Contre la “loi travail”, passons à la vitesse supérieure !

La mobi­li­sa­tion contre le pro­jet de « loi tra­vail » se pour­suit. C’est évidem­ment posi­tif, mais mal­heu­reu­se­ment, des jour­nées de mobi­li­sa­tion une fois par semaine ne suf­fi­ront pro­ba­ble­ment pas pour obte­nir le retrait pur et simple de ce pro­jet de loi néfaste.

Il est aujourd’hui néces­saire de construire une mobi­li­sa­tion à la base, ce qui a com­mencé dans cer­tains endroits, par des Assem­blées Géné­rales démo­cra­tiques et sou­ve­raines, des col­lec­tifs de mobi­li­sa­tion, des coor­di­na­tions. Ce sont ces struc­tures de démo­cra­tie directe qui peuvent mettre en place une grève géné­rale effi­cace, per­met­tant de gagner.

Tout en com­bat­tant ce pro­jet de « loi tra­vail », qui serait un recul social, nous n’idéalisons pas pour autant l’actuel code du tra­vail : les droits qui pro­tègent les sala­riés sont déjà insuf­fi­sants. C’est glo­ba­le­ment le rap­port de forces entre classes sociales qu’il nous faut inverser.

Les tra­vailleurs, les pré­caires, les chô­meurs et les jeunes, nous pou­vons empê­cher cette régres­sion et mettre en avant d’autres options : le par­tage du tra­vail (avec la baisse du temps de tra­vail), la soli­da­rité, la hausse des salaires, la lutte contre la pré­ca­rité. Pour cela, inutile d’attendre que d’autres agissent à notre place ou nous disent com­ment faire : nous pou­vons déci­der nous-mêmes, pour obte­nir le retrait de ce pro­jet et pour mettre en avant ce que nous voulons.

C’est le moment de tenir des Assem­blées Géné­rales sur tous les lieux de tra­vail et dans les quar­tiers, de dis­cu­ter entre nous de ce que nous vou­lons faire, d’organiser des coor­di­na­tions, des col­lec­tifs uni­taires, de déci­der nous-mêmes de nos actions.

Pour­sui­vons et inten­si­fions les mani­fes­ta­tions, met­tons en place une grève géné­rale : contre la régres­sion sociale, contre ce pro­jet de « loi tra­vail », contre la pré­ca­rité, pour une autre société !

Combattons les politiques de la peur et de la haine

« Le parti de l’ordre était le parti de la haine parce qu’il était celui de la peur. » (Mau­rice Agul­hon, dans 1848 ou l’apprentissage de la Répu­blique)

« L’état d’urgence » est désor­mais en vigueur depuis 4 mois. Ce simple fait tra­duit la situa­tion poli­tique actuelle. Tout à l’inverse de cette logique, nous pou­vons bri­ser le cercle vicieux de la peur et de la haine, obte­nir la levée immé­diate de l’état d’urgence ainsi que l’arrêt de la répres­sion des mou­ve­ments sociaux. C’est par des luttes sociales puis­santes, par l’auto-organisation à la base, que l’on peut obte­nir des vic­toires, que la conscience de classe peut rem­pla­cer la peur et le repli.

En effet, se répand actuel­le­ment la croyance à un déclin, avec des réfé­rences à un passé ima­gi­naire qui n’a jamais existé et que rien ne fera naître, mais dont la quête peut avoir des consé­quences très concrètes – et très réac­tion­naires. Cela impose une action déter­mi­née contre tous les replis comme contre tous les reculs sociaux, ce qui ne peut pas être mené par ceux qui encou­ragent des divi­sions natio­nales, racia­listes, ou autres. L’internationalisme est une base indis­pen­sable de la lutte sociale des exploi­tés, qui n’est pas négo­ciable, qu’il n’est pas pos­sible d’abandonner même pour de pré­ten­dues rai­sons de « tac­tique ». Renon­cer à ce prin­cipe, même par­tiel­le­ment ou pro­vi­soi­re­ment, ce serait renon­cer à l’auto-émancipation uni­ver­selle.

Dans le contexte actuel, il est plus que jamais néces­saire de mettre en avant l’objectif concret d’une autre orga­ni­sa­tion sociale, basée sur la coopé­ra­tion et non plus la com­pé­ti­tion, sur l’entraide et non l’égoïsme, où la pro­duc­tion serait déter­mi­née par les besoins de tous et non les pro­fits de quelques uns.

La pre­mière étape est aujourd’hui d’obtenir le retrait com­plet du pro­jet de « Loi tra­vail », dont l’adoption consti­tue­rait un grave recul social. Les mani­fes­ta­tions du 9 mars ont été une pre­mière étape réus­sie. Cepen­dant, les jour­nées de mobi­li­sa­tion iso­lées ne suf­fi­ront pas : c’est par la construc­tion d’une large mobi­li­sa­tion dans la durée, avec des Assem­blées géné­rales sur les lieux de tra­vail, avec des col­lec­tifs de lutte, des coor­di­na­tions, que l’on pourra arri­ver à une véri­table grève géné­rale et ainsi battre le gouvernement.

Projet de “loi travail” : mobilisons-nous, rien n’est joué !

Le gou­ver­ne­ment Hollande/Valls veut impo­ser une nou­velle mesure de droite, le pro­jet de « loi tra­vail », qui attaque les droits des sala­riés. Citons parmi les mesures prévues :

  • La loi ne garan­ti­rait plus contre des mesures défa­vo­rables prises entre­prise par entreprise ;

  • Le temps de tra­vail pour­rait faci­le­ment être allongé ;

  • Les heures sup­plé­men­taires pour­raient être moins payées qu’actuellement ;

  • Les licen­cie­ments seraient faci­li­tés ; etc.

Ce serait donc une aggra­va­tion, un recul social, un ren­for­ce­ment de l’arbitraire du patro­nat, un déve­lop­pe­ment de la pré­ca­rité. Nous n’idéalisons pas pour autant l’actuel code du tra­vail : les droits qui pro­tègent les sala­riés sont déjà insuf­fi­sants, et si ce pro­jet pas­sait ce serait encore pire.

Nous, les tra­vailleurs, les pré­caires, les chô­meurs et les jeunes, nous pou­vons empê­cher cette régres­sion et mettre en avant des solu­tions : le par­tage du tra­vail, la soli­da­rité, la hausse des salaires, la lutte contre la pré­ca­rité. Pour cela, inutile d’attendre que d’autres agissent à notre place, ou nous disent com­ment faire : nous pou­vons déci­der nous-mêmes, non seule­ment pour obte­nir le retrait pur et simple de ce pro­jet, mais aussi pour mettre en avant ce que nous vou­lons à la place.

Nous pou­vons sans attendre tenir des Assem­blées géné­rales sur tous les lieux de tra­vail, pour dis­cu­ter entre nous de ce que nous vou­lons faire, pour orga­ni­ser des col­lec­tifs uni­taires, pour déci­der des actions : mani­fes­ta­tions, grève recon­duc­tible, etc. Une pre­mière mobi­li­sa­tion est déjà pré­vue le mer­credi 9 mars. Organisons-nous à la base contre la régres­sion sociale, contre ce pro­jet de « loi tra­vail », contre la précarité !

Le changement climatique ne s’arrêtera pas aux frontières

On le sait, il y a urgence à agir en faveur de l’environnement. Mais quelques mesures ponc­tuelles ne suf­fi­ront pas, tant qu’on ne trans­for­mera pas la société actuelle dans ses prin­cipes mêmes : la pro­duc­tion en vue des pro­fits et non des besoins sociaux, l’accumulation de tou­jours plus de mar­chan­dises. Pour vrai­ment chan­ger les choses en matière d’écologie, il faut sor­tir du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, pro­duc­ti­viste et hié­rar­chique, qui exploite les êtres humains et la nature.

Nous sommes face à un pro­blème mon­dial, qui ne peut être résolu que mon­dia­le­ment. Les solu­tions à la crise écono­mique comme à la crise écolo­gique ne pour­ront être ni capi­ta­listes, ni natio­nales. Ni un nuage radio­ac­tif, ni le chan­ge­ment cli­ma­tique ne s’arrêtent aux fron­tières. Un véri­table inter­na­tio­na­lisme est donc abso­lu­ment indispensable.

Les choix poli­tiques et bud­gé­taires actuels vont à l’encontre de ce qu’il fau­drait faire, notam­ment aug­men­ter les moyens pour la recherche. On pour­suit le gas­pillage d’énergie, on conti­nue à res­ter enfer­més dans le dogme du nucléaire, et à dépen­ser des mil­liards tous les ans pour un arme­ment ato­mique qui pour­rait détruire l’humanité.

Contre ces impasses, nous pou­vons faire le choix de l’écologie sociale, anti­ca­pi­ta­liste, qui passe par l’appropriation col­lec­tive des choix de société. Le capi­ta­lisme est un sys­tème des­truc­teur, qui ne doit pas non plus être rem­placé par un capi­ta­lisme d’Etat comme en a connu le 20e siècle, par des régimes qui ont été désas­treux tant d’un point de vue écolo­gique qu’humain. Au contraire, une démo­cra­tie réelle, une auto­ges­tion pour pro­duire autre chose et autre­ment, est pos­sible et nécessaire.

En s’organisant, les tra­vailleurs, les pré­caires, les chô­meurs et les jeunes, nous pou­vons créer une autre orga­ni­sa­tion sociale, démo­cra­tique, égali­taire et paci­fiée, où l’entraide rem­place la com­pé­ti­tion, avec un rap­port dif­fé­rent à la nature. Une pre­mière mesure serait par exemple de mettre en place à grande échelle des trans­ports en com­mun écolo­giques, de qua­lité et gratuits.

La solu­tion prag­ma­tique aujourd’hui, c’est l’auto-organisation pour prendre en mains nos affaires, pour nous occu­per col­lec­ti­ve­ment, démo­cra­ti­que­ment de notre envi­ron­ne­ment de façon ration­nelle et non plus pour le béné­fice de la classe capi­ta­liste. Organisons-nous pour pro­duire et vivre autrement !

L’Europe doit accueillir les réfugiés !

L’horrible situa­tion faite aux migrants autour de la Médi­ter­ra­née et plus géné­ra­le­ment en Europe nous rap­pelle une nou­velle fois que le sys­tème écono­mique et poli­tique dans lequel nous vivons est mons­trueux. Les inéga­li­tés criantes entre les humains que le capi­ta­lisme entre­tient par l’exploitation des tra­vailleurs pauvres du monde entier, l’échange inégal et le pillage des res­sources natu­relles, telles sont cer­taines des causes actuelles des mou­ve­ments de popu­la­tions – les­quels ont d’ailleurs tou­jours existé dans l’histoire de l’humanité.

Face à la détresse des réfu­giés, c’est un devoir des pays qui sont riches grâce à ce même capi­ta­lisme que de mettre en place des mesures à la hau­teur de la situa­tion en termes d’accueil, de loge­ment décent, de santé et de prise en charge sociale par du per­son­nel formé. Ils en ont les moyens, et même l’un d’entre eux, l’Allemagne, pro­pose d’ouvrir lar­ge­ment ses portes aux réfu­giés syriens. Nous devons faire plier les gou­ver­ne­ments qui refusent ces mesures prio­ri­taires de soli­da­rité. C’est pos­sible : le pre­mier ministre bri­tan­nique David Came­ron est peut-être en train de céder face à l’indignation pro­vo­quée par la situation.

Alors que les pre­mières réac­tions des gou­ver­ne­ments ont été de rehaus­ser le niveau de contrôle aux fron­tières externes de l’Union euro­péenne, puis ensuite à l’intérieur, nous devons affir­mer que c’est l’exact inverse qu’il faut faire, car les fron­tières viennent de révé­ler à nou­veau leur véri­table nature de limites cri­mi­nelles à la liberté humaine. Révo­lu­tion­naires, nous sommes citoyens d’un monde que nous vou­lons sans fron­tière, ni exploi­ta­tion, ni échange inégal, un monde débar­rassé du capi­ta­lisme et de ses conflits impé­ria­listes, où la soli­da­rité et l’entraide font tout pour résor­ber les ter­ribles dif­fé­rences de développement.

Réfu­giés, soyez les bienvenus !

Construisons une lutte internationaliste

Par­tout dans le monde, l’austérité se tra­duit concrè­te­ment par des reculs sociaux. Stop­per les dégâts ter­ribles que le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste cause aux salarié-e-s et à l’environnement, en période d’austérité ou non, est une prio­rité. Dans l’immédiat, Il faut bien sûr blo­quer ces attaques : pour le retrait des mesures gou­ver­ne­men­tales les « jour­nées d’action » ne suf­fi­ront pas, l’auto-organisation des luttes à la base dans des Assem­blées Géné­rales sou­ve­raines s’impose… mais nous devons aussi affir­mer net­te­ment la pers­pec­tive du pro­grès social par l’internationalisme.

Il est évident que les pro­blèmes sont mon­diaux ; les solu­tions doivent donc être mon­diales. Il est indis­pen­sable de com­battre toutes les ten­dances au repli, vers telle ou telle fron­tière arti­fi­cielle ou ima­gi­naire, vers tel ou tel passé mythi­fié. C’est l’unité des tra­vailleurs du monde en tant que classe sociale, pour dépas­ser cette orga­ni­sa­tion sociale et la divi­sion en classes elle-même, qui pourra appor­ter une solu­tion aux crises sociales et écolo­giques actuelles. Les mobi­li­sa­tions res­tent pour le moment dis­per­sées, alors que nous serions bien plus effi­caces en construi­sant nos luttes au niveau au moins euro­péen, dans une pers­pec­tive mondiale.

Notre adver­saire fon­da­men­tal n’est pas seule­ment un gou­ver­ne­ment, ni telle ou telle forme de capi­ta­lisme, ni la façon dont est géré un Etat ou un autre : c’est le mode de pro­duc­tion capi­ta­liste lui-même, ce sont l’exploitation et l’aliénation qui sont consti­tu­tifs du sys­tème du sala­riat et de l’Etat.

Face à l’ampleur des enjeux, l’alternative est simple : la lutte inter­na­tio­na­liste ou l’échec. Toutes les pré­ten­dues « solu­tions » qui tournent le dos à l’internationalisme ne seraient au mieux que des impasses (comme par exemple le soi-disant « sou­ve­rai­nisme de gauche »). Ce ne sont pas des « nations » qui font face à cette crise, ce sont des classes sociales. Pour sor­tir de l’austérité, tra­vaillons à construire une lutte sociale inter­na­tio­na­liste, capable de remettre en cause le cadre capi­ta­liste. Un point de départ que nous pro­po­sons serait la for­ma­tion de comi­tés anti­ca­pi­ta­listes locaux, plei­ne­ment démo­cra­tiques, qui se fédè­re­raient ensuite par-delà les frontières.

Poursuivons la lutte contre toutes les oppressions

Le fémi­nisme n’est pas un com­bat récent : on en trouve les germes dès l’Antiquité grecque. Mais, force est de consta­ter que cette lutte ne s’est dif­fu­sée qu’à par­tir de la fin du XVIIIe siècle. Le bou­le­ver­se­ment que fut la Révo­lu­tion fran­çaise, en pro­met­tant une société nou­velle, sem­blait annon­cer de nou­veaux droits pour les femmes. Pour­tant, cette révo­lu­tion n’a pas tenu ses pro­messes. Le mou­ve­ment ouvrier, qui vou­lait une société nou­velle, a donc repris au siècle sui­vant la lutte pour l’égalité hommes-femmes, non sans dif­fi­cul­tés. Cela fut notam­ment porté par des militant-e-s comme la com­mu­narde Natha­lie Lemel, le socia­liste Charles Fou­rier, ou encore les mar­xistes Frie­drich Engels et Clara Zetkin.

Ces luttes ont per­mis d’importants pro­grès au cours du XXe siècle : les femmes ont obtenu le droit de vote et, grâce à l’IVG et à la dif­fu­sion des contra­cep­tifs, le contrôle – rela­tif – de leur corps. Cepen­dant, nous ne pou­vons pas encore crier vic­toire : à emploi et qua­li­fi­ca­tion équi­va­lents, les femmes conti­nuent à être moins payées que les hommes et elle sont plus tou­chées par le temps par­tiel subi. D’après l’Organisation Mon­diale de la Santé, une femme sur trois sur la pla­nète est, à un moment de sa vie, vic­time de vio­lences conju­gales. Quant au droit à l’IVG, il est, même en Europe, régu­liè­re­ment mis en cause, voire reste inter­dit dans cer­tains pays. Par ailleurs, le droit à la PMA doit être garanti sans discrimination.

Pour lut­ter contre ces inéga­li­tés d’un autre âge, il est com­plè­te­ment contre-productif de se limi­ter à déplo­rer la faible repré­sen­ta­tion des femmes aux conseils d’administration des grandes entre­prises ou à l’Assemblée natio­nale : c’est l’ensemble de cette société, dont le patriar­cat est un pilier majeur, qu’il faut ren­ver­ser. Nous ne vou­lons pas une exploi­ta­tion bour­geoise et pari­taire, nous ne vou­lons plus d’exploitation du tout.

Aussi appelons-nous à l’union des luttes de tous les exclus de cet ordre inéga­li­taire pour construire une société plus juste, plus humaine et plus libre. En abo­lis­sant toutes les oppres­sions et toutes les alié­na­tions par­tout dans le monde, nous pou­vons créer à la base une autre société, libé­rée du patriar­cat, libé­rée de l’exploitation par l’abolition du tra­vail sala­rié et du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste. Le fémi­nisme radi­cal ne peut être séparé de la lutte pour l’auto-émancipation généralisée.

Non à l’austérité, non au repli

Nico­las Sar­kozy revient. On aurait pu croire qu’il n’était jamais parti, vu que c’est sa poli­tique de droite que mènent Hol­lande et Valls, en dis­tri­buant aux patrons 50 mil­liards d’euros. De l’argent pour ceux qui pos­sèdent les entre­prises, et des sacri­fices pour ceux qui tra­vaillent ou qui sont au chô­mage ou retrai­tés. Ce gou­ver­ne­ment au ser­vice du Medef se sert de la crise pour mena­cer le Code du tra­vail et les pro­grès sociaux, et cette vio­lente poli­tique de droite est en train de creu­ser les inégalités.

Dans ce contexte, des cou­rants très divers pro­posent dif­fé­rentes poli­tiques de repli. Cer­tains pro­posent de s’enfermer dans les fron­tières de la France. D’autres pré­tendent que c’est en se repliant sur des « iden­ti­tés » eth­niques ou reli­gieuses que l’on peut faire face à la situa­tion actuelle. Ne soyons pas dupes de ces pré­ten­dues solu­tions : toutes autant qu’elles sont, elles font l’affaire des patrons en mon­tant les tra­vailleurs les uns contre les autres, en leur fai­sant croire qu’ils doivent faire front avec leurs diri­geants, contre l’extérieur. Tous ces cou­rants de rejet, de repli voire de haine sont tout sauf des solu­tions puisqu’ils brisent la soli­da­rité des tra­vailleurs, qui est la seule dans l’histoire récente à avoir apporté des progrès.

C’est grâce à l’unité des tra­vailleurs, des pré­caires, des chô­meurs et des jeunes, par-delà les fron­tières et les dif­fé­rences d’origine ou de reli­gion, que nous par­vien­drons à faire recu­ler l’austérité. Il ne faut rien attendre de pré­ten­dus « sau­veurs », mais au contraire agir nous-mêmes sur nos condi­tions de tra­vail et d’existence en créant, à la base, des comi­tés de lutte et des assem­blées géné­rales locales dotés d’un réel pou­voir de déci­sion sur notre quo­ti­dien. Ce com­bat contre l’austérité, qui est en soi une poli­tique de repli et un véri­table fléau social, doit être mené à l’échelle inter­na­tio­nale, et donc ici, en Europe, notam­ment avec les tra­vailleurs d’Allemagne, écra­sés par leurs patrons et leurs gou­ver­ne­ments depuis quinze ans, et non pas contre l’Allemagne ou l’Europe.

Seules nos luttes com­munes peuvent chan­ger la donne !

Lutte inter­na­tio­na­liste contre l’austérité !

C’est le socialisme qu’on assassine

« Je veux, pour ma petite part, révo­lu­tion­ner les cer­veaux. Je veux en chas­ser le pré­jugé capi­ta­liste et bour­geois et y ins­tal­ler la claire idée com­mu­niste » (Jean Jau­rès, 1er février 19021)

Ce 31 juillet 2014, cela fait exac­te­ment un siècle que le socia­liste Jean Jau­rès a été assas­siné par un natio­na­liste. Ce meurtre poli­tique s’inscrivait en conclu­sion de vio­lentes cam­pagnes anti­so­cia­listes menées par la droite et l’extrême droite.

Le pro­blème des com­mé­mo­ra­tions de cette « année Jau­rès », c’est que l’on observe sou­vent une ten­dance à ce que l’arbre Jau­rès cache la forêt du mou­ve­ment ouvrier. Dans cette optique de célé­bra­tion du « grand homme », on a par­fois l’impression que Jau­rès était un défen­seur isolé de la paix. En réa­lité, ce sont des cen­taines de mil­liers de mili­tants qui lut­taient pour la paix en France, et des mil­lions en Europe.

Voir le gou­ver­ne­ment actuel – qui mène une poli­tique écono­mique de droite en pour­sui­vant l’austérité – se reven­di­quer de Jau­rès tient de l’escroquerie. Le parti de Jau­rès avant l’unification de 1905, le Parti socia­liste fran­çais, avait parmi ses reven­di­ca­tions immé­diates la « sup­pres­sion du Sénat et de la pré­si­dence de la Répu­blique »2, etc. Si Hol­lande et Valls vou­laient vrai­ment rendre hom­mage à Jau­rès, mieux vau­drait appli­quer ces mesures plu­tôt que d’aligner lieux com­muns et contre-sens his­to­riques lors d’inaugurations où les petits fours prennent plus de place que les ouvriers.

Lorsque Jau­rès par­lait du Parti socia­liste, c’était pour évoquer « son rouge dra­peau com­mu­niste et inter­na­tio­na­liste »3. Le parti qui usurpe aujourd’hui ce nom est opposé à cette concep­tion : il fait la poli­tique du patro­nat et non des tra­vailleurs, et le Pre­mier ministre Manuel Valls a poussé l’antisocialisme jusqu’à tenir des pro­pos xéno­phobes (à l’encontre des Roms).

Un siècle après l’assassinat de Jau­rès, un siècle après la bar­ba­rie de la Pre­mière Guerre mon­diale qui fit des mil­lions de morts, aujourd’hui en 2014 nous consi­dé­rons qu’un inter­na­tio­na­lisme consé­quent et constant est plus que jamais indis­pen­sable. La lutte pour le socia­lisme passe néces­sai­re­ment par la lutte contre tous les natio­na­lismes, contre toutes les xéno­pho­bies, contre tous les gou­ver­ne­ments qui mettent en place des poli­tiques d’austérité, pour en finir avec toutes les formes d’exploitation et d’aliénation. Comme l’écrivait Jau­rès, c’est « par l’abolition du capi­ta­lisme et l’avènement du socia­lisme que l’humanité s’accomplira »4.

[Ce tract, dif­fusé le 31 juillet 2014 devant le café du Crois­sant à Paris, est égale­ment dis­po­nible au for­mat PDF]

1 Jean Jau­rès, Œuvres tome 8, Fayard, 2013, p. 255.

2 Compte-rendu du congrès du PSF du 2 au 4 mars 1902 à Tours, pp. 376–377.

3 Jau­rès, Œuvres tome 8, p. 29. Pré­ci­sons pour éviter tout mal­en­tendu que Jau­rès emploie le mot « com­mu­niste » dans son sens réel, et évidem­ment pas pour se réfé­rer aux dic­ta­tures capi­ta­listes d’Etat mises en place par des léninistes.

4 Jau­rès, Œuvres tome 8, p. 433.

Ni français, ni européens : citoyens du monde

Des élec­tions euro­péennes auront lieu fin mai dans les 28 Etats de l’Union Euro­péenne (UE). Le but est d’élire les futurs membres du par­le­ment euro­péen : si l’UE était logique avec elle-même, il y aurait des listes euro­péennes, un débat com­mun, et un véri­table scru­tin pro­por­tion­nel sur l’ensemble de l’UE. Bien au contraire ! Non seule­ment ça n’est pas le cas, mais de plus en France ce sont des listes par « régions » qui ne cor­res­pondent à rien. C’est le résul­tat d’une basse tam­bouille poli­ti­cienne appli­quée depuis les élec­tions de 2004, dans le seul but de contre­car­rer le prin­cipe pro­por­tion­nel au détri­ment des petites listes.

Concrè­te­ment, l’Union Euro­péenne se contente essen­tiel­le­ment de régle­men­ter la concur­rence entre ses Etats adhé­rents, alors qu’il fau­drait pro­cé­der à l’harmonisation sociale par le haut, à l’harmonisation fis­cale, à l’action coor­don­née pour la tran­si­tion écolo­gique et contre la fraude fis­cale, à l’annulation des dettes publiques, etc.

La crise mon­diale du capi­ta­lisme que nous vivons et subis­sons, en par­ti­cu­lier par les vio­lentes mesures d’austérité qui sont impo­sées par­tout dans le monde, montre la néces­sité d’une soli­da­rité au niveau mon­dial. On voit bien que le cadre des Etats n’est pas per­ti­nent, et que même le cadre euro­péen reste insuf­fi­sant (d’autant plus que l’UE ne regroupe pas tous les pays euro­péens, et se situe en deçà du fédé­ra­lisme). Pour notre part, reje­tant toute forme de natio­na­lisme, nous affir­mons clai­re­ment que nous ne sommes ni « fran­çais », ni « euro­péens », mais citoyens du monde.

Nous défen­dons l’objectif de la démo­cra­tie réelle, la démo­cra­tie directe. Nous ne consi­dé­rons donc pas ces élec­tions comme réel­le­ment démo­cra­tiques, tout comme les élec­tions pré­si­den­tielles et autres scru­tins du même type. Des élec­tions démo­cra­tiques ne peuvent exis­ter qu’après un libre débat de fond, uni­que­ment pour élire des repré­sen­tants tem­po­raires dûment man­da­tés, et cer­tai­ne­ment pas pour repro­duire une classe poli­tique spécialisée.

Sans s’interdire de voter — là où il y a des listes qui en valent la peine (clai­re­ment inter­na­tio­na­listes, anti­ca­pi­ta­listes et égali­taires) -, nous consta­tons qu’il y a plus impor­tant que ces élec­tions : c’est l’action sociale, la lutte concrète contre toutes les formes d’exploitation et d’oppression. Il s’agit de s’en prendre à la dic­ta­ture de la com­pé­ti­tion et de la concur­rence, à l’obligation de la réa­li­sa­tion de pro­fits au détri­ment des êtres humains et de l’environnement.

C’est dans les mobi­li­sa­tions qui se déroulent par­tout dans le monde, par l’appropriation de leur vie par les tra­vailleurs qui décident eux-mêmes direc­te­ment de leurs luttes, que se mani­feste actuel­le­ment la créa­ti­vité démo­cra­tique. C’est de cette façon que l’on pourra créer col­lec­ti­ve­ment une autre Europe, un autre monde.

Manuel Valls : l’impasse de droite

Le rema­nie­ment et l’arrivée de Manuel Valls au poste de Pre­mier ministre n’amélioreront rien. C’est de poli­tique qu’il faut radi­ca­le­ment chan­ger. Au contraire, Valls va pour­suivre la poli­tique du patro­nat, le « pacte de res­pon­sa­bi­lité » qui n’est en fait qu’un cadeau au Medef. Les autres par­tis feraient en gros la même poli­tique écono­mique s’ils étaient au pou­voir — avec la même injus­tice sociale et le même échec à l’arrivée.

Nom­mer un chef de gou­ver­ne­ment droi­tier après un échec élec­to­ral causé par la désaf­fec­tion des élec­teurs de gauche est une pro­vo­ca­tion. Alors que tout montre que c’est l’austérité qui est le pro­blème, cette nomi­na­tion annonce encore plus de sacri­fices qui toucheront le plus dure­ment les sala­riés, les pré­caires, les chô­meurs et les jeunes.

L’abstention mas­sive lors des der­nières élec­tions montre l’essoufflement du sys­tème géré par des poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels. C’est aussi une consé­quence de l’échec des poli­tiques d’austérité menées par tous les gou­ver­ne­ments, ici comme par­tout dans le monde. Quelles sont les solu­tions face à cette situa­tion ? L’UMP et le PS ont échoué ; le FN est le pire ennemi des tra­vailleurs, il joue la peur et la divi­sion, tout en sur­fant sur le men­songe réac­tion­naire d’un repli écono­mique natio­nal. Contre la divi­sion qui affai­blit, construi­sons plu­tôt une unité démo­cra­tique et sociale pour nous empa­rer de la poli­tique et défendre nos inté­rêts com­muns, sans délé­guer aux par­tis existants.

Les solu­tions à la crise écono­mique comme à la crise écolo­gique ne pour­ront être ni capi­ta­listes, ni natio­nales. Pour nous sor­tir de l’impasse qu’est la poli­tique écono­mique de droite menée depuis des années, de Sar­kozy à Hol­lande en pas­sant par Fillon, Ayrault et Valls, il faut construire à la base et dans chaque pays une oppo­si­tion de gauche sociale, démo­cra­tique et inter­na­tio­na­liste. Une mani­fes­ta­tion contre l’austérité et pour l’égalité aura lieu le samedi 12 avril à Paris, place de la Répu­blique à 14h. C’est une action utile qui consti­tue un pre­mier pas, dans le cadre d’une mobi­li­sa­tion à construire collectivement.

Ripostons à l’austérité capitaliste !

Les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs mènent la poli­tique des patrons. Depuis des années, les exo­né­ra­tions de coti­sa­tions sociales, les attaques contre les droits col­lec­tifs des sala­riés, tout cela a conduit à la situa­tion que nous connais­sons : chô­mage de masse, déve­lop­pe­ment de la pré­ca­rité, salaires en berne, etc.

Le pré­tendu « pacte de com­pé­ti­ti­vité » est en réa­lité un cadeau uni­la­té­ral fait au patro­nat, sans contre­par­ties. La sup­pres­sion des coti­sa­tions fami­liales pour les entre­prises consti­tue en fait un trans­fert de richesse de 35 mil­liards d’euros par an, au béné­fice de la classe capitaliste.

Le mythe de la « com­pé­ti­ti­vité » est d’ailleurs tota­le­ment nui­sible. C’est une arme idéo­lo­gique contre les droits sociaux, qui vise à un nivel­le­ment par le bas. C’est aussi un moyen de jus­ti­fier la com­pé­ti­tion de tous contre tous. Nous devons refu­ser cette logique, et y oppo­ser la soli­da­rité et la coopé­ra­tion. Cela com­mence par agir pour le retrait pur et simple de ce « pacte de com­pé­ti­ti­vité » dicté par le Medef (égale­ment dési­gné comme « pacte de responsabilité »).

Cette poli­tique néfaste n’est limi­tée ni à Fran­çois Hol­lande, ni à la France. C’est une logique glo­bale de ges­tion du capi­ta­lisme, suite à la crise écono­mique en cours depuis plus de 5 ans main­te­nant. La riposte doit donc être à la hau­teur : c’est le rap­port de force entre les classes sociales qui doit être inversé, au niveau mondial.

Nous pou­vons construire une mobi­li­sa­tion vic­to­rieuse, si elle est dis­cu­tée et orga­ni­sée démo­cra­ti­que­ment à la base, inter­na­tio­na­liste, et s’en pre­nant non seule­ment aux consé­quences de l’austérité mais aussi aux racines de la situa­tion actuelle. L’unité des tra­vailleurs, des chô­meurs et des jeunes contre ce sys­tème est pos­sible : pour prendre conscience de notre force, com­men­çons par nous ras­sem­bler sur la base de nos inté­rêts com­muns, contre la domi­na­tion capi­ta­liste et l’exploitation par le salariat.

Luttons jusqu’à l’égalité réelle !

La Jour­née mon­diale de lutte des femmes du 8 mars a été créée il y a plus d’un siècle à l’initiative de la révo­lu­tion­naire mar­xiste Clara Zet­kin. Son enga­ge­ment fémi­niste s’inscrivait dans le cadre de sa lutte pour une autre société, ce qui l’amena à mili­ter dans la Ligue spar­ta­kiste aux côtés notam­ment de Rosa Luxem­burg. L’objectif poli­tique de Zet­kin était clai­re­ment annoncé par le titre de son jour­nal : « L’Égalité » (Die Glei­ch­heit).

Clara Zet­kin et Rosa Luxemburg

Si de très impor­tantes avan­cées ont été obte­nues depuis, la lutte pour l’égalité des salaires, qui était menée déjà il y a un siècle, reste encore à gagner. Plus géné­ra­le­ment, la réa­lité quo­ti­dienne montre à quel point le patriar­cat reste en place. Les temps par­tiels subis le sont le plus sou­vent par les femmes (quatre fois plus que les hommes en 2012 en France), avec des emplois très mal payés qua­si­ment « réser­vés » (les cais­sières par exemple). Les vio­lences de genre sont un fait social de masse. Selon l’Organisation mon­diale de la santé, une femme sur trois dans le monde est vic­time de vio­lence conju­gale au cours de sa vie.

Tout cela montre la néces­sité impé­ra­tive d’une lutte anti­sexiste réso­lue, ici comme par­tout dans le monde. C’est d’autant plus impor­tant que les conser­va­teurs et réac­tion­naires — dont les inté­gristes reli­gieux — conti­nuent à vou­loir empê­cher l’égalité ou à vou­loir sup­pri­mer des liber­tés fon­da­men­tales comme le droit à l’IVG.

Le fémi­nisme radi­cal ne peut être séparé de l’aspiration à l’auto-émancipation géné­ra­li­sée. Il ne s’agit pas de créer un capi­ta­lisme avec des conseils d’administration pari­taires qui conti­nue­raient d’exploiter et de licen­cier ; il ne s’agit pas de se débar­ras­ser d’une oppres­sion et de lais­ser sub­sis­ter les autres.

Pour être effi­cace, nous pen­sons que la lutte fémi­niste doit affir­mer son indé­pen­dance vis-à-vis de toutes les ins­ti­tu­tions qui par­ti­cipent à la société d’aliénation : les États et les par­tis poli­tiques qui par­ti­cipent à sa ges­tion, le patro­nat, les ins­ti­tu­tions reli­gieuses, etc.

Notre enga­ge­ment est dirigé contre toutes les oppres­sions et alié­na­tions, pour une société libé­rée du patriar­cat, ainsi que pour l’abolition du tra­vail sala­rié et du mode de pro­duc­tion capitaliste.

Pour le droit à l’IVG partout dans le monde : manifestation le samedi 1er février

Le gou­ver­ne­ment espa­gnol aux mains du Parti Popu­laire (PP) veut faire recu­ler les droits des femmes en sup­pri­mant le droit à l’avortement. Ce gou­ver­ne­ment de droite est arrivé au pou­voir en décembre 2011 après l’effondrement élec­to­ral du Parti Socia­liste Ouvrier Espa­gnol (PSOE), suite à l’explosion du chô­mage. Le PP n’est pas au pou­voir parce que la popu­la­tion espa­gnole s’est mas­si­ve­ment tour­née vers lui, en effet il a récolté à peine plus de voix qu’en 2008 où il avait perdu face au PSOE. Si le PP a gagné en 2011 c’est parce que les socia­listes ont perdu presque la moi­tié de leurs élec­teurs, qui se sont abs­te­nus ou se sont repor­tés sur d’autres par­tis. Le PP s’est donc retrouvé aux com­mandes en pleine crise finan­cière et sociale, et a pris des mesures d’austérité dras­tiques qui ont bru­ta­le­ment atteint le niveau de vie des tra­vailleurs et des chômeurs.

L’Espagne a vécu de 1939 au milieu des années 1970 sous le fran­quisme, une dic­ta­ture mili­taire appuyée par l’église catho­lique, qui avait rem­porté une guerre civile ter­rible et écrasé la Répu­blique. Dans ce régime auto­ri­taire qui inter­di­sait les orga­ni­sa­tions syn­di­cales et poli­tiques des tra­vailleurs et impo­sait une forme de cor­po­ra­tisme, des par­tis poli­tiques bour­geois et reli­gieux col­la­bo­raient à la ges­tion de la dic­ta­ture. Le PP qui forme aujourd’hui le gou­ver­ne­ment est direc­te­ment issu de l’Action Popu­laire, un ramas­sis de par­tis fran­quistes qui par­ti­ci­paient aux gou­ver­ne­ments diri­gés par les mili­taires. La droite espa­gnole qui veut por­ter un coup ter­rible aux droits des femmes, après avoir com­mencé de réduire les droits démo­cra­tiques à mani­fes­ter et à s’exprimer libre­ment, vient de la dic­ta­ture mili­taire alliée aux évêques rétro­grades, qui inter­di­sait tout avor­te­ment. Leur force retrou­vée se mesure dans l’étendue de leurs attaques contre les tra­vailleurs, les chô­meurs, les jeunes, les immi­grés et les femmes.

Plu­sieurs partis poli­tiques siègent en Europe et par­fois par­ti­cipent à des gou­ver­ne­ments voire les dirigent, alors qu’ils sont direc­te­ment issus de groupes ou de par­tis créés durant des périodes par­fois très récentes de dic­ta­ture. Mais aucun lea­der ni aucun parti n’est légi­time pour sup­pri­mer les droits fon­da­men­taux que sont l’IVG ou la pos­si­bi­lité de mani­fes­ter. L’austérité actuelle, le fait que tous les gou­ver­ne­ments euro­péens mettent la pres­sion sur leurs popu­la­tions pour payer la crise, ce n’est pas qu’une ques­tion écono­mique. La logique est la même dans le fait d’interdire de mani­fes­ter ou d’avorter, il s’agit pour ce gou­ver­ne­ment de mon­trer que c’est sa poli­tique qui sera appli­quée, et non celle de la volonté des indi­vi­dus ou des col­lec­tifs qui pour­raient s’y opposer.

Nous devons affir­mer col­lec­ti­ve­ment que ces pou­voirs ne sont pas légi­times s’ils entendent nous faire payer la crise du capi­ta­lisme, nous inter­dire de nous y oppo­ser publiquement, ou nous dic­ter nos vies. Cette lutte doit être inter­na­tio­na­liste parce que ces ques­tions sont inter­na­tio­nales. Chaque recul local est un pré­cé­dent que pourra uti­li­ser un autre gou­ver­ne­ment, et chaque avan­cée peut ser­vir d’appui dans un autre pays. Le droit à l’IVG fait par­tie des liber­tés fon­da­men­tales, nous devons donc lut­ter pour que ce droit soit garanti à toutes les femmes, par­tout dans le monde.

Mani­fes­ta­tion le samedi 1er février 2014, à Paris : 14h place Joffre (métro ligne 8, sta­tion “école militaire”)

Le racisme et le nationalisme ne profitent qu’à ceux qui nous dominent

Il y a depuis quelques mois une mon­tée dan­ge­reuse du racisme et du natio­na­lisme en Europe, et ici par­ti­cu­liè­re­ment. Nous sommes dans une période de crise où les inéga­li­tés sociales créées par le sys­tème capi­ta­liste deviennent de plus en plus criantes. La richesse déli­rante de quelques-uns s’étale devant les yeux de la majo­rité qui voit son niveau de vie stag­ner, voire bais­ser. Dans cette période de repli, de peur de l’avenir et de ten­sions, des indi­vi­dus tentent de se rac­cro­cher à de vieilles idéo­lo­gies iden­ti­taires : reli­gions, natio­na­lismes et racismes.

Les décla­ra­tions xéno­phobes contre les Roms, contre les musul­mans, mais aussi les rodo­mon­tades anti-allemandes, ou l’agitation sur le « Made in France », tous ces dis­cours poli­ti­ciens sont au fond des par­ties d’un même ensemble. On nous répète qu’il fau­drait se refer­mer, recréer des fron­tières, redon­ner à l’État des outils de contrôle qu’il aurait per­dus. Il y a évidem­ment des dif­fé­rences entre ces dis­cours concur­rents, mais la logique est tou­jours la même : l’étranger, la Chine, les immi­grés, les musul­mans, ou alors l’Allemagne et les États-Unis seraient res­pon­sables de notre triste sort.

Face à ces absur­di­tés, il faut réaf­fir­mer des faits qui semblent moins faciles à rap­pe­ler en ces temps sombres : il n’y a pas de solu­tion natio­nale à la crise. Il n’y en a sans doute jamais eu, mais désor­mais l’affaire est enten­due, la France ne peut pas vivre en autar­cie, ni d’un point de vue écono­mique, ni non plus pour des rai­sons tech­no­lo­giques ou cultu­relles. La société humaine est inter­na­tio­nale. Seule une union mon­diale des tra­vailleurs, des chô­meurs, des jeunes et de tous ceux qui sont domi­nés dans ce sys­tème d’exploitation et d’oppression pour­rait four­nir des réponses à la situa­tion présente.

Or, c’est pré­ci­sé­ment cela que les natio­na­lismes et les racismes rendent impos­sible. Ils servent à divi­ser les forces qui, réunies, pour­raient s’opposer aux capi­ta­listes et à leurs ser­vi­teurs gou­ver­ne­men­taux. Tous ceux qui pro­pagent la haine de l’autre, qui agitent des « solu­tions natio­nales », empêchent tota­le­ment de voir que c’est au contraire dans l’action col­lec­tive des sala­riés, des chô­meurs, des jeunes, des femmes, que se trouvent les voies de sor­tie de cette période dépri­mante. Les « solu­tions natio­nales », les racismes et les extré­mismes reli­gieux ont tous en com­mun de gom­mer la réa­lité de l’exploitation des uns par les autres : ils ne voient que des « Fran­çais », des « blancs » ou des « croyants », comme si ces « com­mu­nau­tés » ima­gi­naires ne conte­naient pas de rap­ports de classes sociales et d’exploitation, comme s’il n’y avait pas des riches qui vivent sur le dos des pauvres, de toutes les cou­leurs et ori­gines. C’est par­ti­cu­liè­re­ment dans une période comme celle que nous vivons qu’il faut plus que jamais ana­ly­ser le monde avec ses rap­ports de classes, pour lut­ter effi­ca­ce­ment contre ces idéo­lo­gies mon­tantes. Les sen­ti­ments huma­nistes et uni­ver­sa­listes ne suf­fi­ront pas face à l’offensive réac­tion­naire qui se déve­loppe. Dans les mou­ve­ments sociaux qui doivent venir, il fau­dra par­tir du fait que les « nations » et les « com­mu­nau­tés » sont des divi­sions arti­fi­cielles qui servent aux riches à mon­ter les pauvres les uns contre les autres, et à les embar­quer dans leurs aven­tures per­dues d’avance. L’internationalisme révo­lu­tion­naire est plus que jamais la réponse à la bar­ba­rie qui menace.