après un libre débat de fond, uni­que­ment pour élire des repré­sen­tants tem­po­raires dûment man­da­tés, et cer­tai­ne­ment pas pour repro­duire une classe poli­tique spécialisée.

Sans s’interdire de voter — là où il y a des listes qui en valent la peine (clai­re­ment inter­na­tio­na­listes, anti­ca­pi­ta­listes et égali­taires) -, nous consta­tons qu’il y a plus impor­tant que ces élec­tions : c’est l’action sociale, la lutte concrète contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Il s’agit de s’en prendre à la dic­ta­ture de la com­pé­ti­tion et de la concur­rence, à l’obligation de la réa­li­sa­tion de pro­fits au détri­ment des êtres humains et de l’environnement.

C’est dans les mobi­li­sa­tions qui se déroulent par­tout dans le monde, par l’appropriation de leur vie par les tra­vailleurs qui décident eux-mêmes direc­te­ment de leurs luttes, que se mani­feste actuel­le­ment la créa­ti­vité démo­cra­tique. C’est de cette façon que l’on pourra créer col­lec­ti­ve­ment une autre Europe, un autre monde.

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