Six ans de crise mondiale

Dans cette société dominée par la violence des rapports sociaux capitalistes, la crise sociale mondiale qui dure depuis six ans ne fait qu’aggraver la situation des classes populaires. Ceux qui subissent la crise ne sont pas seulement les millions de nouveaux chômeurs, ou les travailleurs dont on a autoritairement baissé les salaires, mais beaucoup plus largement les salariés, les précaires, les chômeurs, les jeunes pour qui la situation se tend au quotidien, les marges se réduisent, les possibilités s’amenuisent.

Par contre, pour la classe capitaliste les affaires ont repris depuis longtemps. Par exemple, la bourse de New-York a depuis plus d’un an dépassé son niveau d’avant la crise, et bat régulièrement des records. En France, le gouvernement Hollande-Valls mène nettement une politique contre sa base sociale théorique, et fait de coûteux cadeaux à la classe sociale capitaliste. Personne ne peut nier de bonne foi que la politique gouvernementale actuelle est économiquement de droite.

Cette crise est réellement mondialisée parce que le capitalisme est étendu à tous les territoires du monde : et il n’y aura pas de retour en arrière. Le « retour » à un « capitalisme national » n’est qu’une illusion réactionnaire. Par contre, au capitalisme mondial peut succéder le socialisme mondial, si les masses s’imposent comme une nouvelle force autonome. Cette politique d’auto-émancipation nécessite de mettre fin à la concurrence de tous contre tous, de créer du commun contre toutes les exclusions, de mettre en pratique un internationalisme constant.

La question sociale reste essentielle, de gigantesques inégalités caractérisent et minent la société. Au fond, le véritable problème, ce n’est pas le gouvernement actuel : c’est l’organisation sociale elle-même, ce sont les rapports sociaux capitalistes – qui existent partout dans le monde. Notre adversaire fondamental n’est pas telle ou telle forme du capitalisme, ni la façon dont est géré un Etat ou un autre : c’est le capitalisme lui-même, ce sont l’exploitation et l’aliénation qui sont constitutifs du système du salariat et de l’Etat.

En s’organisant à la base pour de meilleures conditions de vie pour tous, en formant une opposition de classe aux gouvernements, on peut créer de nouveaux espaces politiques qui pourraient remplacer l’organisation hiérarchique de la société par l’auto-organisation et la démocratie directe.

Une première étape en ce sens nécessite de lutter contre les politiques d’austérité, et pour l’amélioration de la situation sociale de ceux qui en ont le plus besoin. Une politique de gauche passe forcément par la mobilisation auto-organisée contre le gouvernement Hollande-Valls et tous ses semblables.