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Écrit par critiquesociale
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Mercredi, 05 Mai 2010 18:21 |
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Saignées sociales
Il y a quelques siècles, les « médecins » prescrivaient aux malades des saignées : on les vidait d'une partie de leur sang, prétendument pour les guérir. Évidemment, ce traitement absurde échouait fréquemment. Mais, devant l'aggravation de l'état des malades, les médecins avaient alors une réponse toute prête : il fallait saigner encore plus. De nos jours, ces médecins saigneurs ont été remplacés par les économistes. Depuis plus de 25 ans, c'est la saignée sociale : privatisations, attaques contre les acquis sociaux, allongement de la durée de cotisation pour avoir droit à la retraite, etc. Les résultats de ces politiques sont connus de tous : la crise du capitalisme depuis deux ans, un chômage de masse qui s'est établi dans la durée, la hausse des dettes publiques, etc. Et maintenant, comment se remettre de l'effet désastreux de ces saignées sociales ? La réponse est toute trouvée : par de nouvelles saignées sociales. Ainsi, les travailleurs de Grèce, qui n'y sont pour rien, devraient nous dit-on subir une saignée sociale pour le bien du reste de la zone euro. On a vu ces jours-ci, au passage, ce qu'il en est de l'Union Européenne, structure où les États gardent le rôle décisionnel et où les égoïsmes nationaux sont omniprésents. Quoi qu'il en soit, ces travailleurs n'entendent pas se laisser saigner, comme le montre le caractère massif de la journée générale de grève du 5 mai 2010. La lutte est en effet indispensable, car le programme capitaliste d'aujourd'hui est clair : il s'agit de s'attaquer aux îlots de solidarité que les luttes sociales ont permis de créer au sein et à l'encontre du capitalisme. Certains croient que c'est ainsi qu'ils vont restaurer la « prospérité capitaliste », c'est-à-dire en fait restaurer les profits des privilégiés. Mais en réalité, il n'y aura pas de solution pérenne à la crise tant que l'on restera dans le carcan du mode de production capitaliste. En France, les élections régionales de mars 2010 ont été marquées par un résultat historiquement bas pour la droite – signe du rejet de la politique du gouvernement actuel – ainsi que par une importante abstention. Des manifestations et mobilisations diverses, et dispersées, sont menées. Elles restent malheureusement insuffisantes pour inverser le rapport de forces entre classes sociales, qui est actuellement très défavorable aux travailleurs. Tout en poursuivant, entre autres, sa politique irresponsable de suppression de postes dans les services publics, le gouvernement UMP a annoncé la prochaine saignée : la « réforme des retraites ». Il s'agit maintenant pour les travailleurs de refuser ce recul sur les retraites, qui est une nouvelle attaque contre leurs droits. Lutter efficacement contre le patronat, les gouvernements et le mode de production capitaliste ne pourra se faire que de façon unitaire, par-delà les frontières, par une mobilisation globale des travailleurs, chômeurs, et retraités, par la construction collective d'une grève générale.
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Mis à jour ( Jeudi, 06 Mai 2010 19:30 )
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Écrit par critiquesociale
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Samedi, 30 Janvier 2010 15:33 |
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Déni dans la crise Parmi les dégâts humains provoqués par la crise du capitalisme, il y a ce bilan tragique : plus d'un milliard d'êtres humains sont aujourd'hui sous-alimentés, un chiffre en augmentation du fait de cette crise. Cela n'empêche pas certains de pavoiser en affirmant que la crise serait finie, ou que le pire serait passé, etc. D'ailleurs c'est exact pour une petite minorité privilégiée, qui a repris les « affaires » comme avant – grâce notamment à l'aide sans contrepartie des trésors publics. Cette attitude traduit un déni des répercussions sociales de la crise qui non seulement persistent, mais même continuent à s'aggraver. Or l'essentiel est bel et bien là, dans l'impact effectif de la crise sur l'existence vécue des êtres humains. Il n'y a d'ailleurs pas que le déni de certaines des conséquences de la crise, mais aussi le déni des causes mêmes de cette crise. Cela consiste par exemple à prétendre que seul serait en cause le marché immobilier aux Etats-Unis, ou la politique de la Banque centrale américaine (FED) en matière de taux d'intérêt. Sarkozy, entre autres, a naturellement fait le coup, en parlant d'une « crise venue des Etats-Unis ». On escamote ainsi l'origine systémique de la crise, on évacue la responsabilité du mode de production capitaliste, on prétend que les problèmes viennent de l'étranger, et le tour est joué. Cette attitude est caractéristique de ceux qui ne veulent pas d'un débat de fond, les antagonismes entre classes sociales – particulièrement révélés par la situation de crise – doivent pour eux rester dans l'impensé du débat public. Plutôt que de devoir prendre en compte le constat de l'existence au sein du système capitaliste mondial de groupes sociaux ayant des intérêts opposés, ils jouent la diversion avec le discours fallacieux sur « la crise venue de l'étranger »... Sarkozy ajoute également le déni du fait que les paradis fiscaux existent toujours – et, pour ne prendre que cet exemple, du fait que les banques françaises y ont toujours des filiales. Toutes ces réactions de déni couvrent le mot d'ordre : « il faut sauver le soldat capitalisme » – quitte à mentir, visiblement. Car tous ces dénis des causes de la crise reviendraient à dire que ce n'est pas la voiture qui nous fait avancer, ni même son moteur, mais uniquement le fait qu'on ait actionné la clé dans le contact. Le déclic n'est pas responsable de tout : c'est aussi et surtout le système ainsi enclenché, lequel a – entre autres – créé des dizaines de millions de nouveaux chômeurs partout dans le monde. Dans l'Union Européenne, on est passé de 16 millions de chômeurs déclarés début 2008, à 23 millions deux ans plus tard. Aux Etats-Unis, le taux de chômage a plus que doublé entre 2007 et fin 2009, passant de 4,6 % à 10 %. Dans le monde, le nombre de chômeurs a atteint « 212 millions en 2009, en raison d’une hausse sans précédent de 34 millions par rapport à 2007 ». Le chômage ne pourra jamais être durablement éradiqué sous une économie capitaliste. Néanmoins il n'y a pas de fatalité à ce qu'il soit très élevé, y compris en période de crise – même actuellement de rares Etats comme la Norvège maintiennent un taux de chômage assez bas. Un exemple de mesure transitoire ayant un effet réel mais limité, car restant dans le cadre du capitalisme, serait une réduction importante du temps de travail, avec embauches en proportion, sans blocage des salaires ni « flexibilité » (qui s'exerce au bénéfice du patronat et au détriment de l'emploi). Mais tout en réduisant le chômage, cette mesure s'opposerait aux intérêts immédiats de la classe capitaliste ; elle n'est donc pas appliquée malgré un chômage endémique en forte hausse. Il n'y a pas de fatalité, non plus, au fait de laisser sans ressources de nombreux chômeurs en fin de droits, alors que le problème est parfaitement connu : il s'agit d'un choix politique. De même concernant la doctrine de la droite du « non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux », qui est appliquée au mépris des besoins réels de services publics, et qui fait de l'Etat le premier destructeur d'emplois en france. Il est clair que Sarkozy mène une politique de conservation et d'aggravation des inégalités sociales. Dans un autre domaine, on voit le déni s'exercer d'une autre façon : l'écologie. Le discours dominant nous dit que les gouvernements, voire les entreprises, agissent pour sauvegarder l'environnement. En réalité on est loin du compte, le discours médiatique ne s'accompagnant que de quelques mesures symboliques sans rapport avec les enjeux. Plus largement, limiter les problèmes écologiques au seul réchauffement climatique, cela permet d'évacuer des sujets essentiels : le nécessaire remplacement du mode de production destructeur qu'est le capitalisme, le danger nucléaire, la quantité d'énergie consommée et gaspillée (et pas seulement son origine), etc. On a beaucoup parlé de l'échec de la conférence sur le climat tenue à Copenhague en décembre 2009. C'est en effet un échec du point de vue qui est le notre. Mais du point de vue de la réalisation du maximum de profits à court terme pour une minorité de capitalistes, la conclusion de cette conférence ne serait-elle pas plutôt une victoire ? Une écologie politique qui se voile la face sur l'importance fondamentale du mode de production capitaliste, sur la limitation des politiques publiques possibles dans le cadre de ce mode de production, se condamne tôt ou tard à l'inefficacité. Sur ce sujet aussi, tout dépend de quelle classe sociale on examine les intérêts – le déni observé ici consistant à faire comme si ces différentes classes sociales n'existaient pas, et donc comme si leurs intérêts antagonistes n'existaient pas non plus. En pratique, cette conclusion de Copenhague a été un déni de la possibilité d'agir au niveau mondial pour enrayer la crise écologique. Mais cette conclusion est soutenue par un autre déni, au niveau de l'analyse : le déni de l'existence d'intérêts sociaux divergents, en tout cas à court et moyen termes. Au niveau mondial on observe actuellement plutôt un repli, la recherche (inconsciente ou non) de boucs-émissaires. En période de crise grave, s'il n'y pas de lutte offensive et unitaire des salariés unis en tant que classe, la défaite « sans combat » conduit au repli. On en voit malheureusement des manifestations diverses, comme la xénophobie, le détournement de l'attention des questions sociales vers des débats artificiels et réactionnaires, etc. La colère est détournée pour qu'elle se dirige non contre les causes des problèmes, mais contre des victimes de ces problèmes. C'est diviser les victimes pour mieux régner. Au contraire de cette logique néfaste pour l'immense majorité (mais utile pour la classe privilégiée), il ne pourra y avoir de solution réelle que par l'unité mondiale pour en finir avec le mode de production capitaliste et le règne du système du travail contraint. |
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Mis à jour ( Lundi, 01 Février 2010 14:29 )
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Écrit par critiquesociale
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Mardi, 26 Janvier 2010 14:10 |
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Après les élections au Chili Le 17 janvier 2010 Sebastian Piñera a remporté l'élection présidentielle au Chili, avec 51,6 % des suffrages exprimés contre 48,4 % pour Eduardo Frei. Piñera représentait la coalition de droite, Frei représentant la démocratie-chrétienne (centriste) et la Concertation des partis pour la démocratie, coalition de centre-gauche au pouvoir depuis 20 ans qui rassemble le Parti socialiste, les démocrates-chrétiens, et deux petits partis de centre-gauche. La présidente sortante Michelle Bachelet, du Parti socialiste et de la Concertation pour la démocratie, ne pouvait pas se représenter : la constitution chilienne empêche deux mandats présidentiels successifs. Avec une popularité record, Bachelet est actuellement perçue comme devant être à nouveau présidente lors de la prochaine élection, en 2014. Le PS chilien a ainsi voulu laisser la présidence à ses partenaires démocrates-chrétiens entre deux mandats de Bachelet. Signe du conservatisme des démocrates-chrétiens, le candidat choisi pour la Concertation a ainsi été Eduardo Frei, qui a été président dans les années 90 sans laisser un bon souvenir, et semble être la caricature du manque de renouvellement au sein de la coalition au pouvoir. En bref, tout s'est passé comme si la Concertation, ne pouvant présenter sa présidente sortante, avait tout fait pour perdre cette élection présidentielle. L'homme d'affaires – c'est-à-dire le spéculateur – Sebastian Piñera, surnommé le « Berlusconi chilien », sera donc président du Chili de mars 2010 à mars 2014. Il a profité pendant la période de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990) de la surexploitation des travailleurs permise par la politique de la dictature, pour s'enrichir jusqu'à devenir l'un des hommes les plus riches du pays. Il est aujourd'hui milliardaire, et se présente comme de centre-droit tout en intégrant dans sa coalition l'UDI, le parti « héritier » de la dictature d'extrême-droite dirigée par Augusto Pinochet. Le troisième candidat du premier tour, Marco Enriquez, est un député dissident du Parti socialiste, jeune par rapport aux autres candidats (il a 36 ans alors que les 3 autres candidats ont tous plus de 60 ans). Son père est l'un des milliers de morts de la dictature, mais son programme ne présentait pas de grands changements, si ce n'est dans l'apparence médiatique. Il a obtenu 20,1 % des voix au premier tour. Le dernier candidat, Jorge Arrate, autre dissident socialiste, a obtenu 6,2 % des voix, puis a appelé à voter pour Frei au second tour, en échange de la promesse de ce dernier d'élaborer s'il était élu une nouvelle constitution plus démocratique. Ces deux candidatures dissidentes sont un signe supplémentaire du fait que la Concertation pour la démocratie est essoufflée. Constituée en 1988 pendant la dictature Pinochet par la plupart des partis opposants, elle avait un sens à cette époque pour mettre fin à ce régime, et elle a effectivement gouverné le Chili depuis la fin de la dictature en 1990. Mais depuis, la structure sociale du Chili n'a que peu évolué fondamentalement. Après le coup d'Etat du 11 septembre 1973 qui avait violemment mis fin au gouvernement de Salvador Allende, les 17 années de dictature Pinochet avaient fait du Chili l'un des pays les plus inégalitaires au monde, avec un taux de pauvreté dramatique. Depuis 20 ans, la Concertation a certes considérablement réduit la pauvreté, mais les inégalités restent très importantes. Sur ce point comme sur d'autres, les plaies héritées de la dictature ne sont pas encore toutes refermées. Le gouvernement Bachelet n'a pas apporté de réponse réellement satisfaisante aux grèves étudiantes pour la démocratisation et l'amélioration du système éducatif, et a continué la répression contre la minorité mapuche. Si Michelle Bachelet redevient présidente en 2014, si c'est à nouveau dans le cadre inchangé de la Concertation, comment pourrait-elle accomplir alors ce qu'elle n'a pas pu faire au cours de son mandat 2006-2010 ? Citons par exemple la non-obtention du droit à l'avortement, qui a été repoussé au parlement, y compris par des députés de la Concertation. Le problème est donc dans la nature même de cette coalition sclérosée et conservatrice. Il y a eu un exemple similaire en france avec le Front populaire en 1936 : la présence des centristes dans cette coalition avait empêché les socialistes de la SFIO de faire voter une mesure aussi élémentaire que le droit de vote des femmes. Socialement, les principales avancées du Front populaire n'étaient pas dans son programme, mais ont été obtenues sous la pression de l'action spontanée des travailleurs, qui avaient déclenché une grève générale dans la durée (qui a abouti entre autres à l'obtention des premiers congés payés en france). C'est bien de là que peuvent venir des avancées concrètes, au Chili comme partout : de fortes mobilisations massives auto-organisées démocratiquement, et ambitieuses tant sur les revendications que sur les moyens d'actions. Le président élu Piñera est encore plus conservateur que la Concertation, et sa politique ne peut que faire empirer la situation des travailleurs. Parmi les mesures prévues à partir de sa prise de fonction en mars 2010, on compte le fait de faciliter les licenciements, de nouvelles privatisations, voire une offensive contre le salaire minimum. Il y a également un risque concernant les procédures judiciaires visant les tortionnaires de la dictature. Cette question des poursuites contre les criminels pinochetistes reste actuelle : par exemple, on a appris en 2009 qu'un des responsables de l'assassinat du chanteur Victor Jara en 1973 n'avait jamais été inquiété, et vivait tranquillement comme chef d'entreprise dans un quartier chic de Santiago... Piñera a fait au cours de la campagne du second tour une spectaculaire volte-face concernant les anciens cadres de la dictature. Début janvier, il avait affirmé qu'il n'y aurait pas d'anciens cadres de la dictature dans son gouvernement, ajoutant sur le ton de l'évidence : « mon gouvernement sera un gouvernement d'avenir ». Quelques jours plus tard, virage à 180 degrés : même d'anciens ministres de Pinochet pourraient en fait intégrer son gouvernement, tant qu'ils n'ont pas personnellement commis de crimes ; et comme les cadres politiques d'une dictature torturent rarement eux-mêmes... Néanmoins ces élections n'ont pas montré de vote d'adhésion, mais un vote par rejet. La courte victoire de Piñera est un résultat de l'usure des 20 ans de pouvoir de la Concertation. Le vote est théoriquement obligatoire au Chili, mais on voit se développer largement l'abstention, les votes blancs ou nuls, et surtout la non-inscription sur les listes électorales. Sur près de 17 millions d'habitants, dont au moins 12 millions susceptibles de voter, seuls 8 millions sont effectivement inscrits, et Piñera n'a recueilli au second tour que 3,5 millions de votes (soit seulement 200.000 votes d'avance sur Frei). De plus les élections législatives qui se sont déroulées en décembre 2009, en même temps que le premier tour des présidentielles, ont vu une légère avance en voix de la coalition de centre-gauche avec 2,9 millions de voix, contre 2,8 millions de voix pour la droite. Même si le mode de scrutin fait que le centre-gauche a obtenu un député de moins que la droite, cette dernière ne dispose pas d'une majorité, ni à l'Assemblée, ni au sénat. De plus ce résultat en voix est le signe du peu d'adhésion pour le programme de Piñera. Eduardo Frei n'a pas non plus obtenu 48,4 % pour lui-même, en réalité une partie très importante des suffrages qui se sont portés sur lui était un vote par dépit, pour empêcher la droite de gagner l'élection. La question de l'existence de la Concertation des partis pour la démocratie est posée. Elle pourrait se résoudre du fait de la nécessité pour Piñera d'avoir une majorité : s'il réussit à rallier tout ou partie des démocrates-chrétiens, ce serait sans doute la fin de la Concertation – reste à savoir si les partenaires ultra-conservateurs de Piñera accepteraient cette ouverture vers le centre. De l'autre côté, le PS désormais dans l'opposition s'affirme « ouvert » à ses dissidents – Enriquez et Arrate ont totalisé plus de 26 % au premier tour de la présidentielle. Il est possible qu'une nouvelle coalition se constitue à gauche, en intégrant des courants et petits partis plus récents, dont les écologistes et la gauche plus radicale. Quoi qu'il en soit, le résultat de cette élection laisse prévoir de nouvelles attaques sociales contre les classes populaires du Chili. La mémoire des victimes de la dictature est également compromise, il est à craindre que certains de leurs assassins et bourreaux puissent, de même que Pinochet, ne pas être jugés et condamnés. Cette impunité serait non seulement un déni de justice, mais aussi un grave frein à l'achèvement de la transition démocratique au Chili. Des ripostes importantes seront indispensables de la part des travailleurs, des jeunes, des femmes, pour empêcher les régressions, et aller de l'avant en obtenant enfin certains droits sociaux de base. Il y a un fort besoin de renouvellement, qui s'est exprimé en partie au travers des 20 % de vote pour Miguel Enriquez. Mais il serait illusoire d'attendre un réel renouvellement « d'en haut », que ce soit de Enriquez ou de n'importe quel autre individu. Ce qui est nécessaire, ce qui peut apporter une démocratie vivante et réelle, c'est l'action autonome et unitaire des travailleurs, des chômeurs, des précaires et des jeunes, contre le système économique et politique lui-même. |
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Écrit par critiquesociale
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Mercredi, 11 Novembre 2009 21:08 |
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Le capitalisme en crise, mais toujours debout La crise du capitalisme se poursuit, et ses conséquences sociales continuent à frapper les travailleurs du monde entier. Dans de nombreux pays le chômage s'accroît à un rythme rarement atteint, et touche fréquemment entre 10 % et 20 % de la « population active ». Selon les chiffres officiels il y avait en octobre 10,2 % de chômeurs aux Etats-Unis, et en moyenne sur les 27 pays de l'Union Européenne 9,2 % de chômeurs en septembre (contre 7,1 % en septembre 2008), dont 10 % en France et 19,3 % en Espagne. Et ce n'est là qu'un des aspects du tribut payé par la classe salariée : s'ajoutent les temps partiels subis, les blocages voire baisses des salaires, etc.
On célèbre actuellement le vingtième anniversaire de la destruction du mur de Berlin, qui a symbolisé l'échec puis la fin du système capitaliste d'Etat (malgré quelques résidus anachroniques) - « destruction du mur de Berlin », et non pas « chute », puisque le mur n'est pas tombé tout seul, mais bien au départ grâce à la lutte spontanée de la population berlinoise. Or la crise actuelle montre l'échec de la variante du capitalisme survivante et hégémonique, puisqu'il s'agit d'une crise provoquée par le système capitaliste lui-même et non par des éléments extérieurs : c'est une crise endogène, et non exogène. Mais on ne voit pas pour autant poindre la fin du capitalisme... justement parce que les luttes des travailleurs sont pour le moment trop limitées pour cela. Et de l'autre côté du mur de la société actuelle, il n'y a pas un autre système tout prêt : c'est une autre organisation sociale qui est à construire et inventer.
Il faut insister sur ce point : les dégâts sociaux causés par la crise économique et financière ont pour origine l'organisation économique, c'est-à-dire le fonctionnement capitaliste lui-même. C'est le mode de production régnant qui est responsable des reculs actuels, c'est donc ce système lui-même qui est à combattre – et ce d'autant plus que pendant ce temps les classes dirigeantes font tout pour le remettre en selle, afin de conserver leurs privilèges. Mais malgré cette crise, un regain de conscience concernant l'exploitation et l'aliénation produites par le capitalisme n'est, pour le moment en tout cas, pas visible. Cependant, un retour à la « normale » – ou, comme le disent certains capitalistes, une « nouvelle normalité » – ne semble pas devoir être pour demain. Et quoi qu'il en soit, une irruption sur le devant de la scène de « la classe la plus nombreuse » reste toujours possible. |
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