Tract contre la Loi travail de Macron

Le gouvernement Macron a rapidement mis en place une politique injuste : par la baisse des aides aux logements (APL), il prend aux plus modestes, aux classes populaires, aux travailleurs, aux étudiants, aux précaires, aux chômeurs – tout en faisant, par une « réforme » de l’ISF (impôt sur la fortune), un cadeau de plusieurs milliards par an aux privilégiés. C’est un transfert de richesses : Macron prend à des millions de personnes pour donner beaucoup à quelques milliers de riches.

De plus, par une nouvelle « Loi travail » sous forme d’ordonnances, encore pire que la précédente, Macron et son gouvernement de droite s’en prennent aux protections – déjà trop réduites – des travailleurs. Ce projet de réforme facilite les licenciements, diminue les protections des salariés, permet de précariser encore plus les contrats de travail notamment dans les petites entreprises.

Ajouté à l’austérité, qui entraîne notamment une scandaleuse baisse du budget consacré aux droits des femmes, nous nous trouvons à l’évidence face à une politique violente, au service exclusif de la classe sociale capitaliste. La politique Macron, c’est l’aggravation des inégalités, l’augmentation de la précarité, le libre cours donné à la violence sociale. Nous ne pouvons pas tolérer ces graves reculs sociaux.

Une première étape s’annonce dès le mardi 12 septembre avec une grande manifestation, place Bastille à 14 heures, contre cette Loi travail de régression sociale. Il sera nécessaire d’aller plus loin, d’en débattre lors d’Assemblées générales, de comités de mobilisation, de conseils d’entreprise ou de quartier. Ne nous laissons pas faire, mobilisons-nous !

Élection présidentielle ou démocratie ?

Il est absurde de voter pour un seul individu, qui pourra ensuite faire quasiment ce qu’il voudra. C’est pourquoi nous sommes pour la suppression du poste de président de la République. Cela n’empêche pas de prêter attention aux programmes des différents candidats, qui auraient des conséquences concrètes comme l’aggravation des inégalités.

Parmi les candidats de l’élection 2017, les plus dangereux veulent supprimer des centaines de milliers de postes de fonctionnaires, alors que la population augmente et qu’il faudrait au contraire développer les services publics, notamment dans les quartiers populaires.

L’extrême droite de Marine Le Pen proclame son admiration pour le milliardaire Donald Trump, dont la première mesure comme président des États-Unis a été contre la sécurité sociale pour des millions d’américains.

Fillon et Le Pen sont tous deux directement impliqués dans des affaires d’emplois fictifs, ce qui montre bien qu’ils veulent imposer des sacrifices aux autres, tout en profitant de leur situation de privilégiés. Ces candidats qui utilisent la théorie du complot, comme Fillon et Le Pen, montrent qu’ils basent leur politique sur le mensonge.

Avant comme après l’élection présidentielle, et quel que soit l’élu, le plus important reste l’exercice de notre esprit critique, et la mobilisation pour des avancées sociales – ainsi que contre les reculs que l’on tente de nous imposer. Cela sera possible en prenant en main nos propres affaires, en agissant par une véritable démocratie créée par tous à la base, dans nos quartiers, sur nos lieux de travail.

Contre la « loi travail », passons à la vitesse supérieure !

La mobilisation contre le projet de « loi travail » se poursuit. C’est évidemment positif, mais malheureusement, des journées de mobilisation une fois par semaine ne suffiront probablement pas pour obtenir le retrait pur et simple de ce projet de loi néfaste.

Il est aujourd’hui nécessaire de construire une mobilisation à la base, ce qui a commencé dans certains endroits, par des Assemblées Générales démocratiques et souveraines, des collectifs de mobilisation, des coordinations. Ce sont ces structures de démocratie directe qui peuvent mettre en place une grève générale efficace, permettant de gagner.

Tout en combattant ce projet de « loi travail », qui serait un recul social, nous n’idéalisons pas pour autant l’actuel code du travail : les droits qui protègent les salariés sont déjà insuffisants. C’est globalement le rapport de forces entre classes sociales qu’il nous faut inverser.

Les travailleurs, les précaires, les chômeurs et les jeunes, nous pouvons empêcher cette régression et mettre en avant d’autres options : le partage du travail (avec la baisse du temps de travail), la solidarité, la hausse des salaires, la lutte contre la précarité. Pour cela, inutile d’attendre que d’autres agissent à notre place ou nous disent comment faire : nous pouvons décider nous-mêmes, pour obtenir le retrait de ce projet et pour mettre en avant ce que nous voulons.

C’est le moment de tenir des Assemblées Générales sur tous les lieux de travail et dans les quartiers, de discuter entre nous de ce que nous voulons faire, d’organiser des coordinations, des collectifs unitaires, de décider nous-mêmes de nos actions.

Poursuivons et intensifions les manifestations, mettons en place une grève générale : contre la régression sociale, contre ce projet de « loi travail », contre la précarité, pour une autre société !

Combattons les politiques de la peur et de la haine

« Le parti de l’ordre était le parti de la haine parce qu’il était celui de la peur. » (Maurice Agulhon, dans 1848 ou l’apprentissage de la République)

« L’état d’urgence » est désormais en vigueur depuis 4 mois. Ce simple fait traduit la situation politique actuelle. Tout à l’inverse de cette logique, nous pouvons briser le cercle vicieux de la peur et de la haine, obtenir la levée immédiate de l’état d’urgence ainsi que l’arrêt de la répression des mouvements sociaux. C’est par des luttes sociales puissantes, par l’auto-organisation à la base, que l’on peut obtenir des victoires, que la conscience de classe peut remplacer la peur et le repli.

En effet, se répand actuellement la croyance à un déclin, avec des références à un passé imaginaire qui n’a jamais existé et que rien ne fera naître, mais dont la quête peut avoir des conséquences très concrètes – et très réactionnaires. Cela impose une action déterminée contre tous les replis comme contre tous les reculs sociaux, ce qui ne peut pas être mené par ceux qui encouragent des divisions nationales, racialistes, ou autres. L’internationalisme est une base indispensable de la lutte sociale des exploités, qui n’est pas négociable, qu’il n’est pas possible d’abandonner même pour de prétendues raisons de « tactique ». Renoncer à ce principe, même partiellement ou provisoirement, ce serait renoncer à l‘auto-émancipation universelle.

Dans le contexte actuel, il est plus que jamais nécessaire de mettre en avant l’objectif concret d’une autre organisation sociale, basée sur la coopération et non plus la compétition, sur l’entraide et non l’égoïsme, où la production serait déterminée par les besoins de tous et non les profits de quelques uns.

La première étape est aujourd’hui d’obtenir le retrait complet du projet de « Loi travail », dont l’adoption constituerait un grave recul social. Les manifestations du 9 mars ont été une première étape réussie. Cependant, les journées de mobilisation isolées ne suffiront pas : c’est par la construction d’une large mobilisation dans la durée, avec des Assemblées générales sur les lieux de travail, avec des collectifs de lutte, des coordinations, que l’on pourra arriver à une véritable grève générale et ainsi battre le gouvernement.

Projet de « loi travail » : mobilisons-nous, rien n’est joué !

Le gouvernement Hollande/Valls veut imposer une nouvelle mesure de droite, le projet de « loi travail », qui attaque les droits des salariés. Citons parmi les mesures prévues :

  • La loi ne garantirait plus contre des mesures défavorables prises entreprise par entreprise ;

  • Le temps de travail pourrait facilement être allongé ;

  • Les heures supplémentaires pourraient être moins payées qu’actuellement ;

  • Les licenciements seraient facilités ; etc.

Ce serait donc une aggravation, un recul social, un renforcement de l’arbitraire du patronat, un développement de la précarité. Nous n’idéalisons pas pour autant l’actuel code du travail : les droits qui protègent les salariés sont déjà insuffisants, et si ce projet passait ce serait encore pire.

Nous, les travailleurs, les précaires, les chômeurs et les jeunes, nous pouvons empêcher cette régression et mettre en avant des solutions : le partage du travail, la solidarité, la hausse des salaires, la lutte contre la précarité. Pour cela, inutile d’attendre que d’autres agissent à notre place, ou nous disent comment faire : nous pouvons décider nous-mêmes, non seulement pour obtenir le retrait pur et simple de ce projet, mais aussi pour mettre en avant ce que nous voulons à la place.

Nous pouvons sans attendre tenir des Assemblées générales sur tous les lieux de travail, pour discuter entre nous de ce que nous voulons faire, pour organiser des collectifs unitaires, pour décider des actions : manifestations, grève reconductible, etc. Une première mobilisation est déjà prévue le mercredi 9 mars. Organisons-nous à la base contre la régression sociale, contre ce projet de « loi travail », contre la précarité !

Le changement climatique ne s’arrêtera pas aux frontières

On le sait, il y a urgence à agir en faveur de l’environnement. Mais quelques mesures ponctuelles ne suffiront pas, tant qu’on ne transformera pas la société actuelle dans ses principes mêmes : la production en vue des profits et non des besoins sociaux, l’accumulation de toujours plus de marchandises. Pour vraiment changer les choses en matière d’écologie, il faut sortir du mode de production capitaliste, productiviste et hiérarchique, qui exploite les êtres humains et la nature.

Nous sommes face à un problème mondial, qui ne peut être résolu que mondialement. Les solutions à la crise économique comme à la crise écologique ne pourront être ni capitalistes, ni nationales. Ni un nuage radioactif, ni le changement climatique ne s’arrêtent aux frontières. Un véritable internationalisme est donc absolument indispensable.

Les choix politiques et budgétaires actuels vont à l’encontre de ce qu’il faudrait faire, notamment augmenter les moyens pour la recherche. On poursuit le gaspillage d’énergie, on continue à rester enfermés dans le dogme du nucléaire, et à dépenser des milliards tous les ans pour un armement atomique qui pourrait détruire l’humanité.

Contre ces impasses, nous pouvons faire le choix de l’écologie sociale, anticapitaliste, qui passe par l’appropriation collective des choix de société. Le capitalisme est un système destructeur, qui ne doit pas non plus être remplacé par un capitalisme d’Etat comme en a connu le 20e siècle, par des régimes qui ont été désastreux tant d’un point de vue écologique qu’humain. Au contraire, une démocratie réelle, une autogestion pour produire autre chose et autrement, est possible et nécessaire.

En s’organisant, les travailleurs, les précaires, les chômeurs et les jeunes, nous pouvons créer une autre organisation sociale, démocratique, égalitaire et pacifiée, où l’entraide remplace la compétition, avec un rapport différent à la nature. Une première mesure serait par exemple de mettre en place à grande échelle des transports en commun écologiques, de qualité et gratuits.

La solution pragmatique aujourd’hui, c’est l’auto-organisation pour prendre en mains nos affaires, pour nous occuper collectivement, démocratiquement de notre environnement de façon rationnelle et non plus pour le bénéfice de la classe capitaliste. Organisons-nous pour produire et vivre autrement !

L’Europe doit accueillir les réfugiés !

L’horrible situation faite aux migrants autour de la Méditerranée et plus généralement en Europe nous rappelle une nouvelle fois que le système économique et politique dans lequel nous vivons est monstrueux. Les inégalités criantes entre les humains que le capitalisme entretient par l’exploitation des travailleurs pauvres du monde entier, l’échange inégal et le pillage des ressources naturelles, telles sont certaines des causes actuelles des mouvements de populations – lesquels ont d’ailleurs toujours existé dans l’histoire de l’humanité.

Face à la détresse des réfugiés, c’est un devoir des pays qui sont riches grâce à ce même capitalisme que de mettre en place des mesures à la hauteur de la situation en termes d’accueil, de logement décent, de santé et de prise en charge sociale par du personnel formé. Ils en ont les moyens, et même l’un d’entre eux, l’Allemagne, propose d’ouvrir largement ses portes aux réfugiés syriens. Nous devons faire plier les gouvernements qui refusent ces mesures prioritaires de solidarité. C’est possible : le premier ministre britannique David Cameron est peut-être en train de céder face à l’indignation provoquée par la situation.

Alors que les premières réactions des gouvernements ont été de rehausser le niveau de contrôle aux frontières externes de l’Union européenne, puis ensuite à l’intérieur, nous devons affirmer que c’est l’exact inverse qu’il faut faire, car les frontières viennent de révéler à nouveau leur véritable nature de limites criminelles à la liberté humaine. Révolutionnaires, nous sommes citoyens d’un monde que nous voulons sans frontière, ni exploitation, ni échange inégal, un monde débarrassé du capitalisme et de ses conflits impérialistes, où la solidarité et l’entraide font tout pour résorber les terribles différences de développement.

Réfugiés, soyez les bienvenus !

Construisons une lutte internationaliste

Partout dans le monde, l’austérité se traduit concrètement par des reculs sociaux. Stopper les dégâts terribles que le mode de production capitaliste cause aux salarié-e-s et à l’environnement, en période d’austérité ou non, est une priorité. Dans l’immédiat, Il faut bien sûr bloquer ces attaques : pour le retrait des mesures gouvernementales les « journées d’action » ne suffiront pas, l’auto-organisation des luttes à la base dans des Assemblées Générales souveraines s’impose… mais nous devons aussi affirmer nettement la perspective du progrès social par l’internationalisme.

Il est évident que les problèmes sont mondiaux ; les solutions doivent donc être mondiales. Il est indispensable de combattre toutes les tendances au repli, vers telle ou telle frontière artificielle ou imaginaire, vers tel ou tel passé mythifié. C’est l’unité des travailleurs du monde en tant que classe sociale, pour dépasser cette organisation sociale et la division en classes elle-même, qui pourra apporter une solution aux crises sociales et écologiques actuelles. Les mobilisations restent pour le moment dispersées, alors que nous serions bien plus efficaces en construisant nos luttes au niveau au moins européen, dans une perspective mondiale.

Notre adversaire fondamental n’est pas seulement un gouvernement, ni telle ou telle forme de capitalisme, ni la façon dont est géré un Etat ou un autre : c’est le mode de production capitaliste lui-même, ce sont l’exploitation et l’aliénation qui sont constitutifs du système du salariat et de l’Etat.

Face à l’ampleur des enjeux, l’alternative est simple : la lutte internationaliste ou l’échec. Toutes les prétendues « solutions » qui tournent le dos à l’internationalisme ne seraient au mieux que des impasses (comme par exemple le soi-disant « souverainisme de gauche »). Ce ne sont pas des « nations » qui font face à cette crise, ce sont des classes sociales. Pour sortir de l’austérité, travaillons à construire une lutte sociale internationaliste, capable de remettre en cause le cadre capitaliste. Un point de départ que nous proposons serait la formation de comités anticapitalistes locaux, pleinement démocratiques, qui se fédèreraient ensuite par-delà les frontières.

Poursuivons la lutte contre toutes les oppressions

Le féminisme n’est pas un combat récent : on en trouve les germes dès l’Antiquité grecque. Mais, force est de constater que cette lutte ne s’est diffusée qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle. Le bouleversement que fut la Révolution française, en promettant une société nouvelle, semblait annoncer de nouveaux droits pour les femmes. Pourtant, cette révolution n’a pas tenu ses promesses. Le mouvement ouvrier, qui voulait une société nouvelle, a donc repris au siècle suivant la lutte pour l’égalité hommes-femmes, non sans difficultés. Cela fut notamment porté par des militant-e-s comme la communarde Nathalie Lemel, le socialiste Charles Fourier, ou encore les marxistes Friedrich Engels et Clara Zetkin.

Ces luttes ont permis d’importants progrès au cours du XXe siècle : les femmes ont obtenu le droit de vote et, grâce à l’IVG et à la diffusion des contraceptifs, le contrôle – relatif – de leur corps. Cependant, nous ne pouvons pas encore crier victoire : à emploi et qualification équivalents, les femmes continuent à être moins payées que les hommes et elle sont plus touchées par le temps partiel subi. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, une femme sur trois sur la planète est, à un moment de sa vie, victime de violences conjugales. Quant au droit à l’IVG, il est, même en Europe, régulièrement mis en cause, voire reste interdit dans certains pays. Par ailleurs, le droit à la PMA doit être garanti sans discrimination.

Pour lutter contre ces inégalités d’un autre âge, il est complètement contre-productif de se limiter à déplorer la faible représentation des femmes aux conseils d’administration des grandes entreprises ou à l’Assemblée nationale : c’est l’ensemble de cette société, dont le patriarcat est un pilier majeur, qu’il faut renverser. Nous ne voulons pas une exploitation bourgeoise et paritaire, nous ne voulons plus d’exploitation du tout.

Aussi appelons-nous à l’union des luttes de tous les exclus de cet ordre inégalitaire pour construire une société plus juste, plus humaine et plus libre. En abolissant toutes les oppressions et toutes les aliénations partout dans le monde, nous pouvons créer à la base une autre société, libérée du patriarcat, libérée de l’exploitation par l’abolition du travail salarié et du mode de production capitaliste. Le féminisme radical ne peut être séparé de la lutte pour l’auto-émancipation généralisée.

Non à l’austérité, non au repli

Nicolas Sarkozy revient. On aurait pu croire qu’il n’était jamais parti, vu que c’est sa politique de droite que mènent Hollande et Valls, en distribuant aux patrons 50 milliards d’euros. De l’argent pour ceux qui possèdent les entreprises, et des sacrifices pour ceux qui travaillent ou qui sont au chômage ou retraités. Ce gouvernement au service du Medef se sert de la crise pour menacer le Code du travail et les progrès sociaux, et cette violente politique de droite est en train de creuser les inégalités.

Dans ce contexte, des courants très divers proposent différentes politiques de repli. Certains proposent de s’enfermer dans les frontières de la France. D’autres prétendent que c’est en se repliant sur des « identités » ethniques ou religieuses que l’on peut faire face à la situation actuelle. Ne soyons pas dupes de ces prétendues solutions : toutes autant qu’elles sont, elles font l’affaire des patrons en montant les travailleurs les uns contre les autres, en leur faisant croire qu’ils doivent faire front avec leurs dirigeants, contre l’extérieur. Tous ces courants de rejet, de repli voire de haine sont tout sauf des solutions puisqu’ils brisent la solidarité des travailleurs, qui est la seule dans l’histoire récente à avoir apporté des progrès.

C’est grâce à l’unité des travailleurs, des précaires, des chômeurs et des jeunes, par-delà les frontières et les différences d’origine ou de religion, que nous parviendrons à faire reculer l’austérité. Il ne faut rien attendre de prétendus « sauveurs », mais au contraire agir nous-mêmes sur nos conditions de travail et d’existence en créant, à la base, des comités de lutte et des assemblées générales locales dotés d’un réel pouvoir de décision sur notre quotidien. Ce combat contre l’austérité, qui est en soi une politique de repli et un véritable fléau social, doit être mené à l’échelle internationale, et donc ici, en Europe, notamment avec les travailleurs d’Allemagne, écrasés par leurs patrons et leurs gouvernements depuis quinze ans, et non pas contre l’Allemagne ou l’Europe.

Seules nos luttes communes peuvent changer la donne !

Lutte internationaliste contre l’austérité !

C’est le socialisme qu’on assassine

« Je veux, pour ma petite part, révolutionner les cerveaux. Je veux en chasser le préjugé capitaliste et bourgeois et y installer la claire idée communiste » (Jean Jaurès, 1er février 19021)

Ce 31 juillet 2014, cela fait exactement un siècle que le socialiste Jean Jaurès a été assassiné par un nationaliste. Ce meurtre politique s’inscrivait en conclusion de violentes campagnes antisocialistes menées par la droite et l’extrême droite.

Le problème des commémorations de cette « année Jaurès », c’est que l’on observe souvent une tendance à ce que l’arbre Jaurès cache la forêt du mouvement ouvrier. Dans cette optique de célébration du « grand homme », on a parfois l’impression que Jaurès était un défenseur isolé de la paix. En réalité, ce sont des centaines de milliers de militants qui luttaient pour la paix en France, et des millions en Europe.

Voir le gouvernement actuel – qui mène une politique économique de droite en poursuivant l’austérité – se revendiquer de Jaurès tient de l’escroquerie. Le parti de Jaurès avant l’unification de 1905, le Parti socialiste français, avait parmi ses revendications immédiates la « suppression du Sénat et de la présidence de la République »2, etc. Si Hollande et Valls voulaient vraiment rendre hommage à Jaurès, mieux vaudrait appliquer ces mesures plutôt que d’aligner lieux communs et contre-sens historiques lors d’inaugurations où les petits fours prennent plus de place que les ouvriers.

Lorsque Jaurès parlait du Parti socialiste, c’était pour évoquer « son rouge drapeau communiste et internationaliste »3. Le parti qui usurpe aujourd’hui ce nom est opposé à cette conception : il fait la politique du patronat et non des travailleurs, et le Premier ministre Manuel Valls a poussé l’antisocialisme jusqu’à tenir des propos xénophobes (à l’encontre des Roms).

Un siècle après l’assassinat de Jaurès, un siècle après la barbarie de la Première Guerre mondiale qui fit des millions de morts, aujourd’hui en 2014 nous considérons qu’un internationalisme conséquent et constant est plus que jamais indispensable. La lutte pour le socialisme passe nécessairement par la lutte contre tous les nationalismes, contre toutes les xénophobies, contre tous les gouvernements qui mettent en place des politiques d’austérité, pour en finir avec toutes les formes d’exploitation et d’aliénation. Comme l’écrivait Jaurès, c’est « par l’abolition du capitalisme et l’avènement du socialisme que l’humanité s’accomplira »4.

[Ce tract, diffusé le 31 juillet 2014 devant le café du Croissant à Paris, est également disponible au format PDF]

1 Jean Jaurès, Œuvres tome 8, Fayard, 2013, p. 255.

2 Compte-rendu du congrès du PSF du 2 au 4 mars 1902 à Tours, pp. 376-377.

3 Jaurès, Œuvres tome 8, p. 29. Précisons pour éviter tout malentendu que Jaurès emploie le mot « communiste » dans son sens réel, et évidemment pas pour se référer aux dictatures capitalistes d’Etat mises en place par des léninistes.

4 Jaurès, Œuvres tome 8, p. 433.

Ni français, ni européens : citoyens du monde

Des élections européennes auront lieu fin mai dans les 28 Etats de l’Union Européenne (UE). Le but est d’élire les futurs membres du parlement européen : si l’UE était logique avec elle-même, il y aurait des listes européennes, un débat commun, et un véritable scrutin proportionnel sur l’ensemble de l’UE. Bien au contraire ! Non seulement ça n’est pas le cas, mais de plus en France ce sont des listes par « régions » qui ne correspondent à rien. C’est le résultat d’une basse tambouille politicienne appliquée depuis les élections de 2004, dans le seul but de contrecarrer le principe proportionnel au détriment des petites listes.

Concrètement, l’Union Européenne se contente essentiellement de réglementer la concurrence entre ses Etats adhérents, alors qu’il faudrait procéder à l’harmonisation sociale par le haut, à l’harmonisation fiscale, à l’action coordonnée pour la transition écologique et contre la fraude fiscale, à l’annulation des dettes publiques, etc.

La crise mondiale du capitalisme que nous vivons et subissons, en particulier par les violentes mesures d’austérité qui sont imposées partout dans le monde, montre la nécessité d’une solidarité au niveau mondial. On voit bien que le cadre des Etats n’est pas pertinent, et que même le cadre européen reste insuffisant (d’autant plus que l’UE ne regroupe pas tous les pays européens, et se situe en deçà du fédéralisme). Pour notre part, rejetant toute forme de nationalisme, nous affirmons clairement que nous ne sommes ni « français », ni « européens », mais citoyens du monde.

Nous défendons l’objectif de la démocratie réelle, la démocratie directe. Nous ne considérons donc pas ces élections comme réellement démocratiques, tout comme les élections présidentielles et autres scrutins du même type. Des élections démocratiques ne peuvent exister qu’après un libre débat de fond, uniquement pour élire des représentants temporaires dûment mandatés, et certainement pas pour reproduire une classe politique spécialisée.

Sans s’interdire de voter – là où il y a des listes qui en valent la peine (clairement internationalistes, anticapitalistes et égalitaires) -, nous constatons qu’il y a plus important que ces élections : c’est l’action sociale, la lutte concrète contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Il s’agit de s’en prendre à la dictature de la compétition et de la concurrence, à l’obligation de la réalisation de profits au détriment des êtres humains et de l’environnement.

C’est dans les mobilisations qui se déroulent partout dans le monde, par l’appropriation de leur vie par les travailleurs qui décident eux-mêmes directement de leurs luttes, que se manifeste actuellement la créativité démocratique. C’est de cette façon que l’on pourra créer collectivement une autre Europe, un autre monde.

Manuel Valls : l’impasse de droite

Le remaniement et l’arrivée de Manuel Valls au poste de Premier ministre n’amélioreront rien. C’est de politique qu’il faut radicalement changer. Au contraire, Valls va poursuivre la politique du patronat, le « pacte de responsabilité » qui n’est en fait qu’un cadeau au Medef. Les autres partis feraient en gros la même politique économique s’ils étaient au pouvoir – avec la même injustice sociale et le même échec à l’arrivée.

Nommer un chef de gouvernement droitier après un échec électoral causé par la désaffection des électeurs de gauche est une provocation. Alors que tout montre que c’est l’austérité qui est le problème, cette nomination annonce encore plus de sacrifices qui toucheront le plus durement les salariés, les précaires, les chômeurs et les jeunes.

L’abstention massive lors des dernières élections montre l’essoufflement du système géré par des politiciens professionnels. C’est aussi une conséquence de l’échec des politiques d’austérité menées par tous les gouvernements, ici comme partout dans le monde. Quelles sont les solutions face à cette situation ? L’UMP et le PS ont échoué ; le FN est le pire ennemi des travailleurs, il joue la peur et la division, tout en surfant sur le mensonge réactionnaire d’un repli économique national. Contre la division qui affaiblit, construisons plutôt une unité démocratique et sociale pour nous emparer de la politique et défendre nos intérêts communs, sans déléguer aux partis existants.

Les solutions à la crise économique comme à la crise écologique ne pourront être ni capitalistes, ni nationales. Pour nous sortir de l’impasse qu’est la politique économique de droite menée depuis des années, de Sarkozy à Hollande en passant par Fillon, Ayrault et Valls, il faut construire à la base et dans chaque pays une opposition de gauche sociale, démocratique et internationaliste. Une manifestation contre l’austérité et pour l’égalité aura lieu le samedi 12 avril à Paris, place de la République à 14h. C’est une action utile qui constitue un premier pas, dans le cadre d’une mobilisation à construire collectivement.

Ripostons à l’austérité capitaliste !

Les gouvernements successifs mènent la politique des patrons. Depuis des années, les exonérations de cotisations sociales, les attaques contre les droits collectifs des salariés, tout cela a conduit à la situation que nous connaissons : chômage de masse, développement de la précarité, salaires en berne, etc.

Le prétendu « pacte de compétitivité » est en réalité un cadeau unilatéral fait au patronat, sans contreparties. La suppression des cotisations familiales pour les entreprises constitue en fait un transfert de richesse de 35 milliards d’euros par an, au bénéfice de la classe capitaliste.

Le mythe de la « compétitivité » est d’ailleurs totalement nuisible. C’est une arme idéologique contre les droits sociaux, qui vise à un nivellement par le bas. C’est aussi un moyen de justifier la compétition de tous contre tous. Nous devons refuser cette logique, et y opposer la solidarité et la coopération. Cela commence par agir pour le retrait pur et simple de ce « pacte de compétitivité » dicté par le Medef (également désigné comme « pacte de responsabilité »).

Cette politique néfaste n’est limitée ni à François Hollande, ni à la France. C’est une logique globale de gestion du capitalisme, suite à la crise économique en cours depuis plus de 5 ans maintenant. La riposte doit donc être à la hauteur : c’est le rapport de force entre les classes sociales qui doit être inversé, au niveau mondial.

Nous pouvons construire une mobilisation victorieuse, si elle est discutée et organisée démocratiquement à la base, internationaliste, et s’en prenant non seulement aux conséquences de l’austérité mais aussi aux racines de la situation actuelle. L’unité des travailleurs, des chômeurs et des jeunes contre ce système est possible : pour prendre conscience de notre force, commençons par nous rassembler sur la base de nos intérêts communs, contre la domination capitaliste et l’exploitation par le salariat.

Luttons jusqu’à l’égalité réelle !

La Journée mondiale de lutte des femmes du 8 mars a été créée il y a plus d’un siècle à l’initiative de la révolutionnaire marxiste Clara Zetkin. Son engagement féministe s’inscrivait dans le cadre de sa lutte pour une autre société, ce qui l’amena à militer dans la Ligue spartakiste aux côtés notamment de Rosa Luxemburg. L’objectif politique de Zetkin était clairement annoncé par le titre de son journal : « L’Égalité » (Die Gleichheit).

Clara Zetkin et Rosa Luxemburg

Si de très importantes avancées ont été obtenues depuis, la lutte pour l’égalité des salaires, qui était menée déjà il y a un siècle, reste encore à gagner. Plus généralement, la réalité quotidienne montre à quel point le patriarcat reste en place. Les temps partiels subis le sont le plus souvent par les femmes (quatre fois plus que les hommes en 2012 en France), avec des emplois très mal payés quasiment « réservés » (les caissières par exemple). Les violences de genre sont un fait social de masse. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une femme sur trois dans le monde est victime de violence conjugale au cours de sa vie.

Tout cela montre la nécessité impérative d’une lutte antisexiste résolue, ici comme partout dans le monde. C’est d’autant plus important que les conservateurs et réactionnaires — dont les intégristes religieux — continuent à vouloir empêcher l’égalité ou à vouloir supprimer des libertés fondamentales comme le droit à l’IVG.

Le féminisme radical ne peut être séparé de l’aspiration à l’auto-émancipation généralisée. Il ne s’agit pas de créer un capitalisme avec des conseils d’administration paritaires qui continueraient d’exploiter et de licencier ; il ne s’agit pas de se débarrasser d’une oppression et de laisser subsister les autres.

Pour être efficace, nous pensons que la lutte féministe doit affirmer son indépendance vis-à-vis de toutes les institutions qui participent à la société d’aliénation : les États et les partis politiques qui participent à sa gestion, le patronat, les institutions religieuses, etc.

Notre engagement est dirigé contre toutes les oppressions et aliénations, pour une société libérée du patriarcat, ainsi que pour l’abolition du travail salarié et du mode de production capitaliste.