Pour le droit à l’IVG partout dans le monde : manifestation le samedi 1er février

Le gouvernement espagnol aux mains du Parti Populaire (PP) veut faire reculer les droits des femmes en supprimant le droit à l’avortement. Ce gouvernement de droite est arrivé au pouvoir en décembre 2011 après l’effondrement électoral du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), suite à l’explosion du chômage. Le PP n’est pas au pouvoir parce que la population espagnole s’est massivement tournée vers lui, en effet il a récolté à peine plus de voix qu’en 2008 où il avait perdu face au PSOE. Si le PP a gagné en 2011 c’est parce que les socialistes ont perdu presque la moitié de leurs électeurs, qui se sont abstenus ou se sont reportés sur d’autres partis. Le PP s’est donc retrouvé aux commandes en pleine crise financière et sociale, et a pris des mesures d’austérité drastiques qui ont brutalement atteint le niveau de vie des travailleurs et des chômeurs.

L’Espagne a vécu de 1939 au milieu des années 1970 sous le franquisme, une dictature militaire appuyée par l’église catholique, qui avait remporté une guerre civile terrible et écrasé la République. Dans ce régime autoritaire qui interdisait les organisations syndicales et politiques des travailleurs et imposait une forme de corporatisme, des partis politiques bourgeois et religieux collaboraient à la gestion de la dictature. Le PP qui forme aujourd’hui le gouvernement est directement issu de l’Action Populaire, un ramassis de partis franquistes qui participaient aux gouvernements dirigés par les militaires. La droite espagnole qui veut porter un coup terrible aux droits des femmes, après avoir commencé de réduire les droits démocratiques à manifester et à s’exprimer librement, vient de la dictature militaire alliée aux évêques rétrogrades, qui interdisait tout avortement. Leur force retrouvée se mesure dans l’étendue de leurs attaques contre les travailleurs, les chômeurs, les jeunes, les immigrés et les femmes.

Plusieurs partis politiques siègent en Europe et parfois participent à des gouvernements voire les dirigent, alors qu’ils sont directement issus de groupes ou de partis créés durant des périodes parfois très récentes de dictature. Mais aucun leader ni aucun parti n’est légitime pour supprimer les droits fondamentaux que sont l’IVG ou la possibilité de manifester. L’austérité actuelle, le fait que tous les gouvernements européens mettent la pression sur leurs populations pour payer la crise, ce n’est pas qu’une question économique. La logique est la même dans le fait d’interdire de manifester ou d’avorter, il s’agit pour ce gouvernement de montrer que c’est sa politique qui sera appliquée, et non celle de la volonté des individus ou des collectifs qui pourraient s’y opposer.

Nous devons affirmer collectivement que ces pouvoirs ne sont pas légitimes s’ils entendent nous faire payer la crise du capitalisme, nous interdire de nous y opposer publiquement, ou nous dicter nos vies. Cette lutte doit être internationaliste parce que ces questions sont internationales. Chaque recul local est un précédent que pourra utiliser un autre gouvernement, et chaque avancée peut servir d’appui dans un autre pays. Le droit à l’IVG fait partie des libertés fondamentales, nous devons donc lutter pour que ce droit soit garanti à toutes les femmes, partout dans le monde.

Manifestation le samedi 1er février 2014, à Paris : 14h place Joffre (métro ligne 8, station « école militaire »)

Le racisme et le nationalisme ne profitent qu’à ceux qui nous dominent

Il y a depuis quelques mois une montée dangereuse du racisme et du nationalisme en Europe, et ici particulièrement. Nous sommes dans une période de crise où les inégalités sociales créées par le système capitaliste deviennent de plus en plus criantes. La richesse délirante de quelques-uns s’étale devant les yeux de la majorité qui voit son niveau de vie stagner, voire baisser. Dans cette période de repli, de peur de l’avenir et de tensions, des individus tentent de se raccrocher à de vieilles idéologies identitaires : religions, nationalismes et racismes.

Les déclarations xénophobes contre les Roms, contre les musulmans, mais aussi les rodomontades anti-allemandes, ou l’agitation sur le « Made in France », tous ces discours politiciens sont au fond des parties d’un même ensemble. On nous répète qu’il faudrait se refermer, recréer des frontières, redonner à l’État des outils de contrôle qu’il aurait perdus. Il y a évidemment des différences entre ces discours concurrents, mais la logique est toujours la même : l’étranger, la Chine, les immigrés, les musulmans, ou alors l’Allemagne et les États-Unis seraient responsables de notre triste sort.

Face à ces absurdités, il faut réaffirmer des faits qui semblent moins faciles à rappeler en ces temps sombres : il n’y a pas de solution nationale à la crise. Il n’y en a sans doute jamais eu, mais désormais l’affaire est entendue, la France ne peut pas vivre en autarcie, ni d’un point de vue économique, ni non plus pour des raisons technologiques ou culturelles. La société humaine est internationale. Seule une union mondiale des travailleurs, des chômeurs, des jeunes et de tous ceux qui sont dominés dans ce système d’exploitation et d’oppression pourrait fournir des réponses à la situation présente.

Or, c’est précisément cela que les nationalismes et les racismes rendent impossible. Ils servent à diviser les forces qui, réunies, pourraient s’opposer aux capitalistes et à leurs serviteurs gouvernementaux. Tous ceux qui propagent la haine de l’autre, qui agitent des « solutions nationales », empêchent totalement de voir que c’est au contraire dans l’action collective des salariés, des chômeurs, des jeunes, des femmes, que se trouvent les voies de sortie de cette période déprimante. Les « solutions nationales », les racismes et les extrémismes religieux ont tous en commun de gommer la réalité de l’exploitation des uns par les autres : ils ne voient que des « Français », des « blancs » ou des « croyants », comme si ces « communautés » imaginaires ne contenaient pas de rapports de classes sociales et d’exploitation, comme s’il n’y avait pas des riches qui vivent sur le dos des pauvres, de toutes les couleurs et origines. C’est particulièrement dans une période comme celle que nous vivons qu’il faut plus que jamais analyser le monde avec ses rapports de classes, pour lutter efficacement contre ces idéologies montantes. Les sentiments humanistes et universalistes ne suffiront pas face à l’offensive réactionnaire qui se développe. Dans les mouvements sociaux qui doivent venir, il faudra partir du fait que les « nations » et les « communautés » sont des divisions artificielles qui servent aux riches à monter les pauvres les uns contre les autres, et à les embarquer dans leurs aventures perdues d’avance. L’internationalisme révolutionnaire est plus que jamais la réponse à la barbarie qui menace.

Non aux expulsions, égalité pour tous !

Ce tract est aussi au format PDF.

Personne ne devrait avoir peur de se faire arrêter par la police, d’être expulsé vers un autre endroit du globe, et encore moins des enfants ou des adolescents scolarisés. Les cas de la collégienne Léonarda et du lycéen Khatchik, qui viennent d’être expulsés, sont scandaleux. Les lycéens ont bien raison de manifester leur opposition.

La différence entre un « Français » et un « étranger », c’est le fait que le second peut être envoyé contre son gré à l’extérieur de la zone contrôlée ici par l’État français. Les lois et règlements qui s’appuient sur ces définitions sont à notre sens illégitimes, parce qu’ils bafouent les principes de liberté et d’égalité qui leur sont supérieurs : liberté de circulation et d’installation, et égalité devant la loi.

Deux individus, deux familles qui vivent au même endroit doivent avoir les mêmes droits, et chacun doit avoir le droit de vivre où il veut, partout sur la planète. C’est déjà plus ou moins le cas pour les ressortissants des pays les plus riches, pourquoi ne serait-ce pas le cas pour les autres ? Parce que cela remet en question la répartition profondément inégale des richesses au niveau de la planète, parce que cela montre brutalement comment fonctionne le système capitaliste qui a besoin de ces différences de développement pour tenter de maintenir ses profits. Entre autres choses, les frontières servent à justifier que l’on refourgue ici des vêtements fabriqués par des personnes qui sont surexploitées ailleurs.

Une société plus juste, plus égalitaire, passe nécessairement par l’affirmation des droits démocratiques à un niveau suprême, universel. C’est l’internationalisme : le refus des préjugés nationaux, des divisions artificielles, des nationalismes, des frontières et du racisme.

Pour le droit à l’enseignement pour tous !

Des papiers pour tous ou pour personne !

La démocratie réelle, ça se construit à la base !

Ici comme ailleurs, les classes populaires continuent actuellement à payer la crise capitaliste : hausse du chômage, baisse des revenus réels pour la majorité (pendant que les privilégiés s’enrichissent), etc. Et la situation ne pourra qu’empirer avec la hausse de la TVA prévue début 2014.

Dans l’immédiat il est donc nécessaire de construire une opposition de gauche résolue, contre la politique économique de droite qui est actuellement menée par le gouvernement, en fédérant tous ceux qui veulent se mobiliser dans un cadre politique et social nouveau, dépassant les partis et syndicats existants. Combattre l’austérité ici est une partie d’une mobilisation mondiale qui a lieu actuellement entre les intérêts des travailleurs, et ceux des classes capitalistes. Ce combat doit donc être pleinement internationaliste, et non enfermé dans les différents pays et peu coordonné.

Plus largement, la solution est la construction à la base, dans nos lieux de travail, dans nos quartiers, d’une lutte auto-organisée pour en finir avec le système hiérarchique-capitaliste. Croire qu’un seul individu, un « sauveur suprême », pourrait accélérer ou faciliter ce processus serait non seulement une perte de temps, mais une impasse dangereuse. Changer de premier ministre ne nous sortirait en rien de la situation actuelle.

C’est nous tous collectivement, démocratiquement, qui pouvons prendre nos affaires en mains, sans nous déposséder en les confiant à quiconque. C’est seulement de cette manière que nous pourrons changer les choses, par l’abolition du système salarié, du mode de production capitaliste et des Etats. L’objectif de la démocratie réelle c’est la démocratie directe et sociale, qui permettrait une autre société, sans oppression, pour la liberté et le bien-être de tous et de chacun.

Guy Debord est vivant et nous sommes morts

La BNF organise en ce printemps 2013 une exposition (payante !) sur Guy Debord, cofinancée par l’Etat et le lobby alcoolier. L’alliance entre l’aliénation étatique et l’aliénation privée est donc réalisée une fois de plus – cette fois sur le dos de l’un de leurs ennemis.

Curieuse exposition en vérité : une partie des notes de lecture de Debord sont placées entre 50 cm et plus de 2 mètres de hauteur, ce qui en rend une bonne partie absolument illisibles. Elles ne manquent pourtant pas d’intérêt, entre autres concernant des textes de Rosa Luxemburg, Karl Korsch, Anton Ciliga, Maximilien Rubel, etc.

 

Tout comme ces derniers, Debord était engagé « contre tous les aspects de la vie sociale aliénée ». En luttant pour l’auto-émancipation universelle, il s’agissait pour lui d’élaborer et de construire « la forme désaliénante de la démocratie réalisée », qu’il voyait dans l’expérience historique des conseils ouvriers. Debord participait donc à la critique impitoyable de nos conditions d’existence au sein de la société capitaliste traditionnelle, ainsi qu’à une tout aussi impitoyable critique du capitalisme d’État léniniste de l’URSS, qui était « la continuation du pouvoir de l’économie » et le maintien du « travail-marchandise », donc de l’exploitation et de l’oppression.

Hier comme aujourd’hui, on est intellectuellement mort si l’on se résout à la résignation ambiante, si l’on accepte cette société de l’ersatz généralisé à la viande de cheval avariée et à l’eau en bouteille contaminée. Contre cet état de choses, nous pouvons participer à la critique active de la société hiérarchique-capitaliste, par les luttes sociales en insistant sur leur aspect auto-organisé, pour l’abolition du système du salariat, des États et des frontières.

Le tract en PDF

http://www.critique-sociale.info/files/2013/03/Debord_vivant.pdf

Il y a une exposition Guy Debord à la BNF
Quoi ?
En prétendant les honorer, l’Etat tente d’aseptiser ses ennemis
Afin que le vrai… ne soit plus qu’un moment du faux !

Non à l’austérité, non à la précarité ! Manifestons mardi 5 mars

Un « accord national interprofessionnel » concernant le droit du travail a été signé le 11 janvier dernier principalement par le Medef et la Cfdt. Cet accord s’inscrit dans le cadre d’une aggravation progressive de la précarité des salariés. Au nom de la « compétitivité », il s’agit de renforcer la « flexibilité » des salariés, qui pourront voir leur temps de travail changer au gré des patrons, et même leur salaire baisser.

Il est également prévu que la direction puisse imposer une « mobilité » forcée aux salariés, sur le mode : travailler ailleurs, ou être viré. Les licenciements sont d’ailleurs facilités. Alors que le but annoncé était la « sécurisation de l’emploi », rien n’est prévu pour améliorer les garanties ni augmenter les salaires des précaires, dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Il est question que le parlement vote cet accord au mois de mai : si c’était le cas, ces mesures de régression sociale passeraient dans la loi. Il faut donc se mobiliser pour l’empêcher.

Par ailleurs, le gouvernement a annoncé qu’il augmenterait la TVA à partir du 1er janvier 2014 afin de financer un cadeau de 20 milliards d’euros aux patrons ! Cette augmentation de la TVA, qui est l’impôt le plus injuste, toucherait le plus durement les classes populaires. C’est une politique économique de droite qui est actuellement menée par le gouvernement Hollande/Ayrault.

La situation de chômage de masse devrait inciter à lutter contre l’insécurité sociale, contre la précarité. Au contraire, on demande de plus en plus d’efforts à des salariés dont on réduit les effectifs, voire les salaires, alors qu’ils subissent déjà l’austérité qui est appliquée partout dans le monde dans le but de faire payer à tous la crise du capitalisme qui dure depuis 2007.

On nous parle de « démocratie sociale », mais des patrons et quelques permanents de syndicats minoritaires qui se réunissent dans une salle pour casser le droit du travail, c’est clairement anti-démocratique et anti-social. La démocratie sociale impliquerait au contraire la démocratie à la base, notamment des Assemblées Générales regroupant les travailleurs pour élaborer et décider ensemble de ce qu’il faut faire.

Plusieurs syndicats organisent une journée de grève et de manifestations partout en France le 5 mars pour lutter contre l’accord Medef-Cfdt. Cette journée doit être une réussite, et doit être une première étape dans la construction d’une riposte de la majorité – travailleurs, chômeurs, précaires… – contre les attaques du patronat et du gouvernement. Nous pouvons tous, collectivement, mettre en place une mobilisation auto-organisée pour changer la donne. Ainsi, nous participerons là où nous sommes à une lutte mondiale qui est actuellement en cours : pour ou contre l’austérité, pour la suppression de certains droits sociaux, ou pour de nouvelles avancées sociales.

Organisons-nous, manifestons le mardi 5 mars à 14 h place du Châtelet

Mariage pour tous, vote des « étrangers » : Égalité pour tous, maintenant !

Dans cette période de repli, où ici comme ailleurs les paroles et les actes xénophobes, sexistes, racistes et homophobes gagnent chaque jour du terrain, il est important de réaffirmer haut et fort que l’égalité est la base de la démocratie, et que la démocratie est encore à construire. Nous vivons ici dans une société relativement développée, mais où les inégalités sociales, de genre et de « race » restent marquées. Plus on est une femme, plus on est de couleur et plus on a de chances d’être cantonnée à des rôles subalternes, maintenue dans la précarité. La discrimination qui fonde le pouvoir sexiste, raciste et homophobe des petits chefs sur les caissières de supermarché n’est pas qu’une survivance du passé ou le signe d’une arriération que la société va doucement modifier par le dialogue et l’intégration. C’est un état de fait que les classes dominantes utilisent pour diviser ceux qu’elles dominent et exploitent.

Le racisme, le sexisme, l’homophobie et toutes les formes de discrimination servent entre autres à organiser la division des tâches dans le capitalisme, à assurer le pouvoir de groupes minoritaires sur des catégories de personnes parfois majoritaires, comme les femmes, en en faisant des minorités, en leur refusant leurs droits, et en leur assignant des rôles imposés. La lutte pour la démocratie et l’égalité est donc inséparable de la critique en acte de la société capitaliste. Nous pensons que ce système d’exploitation et de domination s’appuie aussi sur le refus du mariage pour tous, et sur celui du droit de vote pour les « étrangers » non-européens aux élections locales. Diviser, distinguer de prétendus privilégiés et des parias parmi les êtres humains est une façon pour ce système d’affirmer la légitimité de son pouvoir. Ce n’est évidemment pas la seule, mais c’est ici et aujourd’hui la forme que prend cette poussée réactionnaire.

 Face à ce déni d’égalité, le PS au pouvoir se retrouve le cul entre deux chaises, tiraillé entre la tentation de céder à une droite revigorée qui surfe sur la mobilisation des pires ennemis de la liberté et de l’égalité, et les promesses électorales qui lui ont permis d’accéder au pouvoir pour la première fois depuis dix ans. Nous devons forcer le PS à tenir ces promesses-là, non pas pour ensuite lui décerner un brevet de bonne conduite, mais justement pour apprendre collectivement à ne plus croire une demi-seconde en lui. Nous devons obtenir le mariage pour tous et le vote des « étrangers » parce qu’en nous mobilisant pour les atteindre, en nous réunissant à la base pour discuter des buts et des moyens — et pas seulement en nous rendant à des manifestations encadrées par diverses bureaucraties politiques et syndicales —, nous ferons de la politique à la base, nous lutterons contre le capitalisme, pour l’égalité et la démocratie.

Tract diffusé à la manifestation du 16 décembre à Paris.

Le reniement, c’est maintenant !

Nicolas Sarkozy a gagné l’élection présidentielle. Du moins son programme économique d’austérité, dont l’élément central était une augmentation de la TVA. En effet, le gouvernement actuel vient d’annoncer une future augmentation de cet impôt particulièrement injuste sur presque tous les produits et services, comme l’avait voulu l’UMP. La plupart des prix augmenteront (et la baisse très limitée du taux 5,5 % à 5 % ne produira aucun effet sur les prix) alors que les salaires stagnent depuis des années et que ceux qui perdent leur emploi perdent également du revenu. Prenons un exemple concret d’augmentation : les places de cinéma étaient taxées à 5,5 % il y a un an, le sont à 7 % actuellement, et le seraient à 10 % en 2014, soit un quasi-doublement.

Cette mesure anti-sociale a pour but de permettre un nouveau cadeau fiscal de 20 milliards d’euros aux patrons et actionnaires, au nom de la « compétitivité ». Au-delà du fait qu’il s’agit d’un scandaleux transfert de richesses du plus grand nombre vers la classe capitaliste, le monde actuel aurait plus besoin de coopération que de compétition.

Il n’aura pas fallu six mois au pouvoir Hollande/Ayrault pour revenir sur ses engagements électoraux. Avec ce projet, ce gouvernement adopterait une politique économique clairement de droite, puisqu’elle s’accompagnerait de la réduction de la « dépense publique », c’est-à-dire l’école, les hôpitaux, la Poste, la recherche, etc. Si rien n’est fait pour contrer cette politique, les mois et les années qui viennent s’annoncent sombres pour les travailleurs, les chômeurs, les précaires et les jeunes.

Nous pouvons nous mobiliser collectivement pour empêcher cette hausse de la TVA. Plus largement, l’indispensable mobilisation contre l’austérité ne pourra faire reculer le gouvernement que si elle se fait à la base, quartier par quartier, entreprise par entreprise, établissement par établissement, dans des comités autonomes réunissant ceux qui sont organisés dans un syndicat ou un parti et ceux, immensément plus nombreux, qui ne le sont pas. C’est au sein de tels comités que doivent se discuter les moyens de répondre aux attaques du gouvernement, en liaison avec les mêmes comités de base qui se créent en Espagne, en Italie et ailleurs, car c’est par la construction d’un véritable mouvement social au moins européen, démocratique et unitaire dans la diversité, que nous pourrons lutter concrètement et efficacement contre les politiques d’austérité dès maintenant, et inventer ensemble un autre futur que le capitalisme et ses crises.

Tract format A5, diffusé par Critique Sociale en novembre 2012.

Solidarité avec les mineurs en lutte en Afrique du Sud, à bas la répression meurtrière !

Ce que nous rappelle la nouvelle horrible de la mort de trente-quatre mineurs en grève en Afrique du Sud, tombés sous les balles de la police, c’est d’abord que le capitalisme est un système meurtrier, qui peut s’appuyer sur la violence la plus brutale si besoin est. Y compris dans un cadre dit « démocratique ». L’Afrique du Sud est depuis les années 90 un État dirigé par l’ANC, le mouvement qui s’était imposé comme principale force de lutte contre l’Apartheid, le système de ségrégation raciale qui avait été mis en place dans les années 50, et qui privait de tout droit la majorité noire de la population. Victorieux électoralement à partir de 1994, l’ANC gouverne l’Afrique du Sud depuis que le droit de vote a été élargi à l’ensemble de la population.

Ce que l’histoire récente de l’Afrique du Sud nous montre, c’est que les partis qui se réclament des travailleurs sont la plupart du temps des bureaucraties avides de pouvoir. L’ANC n’a pratiquement rien changé à la situation misérable de la majorité noire de la population en presque vingt ans, comme on peut le voir dans les images terribles des hostels où vivent les mineurs de Marikana, loin de leurs familles. Les cadres de l’ANC, noirs, métis ou blancs, ont été intégrés dans le système capitaliste Sud-Africain et forment désormais une nouvelle élite, qui vit dans les mêmes quartiers, envoie ses enfants dans les mêmes écoles que l’ancienne élite blanche, et roule dans les mêmes BMW, comme on peut le voir dans les reportages du photographe Martin Parr. C’est la seule différence réelle entre avant et après la fin de l’Apartheid : certains politiciens noirs ou métis, leur familles et leurs amis sont devenus des bourgeois comme les autres, et dirigent les entreprises et les institutions d’un pays extrêmement riche en matières premières et rares. Les pauvres sont restés pauvres, et même si leur situation est enviable comparée à celles des populations des pays de la région, elle reste misérable, une bonne partie des Sud-Africains n’ayant par exemple pas l’eau courante à la maison. Les mineurs en grève de Marikana se sont mis en lutte pour des augmentations de salaires, au moment où la société qui les emploie annonce des profits records. Le massacre du 16 août, loin de les faire reculer, a au contraire étendu le mouvement à d’autres sites. S’il fallait une preuve du fait que presque rien n’a changé en Afrique du Sud depuis l’arrivée au pouvoir de l’ANC, signalons simplement que les mineurs survivants de la fusillade ont tous été arrêtés et détenus plusieurs semaines au nom d’une loi de 1956 (doctrine dite de common purpose) qui permet d’arrêter toute personne se trouvant sur les lieux d’une confrontation avec la police et de l’accuser de tous les méfaits commis. En bref, ceux qui n’ont pas été massacrés ont été accusés d’avoir tué leurs camarades abattus par les policiers grâce à une « loi » datant de l’Apartheid, que l’ANC n’a jamais abrogée.

La lutte contre l’ignoble régime de l’Apartheid a été menée par un parti, l’ANC, qui a pris soin d’avaler ou de détruire tout mouvement dissident, comme par exemple le PAC (Pan African Congress, qui n’était guère différent). La figure héroïque de Nelson Mandela ne doit pas cacher que l’ANC est, et demeure un parti séparé des masses, qui a forgé dans la lutte clandestine une hiérarchie de pouvoir, un appareil, qui ne demandait qu’à remplacer l’État de l’Apartheid, un peu comme le FLN algérien s’est assis dans les fauteuils des colons. Il a en fait été intégré à cet État alors même que l’Apartheid était défait. L’ancienne élite blanche a avalé la nouvelle élite noire et métisse, pour ne plus laisser qu’une seule et même élite « arc-en-ciel » dans laquelle on ne peut plus trop dire qui est qui, comme entre les cochons et les humains à la fin de la Ferme des animaux de George Orwell.

Ce que montre donc le massacre de Marikana, c’est que les problèmes en Afrique du Sud comme ailleurs sont bien des rapports entre des classes, et non des affaires de couleur de peau. Parmi les policiers du gouvernement « démocratique » de l’ANC qui ont tiré sur les grévistes devant les caméras du monde entier, il y avait des noirs et des blancs, comme par ailleurs à l’époque de l’Apartheid. Et une partie des travailleurs pauvres du pays sont des blancs, souvent néerlandophones, comme les habitants du quartier délabré des musiciens de Die Antwoord. En Afrique du Sud comme ailleurs, les travailleurs sont des gens qui viennent d’un peu partout, qui font face à des capitalistes qui sont tout aussi « arc-en-ciel » qu’eux, qu’ils le veuillent ou non ! Il n’y a pas de voie politique « raciale », « nationale » ou « religieuse » pour les travailleurs, qui n’ont pas de patrie, de chapelle ou de couleur, à part celle du drapeau rouge de la révolution.

Il est temps pour les travailleurs du sud de l’Afrique de s’unir dans des mouvements autonomes, à la base, indépendants des bureaucraties syndicales et politiques qui ont dominé la longue période de décolonisation. Ces mouvements nouveaux devront affirmer la centralité des questions sociales, parce que la lutte pour la démocratie est aussi la lutte pour l’égalité réelle, et non seulement formelle : le vieux slogan « One man, one vote » n’aura de réalité que par la transformation de la société, par le contrôle effectif de la population sur la production et la répartition des richesses, sur la construction de logements décents, l’accès à l’éducation et à la santé pour tous, dans ces pays ravagés par l’épidémie de sida. Et c’est bien une transformation qui dépasse les cadres « nationaux » hérités de l’époque où la région était divisée en colonies des différentes puissances européennes, car nombre de mineurs de Marikana sont issus d’autres pays du sud de l’Afrique comme le Mozambique. Comme pour les « révolutions arabes », tout reste à faire, car pour l’instant la situation est dominée par des partis-États dont le rôle est de gérer plus ou moins de la même façon l’exploitation des hommes et de la terre. Le droit de vote n’est une avancée que s’il permet de se libérer du joug des capitalistes, fussent-ils « arc-en-ciel ». Et cela ne pourra être l’œuvre que des travailleurs eux-mêmes, et non de partis qui se réclament d’eux pour ensuite envoyer leur police « démocratique » tirer sur les manifestations de grévistes.

Tract diffusé par Critique Sociale le 8 septembre près de l’ambassade d’Afrique du Sud

Qu’est-ce que la journée du 1er mai ?

Le 1er mai est une journée mondiale de manifestation des travailleurs, depuis une grève victorieuse pour la réduction du temps de travail aux États-Unis en 1886. La fête internationale des travailleurs du 1er mai a donc été créée par les travailleurs eux-mêmes, et c’est depuis dans le monde entier un jour de mobilisation sociale contre l’exploitation et contre l’oppression, et pour la solidarité internationale.

 

Depuis des décennies, des ennemis des travailleurs tentent de parasiter cette journée de lutte unitaire. En pleine campagne pour le deuxième tour de l’élection présidentielle, alors que le président sortant a un bilan catastrophique du point de vue des travailleurs, des chômeurs, des jeunes et de leurs conditions de vie, il essaie de garder sa place en agitant le racisme pour tenter de nous diviser artificiellement. Nous ne pouvons pas rester silencieux devant cette dérive. Et nous ne pouvons pas non plus laisser le président des riches prétendre parler au nom des travailleurs !

Sous Sarkozy, l’État a été pendant 5 ans le premier destructeur d’emplois en France, les inégalités se sont accrues, le chômage a augmenté, les salaires sont restés en berne, le droit à la retraite à 60 ans a été supprimé.

Si l’élection de Hollande ne serait pas une vraie victoire pour les salariés, une réélection de Sarkozy serait une vraie défaite, et ouvrirait une période de régression sociale encore plus grave que ces 5 dernières années. Nous pensons qu’il faut ce Premier mai participer à la manifestation organisée pour défendre les intérêts de l’immense majorité de la population : pour la hausse des salaires, pour les services publics, pour la réduction du temps de travail, contre l’austérité, contre la précarité, contre la xénophobie.

Quel que soit le résultat de l’élection, la mobilisation sociale sera notre seule option efficace pour défendre nos intérêts, ici comme ailleurs. Cette mobilisation ne pourra être efficace que si elle est internationale, c’est pourquoi nous sommes pour un mouvement social au moins européen face à l’offensive globale contre les travailleurs et la protection sociale.

Cette mobilisation doit partir de la base, dans nos entreprises, nos quartiers. Les initiatives locales comptent beaucoup dans le succès d’une manifestation comme le 1er mai. Ce défilé est un moment de pluralité et d’unité, l’occasion de nous rassembler et de nous mobiliser ensemble.

Participons à la manifestation le 1er mai, à Paris : 15h place Denfert-Rochereau.

Lire aussi : Quelles sont les origines du 1er mai ?, article de Rosa Luxemburg.

Et si on essayait plutôt la démocratie ?

 

La société actuelle souffre d’un immense déficit de démocratie. Les institutions ne sont pas véritablement démocratiques, et les décisions sont prises par des « représentants » professionnels qui sont coupés des classes populaires.

L’existence même du poste de « président » est un non-sens démocratique, qui crée quasiment une monarchie constitutionnelle à durée déterminée.

Nous ne devons pas perdre de vue les véritables enjeux politiques. Les hausses de salaire et les améliorations des conditions de travail et de vie ne s’obtiennent que quand les travailleurs sont forts, parce qu’unis. Les ennemis des travailleurs sont donc tous ceux qui veulent nous diviser et nous affaiblir : en premier lieu le patronat, la droite et l’extrême-droite.

L’élection de Hollande ne serait pas une victoire pour les travailleurs, mais une réélection de Sarkozy serait une vraie défaite : ce serait le feu vert à de nouvelles régressions pour les salariés, les chômeurs et les précaires, et à de nouveaux cadeaux pour la classe privilégiée. Le président sortant, qui avait promis d’être le « président de la hausse du pouvoir d’achat », a en fait été depuis 5 ans le président de la hausse du chômage et des inégalités. Finissons-en avec cet ennemi des travailleurs, et mettons fin à cette étouffante atmosphère de xénophobie. Il faut mettre un coup d’arrêt à cette politique qui nie les principes d’égalité et de solidarité, et qui divise les travailleurs de façon artificielle.

Mais plus largement, avant comme après l’élection présidentielle, et quel que soit l’élu, le plus important reste l’exercice de notre esprit critique, et la lutte pour des avancées sociales – et contre les reculs que l’on tente de nous imposer.

Pour en finir avec la société inégalitaire et aliénante dans laquelle nous vivons, nous pouvons inventer un monde solidaire et débarrassé de l’exploitation capitaliste. Cela sera possible en prenant en main nos propres affaires, en agissant par une véritable démocratie créée par tous à la base, dans nos quartiers, sur nos lieux de travail, hors des partis et des institutions qui nous gouvernent et nous dominent.

Débattons, unissons-nous, mobilisons-nous : c’est le seul moyen d’éviter des lendemains qui déchantent.

Pas de lutte contre l’austérité possible sans mouvement social européen

Alors que la crise actuelle montre clairement que les mesures qui frappent les travailleurs, les précaires, les chômeurs et les jeunes sont les conséquences de la même politique d’austérité déclinée dans chaque pays ;

Alors que chaque mois qui passe montre que tous les gouvernements de droite comme de « gauche » font tout pour satisfaire les marchés financiers et la classe capitaliste en pressurant les populations à coups de reculs sociaux, de nouveaux impôts injustes et de baisses des salaires déjà bloqués depuis des années ;

Désormais l’évidence crève les yeux : les gouvernements, les présidents et autres ministres sont tous embrigadés dans une même politique antisociale européenne, et la seule solution crédible est une alliance internationale des travailleurs. Il n’y a pas de possibilité de changement radical, de renversement de tendance, de révolution sociale, ou quelque autre nom qu’on veuille bien lui donner, à l’intérieur des frontières hexagonales.

Une fois cela établi, force est de constater qu’aucune force politique ou syndicale se réclamant des travailleurs ne s’est efforcée depuis le début de cette crise de donner corps à un tel mouvement social européen. Et ce n’est pas cette vraie-fausse « Journée d’action européenne » qui va changer le cours de la gestion strictement nationale des bureaucraties politiques et syndicales en place. C’est tout l’inverse : c’est pour qu’il n’y ait pas de mouvement social autonome, à la base, entre des travailleurs de divers pays ayant discuté les points communs à mettre en avant, c’est pour ainsi dire contre cela que cette journée d’action a été organisée par les directions syndicales.

La preuve ? Qui dans cette mobilisation a été convoqué à une assemblée générale ? Qui a entendu parler concrètement des mobilisations dans les autres pays européens ? Qui a entendu citer par exemple le nom d’un seul syndicat belge francophone, et là pourtant il n’y pas de barrière de langue ? Aucune bureaucratie syndicale n’a même essayé de faire semblant de faire un peu d’agitation ou d’information sur cette journée qui restera une nouvelle occasion manquée.

Nous n’avons pas de recettes toutes prêtes pour un véritable mouvement social européen, mais nous pouvons pointer dans la situation actuelle ce qui ne le rendra pas possible, voire ce qui le rend impossible : l’absence de discussion à la base, entreprise par entreprise, établissement par établissement, autour de thématiques ouvertement internationales, sur les salaires, les systèmes de protection sociale et les services publics.

À l’heure de l’Internet et des traducteurs automatiques, tant que chacun n’aura pas été mis en contact avec des travailleurs d’autres pays d’Europe, tant que l’on continuera d’assister à ces mobilisations télécommandées dont quasiment personne n’a entendu parler, la situation concrète de chacun, dans chaque pays, continuera de s’effondrer doucement.

Les patrons nous exploitent quel que soit leur « pays », la lutte sans frontière des travailleurs est donc indispensable. Construire le mouvement social européen est l’urgence de l’heure.

Ce texte a été diffusé en tract dans la manifestation du 29 février à Paris, qui a rassemblé plus de 10.000 manifestants.

Tract contre le plan de rigueur de novembre 2011

Rigueur : les riches vous remercient !

Avec le nouveau plan de rigueur annoncé par le gouvernement, les plus pauvres vont payer pour combler les déficits qui profitent aux riches. Des milliards d’euros vont être prélevés à travers une hausse de la TVA (dont le taux dit réduit passe de 5,5% à 7%), ce qui va se traduire par l’augmentation de nombreux prix : titres de transport, médicaments non-remboursables, certains services, ou encore le prix des livres et du cinéma.

 

La TVA est l’impôt le plus injuste qui soit ; c’est donc tout naturellement la plus importante source de recettes de l’État. L’essentiel du budget de la collectivité est fourni par la TVA, et donc majoritairement par les moins riches. Pour rembourser les intérêts d’une dette creusée entre autres par la réduction des impôts des riches, l’État va se servir dans les poches des classes populaires.

À votre avis, combien de livres à 10 euros faudra-t-il taxer à 7% pour payer sa ristourne annuelle de 30 millions d’euros à la milliardaire Liliane Bettencourt (qui n’a jamais travaillé de sa vie) ? Plus de 42 millions de livres ! (rappelons que le bouclier fiscal, dont la suppression a été annoncée, s’appliquera en fait encore en 2012)

Et pour payer les 1,8 milliards d’euros de cadeau fait cette année aux plus riches par la baisse de l’ISF (impôt sur la fortune) ? Il faudrait taxer plus de 2,5 milliards de places de cinéma !

Depuis la fin des années 80, la France comme les autres États a commencé à prélever moins d’impôt sur le revenu des riches, et plus sur l’ensemble de la population. Ces dernières années ce processus s’est accéléré avec les gouvernements Sarkozy-Fillon, et le plan de rigueur est comme une sorte de bouquet final du quinquennat : après avoir mis en place des mesures fiscales qui profitent aux plus riches pour un coût annuel d’une dizaine de milliards d’euros, voilà qu’ils les récupèrent en augmentant la TVA.

Le gouvernement nous oblige donc à payer les cadeaux qu’il fait aux riches. Cette situation est inacceptable, et même absurde. Nous pensons que la réponse démocratique aux plans de rigueur devra trouver de nouvelles formes de mobilisation et d’action pour se faire entendre. Sans attendre mai 2012, il est possible d’empêcher ces mesures injustes, par exemple en rejoignant les mouvements qui se créent partout dans le monde : les « indignés », les occupants de Wall Street…

Il n’y a pas de fatalité à ce que les capitalistes nous fassent payer leur crise.