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Ni dieu, ni césar, ni Mélenchon PDF Imprimer Envoyer
Écrit par critiquesociale   
Dimanche, 22 Janvier 2012 22:35

Ni dieu, ni césar, ni Mélenchon

Les habits neufs d’un tribun démagogue


Force est de constater qu'il y a autour de Jean-Luc Mélenchon ce que l'on appelle aujourd'hui une « dynamique ». Ancien trotskiste (lambertiste) reconverti en sous-ministre PS du gouvernement capitaliste de Lionel Jospin, Mélenchon est aujourd'hui à la tête d'un « Front de gauche » qui réunit les décombres du PCF et son petit groupe personnel, le PG (sans compter quelques reliquats sociaux-démocrates, chevènementistes et maoïstes). Il hante les plateaux de télévision et les séquences consacrées aux « petites phrases du jour », bref, il est actif, et quel que soit son résultat final en avril prochain, nous pensons que cette « dynamique » est la preuve de l'actuelle absence généralisée de pratique et de vitalité démocratiques. Nous observons la réalité de cette mobilisation molle et impensée autour de ce personnage, et nous voudrions apporter ici quelques éléments à même de dessiller les yeux de ceux qui hésiteraient encore à rejoindre cette triste carmagnole électorale.


Chacun a le droit de se tromper, et il est toujours temps de commencer à réparer ses erreurs, mais il est tout de même intéressant de se pencher sur le passé lointain de Mélenchon. Celui-ci a débuté en politique au sein de l'OCI, comme Lionel Jospin, c'est-à-dire une des pires « sectes » politiques qui soient, qui pratique l'entrisme dans toutes sortes de bureaucraties syndicales et politiques. Comme Jospin, Mélenchon a peut-être rejoint le PS dans ce cadre-là. Attendre son heure, monter en grade, jouer les uns contre les autres, tracer sa route sinueuse pour atteindre le sommet d'un appareil : voilà l'essence du parcours de Mélenchon. C'est un bureaucrate pur sucre qui a fait carrière dans plusieurs organisations successives, de l'UNEF au PG en passant par l'OCI et le PS. Et il n'y a franchement rien d'héroïque là-dedans, dans cette époque mitterrandienne où les « lamberts » comme Jospin mettaient en musique les mensonges de « l'Union de la gauche », et qui marque la fin pitoyable de la période de luttes sociales des années 60 et 70. La trajectoire de Jean-Luc Mélenchon est comme un résumé de ces espoirs trahis : une gauche électoraliste a éteint les aspirations au changement de millions de gens engagés dans la transformation d'une des sociétés les plus rétrogrades d'Europe occidentale, en s'appuyant sur des techniciens du mensonge issus du léninisme le plus rance.


On dira que Jean-Luc Mélenchon n'est plus le même, qu'il a quitté le PS, mais... pour faire quoi ? Selon nous, la même chose, en plus petit cette fois. L'histoire revient souvent sous forme de farce. Depuis des mois, Mélenchon répète une phrase qui à nos yeux résume toute sa vision de la politique : « la révolution par le bulletin de vote ». De fait, sans dire que nous serions dans une période pré-révolutionnaire, il y a des mouvements sociaux, dispersés et limités par les bureaucraties politiques et syndicales institutionnelles, mais des mouvements tout de même, et le refus de la contre-réforme des retraites l'a bien montré. Pendant ce puissant mouvement de l'automne 2010, plutôt que de proposer la grève générale ou une construction de la lutte à la base, Mélenchon demandait à l'inverse... un référendum !

Dans ce contexte tendu, mais où les mouvements sont empêchés d'aller jusqu'au bout de leur logique ou de se rencontrer dans des espaces politiques démocratiques et ouverts, la démagogie de Mélenchon trouve sa place. Lors de son passage dans l'émission de France 2 Des paroles et des actes du jeudi 12 janvier 2012, Mélenchon s'en est donné à cœur joie dans son registre de démagogue populiste. L'ex-sénateur dans le texte :


« Pour moi qui suis républicain comme tous mes amis du Front de gauche, ça me crève le coeur de voir ça. [les gens] ne croient plus à rien. Ils rejettent tout le monde et moi je dis oui, ne vous trompez pas, mettez-leur des visages, des noms, les profiteurs, les riches, les importants. Chassons-les. Mais pas tout par dessus bord. La société organisée. La colère, oui, mais la colère ça doit avoir un débouché politique. [...] Quelqu'un qui appelle à la révolution par les urnes, vous appelez ça quelqu'un qui appelle à la guerre civile ? J'appelle à voter, avec mes camarades du FG, j'appelle pas à prendre des fusils, des bâtons et des pierres. Je dis "on va voter", on fait notre travail. [...]

Comment je vois l'action politique révolutionnaire ? J'assume le mot révolutionnaire. Les gens vont se mettre à s'emparer des problèmes pour les régler eux-mêmes. C'est le slogan de ma prochaine affiche : "Prenez le pouvoir". Nous on va le faire par les bulletins de vote, mais si le bulletin de vote ne suffit pas, vous vous débrouillerez avec la suite. »


Il est impressionnant de voir comment Mélenchon donne lui-même les outils pour démonter son discours. Il ne cherche même pas à masquer les contradictions criantes qui existent entre le slogan « prenez le pouvoir » et sa vision de la politique où un parti fait son travail en appelant à voter pour un candidat à l'élection présidentielle. S'emparer des problèmes et les régler soi-même est par définition l'inverse de l'acte de confier le soin à un beau parleur de les régler. Sa « société organisée », c'est celle où on évite la confrontation politique en offrant un débouché en papier à glisser dans une boîte en plastique transparent au désir de balancer par dessus bord le système que l'on ne veut plus subir. Et si le stratagème ne marche pas, Mélenchon abandonnera les dominants face à ceux qui voudront rompre radicalement avec le système qui assure leur domination. Il dit en termes très simples qu'il est là pour canaliser l'élan vers le changement et l'empêcher de tout renverser, et qu'il fuirait si cet élan devenait trop fort. Mélenchon explique lui-même qu'il est l'ultime rempart du capitalisme, et qu'une révolution le chasserait de la scène politique. Nous en étions persuadés, mais l'entendre le dire à des millions d'auditeurs a quelque chose de comique.


« Ce n'est pas rien quand on vous confie comme mission de marcher devant, de parler pour les autres. [...] Il faut que ceux à qui on confie la mission de marcher devant portent la belle parole de gauche, la parole tribunitienne, soient de bons drapeaux, pour ceux qui désespèrent. [...] Je donne à l'immense colère populaire un visage. [...] C'est moi le modéré dans la bande. [...] Je suis un parlementariste. »


Mélenchon se prend pour un tribun, il joue le rôle, connaît ses classiques et pense savoir scander les phrases. Mais il a surtout une fonction tribunitienne, il est là pour que ceux qui se perçoivent comme écrasés par le système actuel se sentent représentés. Mais lorsque l'on se fait représenter, c'est justement parce que l'on est absent. Ceux qui veulent un changement radical dans l'organisation de la société n'ont pas à se faire représenter par un tribun, ils doivent comme le dit ce polichinelle s'emparer des problèmes pour les régler eux-mêmes, et ne surtout pas rester dans leur coin en attendant d'aller un dimanche d'avril remettre leur pouvoir dans une boîte.

Mélenchon est l'allié de ceux qui veulent entretenir la confusion sur la démocratie en la réduisant au seul scrutin, semer la méfiance contre l'auto-organisation à la base, dans l'entreprise, le quartier ou l'école. Mélenchon retourne les mots d'ordre révolutionnaires contre eux-mêmes dans une spectaculaire galipette démagogique. Il joue pour ce faire sur toutes les peurs, sur celles des dominants bien sûr, mais aussi et surtout sur celles des dominés. Il a réussi jusqu'ici à capter un peu de la colère et de l'énergie dont il parle en lui disant ce qu'elle veut entendre, et aussi à la calmer en la mettant en garde contre elle-même. Homme de pouvoir, il a toujours voulu domestiquer la puissance sociale pour son propre compte et celui de ses maîtres, car il n'est qu'un fondé de pouvoir du capital, qui se pose comme ultime recours.

Ce personnage égocentrique, dont le discours et les actes ne coïncident pas – à l'instar d'un politicien « radical » de la Troisième République comme Daladier –, pense surtout au poste de ministre qu'il pourrait avoir dans un gouvernement de François Hollande. On a déjà connu de telles sagas personnelles lamentables, comme celle de Chevènement. Il faut pour les révolutionnaires dénoncer sans relâche l'imposture du tribun et ses mensonges. Alors oui, prenons le pouvoir : saisissons-nous de nos problèmes, élaborons collectivement nos luttes, construisons l'alternative à la base, et ne tombons pas dans le panneau des « hommes providentiels » auto-proclamés.

Mis à jour ( Dimanche, 22 Janvier 2012 22:38 )
 
En finir avec la société hiérarchique-capitaliste PDF Imprimer Envoyer
Écrit par critiquesociale   
Dimanche, 22 Janvier 2012 22:33

En finir avec la société hiérarchique-capitaliste


La crise économique et sociale que nous subissons depuis au moins 3 ans, provoque un surcroît de violence dans la société. Les rapports sociaux hiérarchiques du mode de production capitaliste sont déjà en eux-mêmes un facteur important de diffusion de violence dans les rapports humains.


Comme l'écrivait Karl Marx, le capital apparaît en « suant le sang et la boue par tous les pores. »1 Les tentatives de division de la population, menées en france par le gouvernement Sarkozy, entraînent discrimination et stigmatisation, qui peuvent à leur tour créer – au sein des « catégories » visées par le pouvoir – un repli identitaire en réaction. Le pouvoir mène donc une politique d'accroissement de la violence sociale, qui s'ajoute à la violence diffuse qui se crée mécaniquement suite à la crise, et qui est d'ailleurs inhérente aux rapports sociaux au sein du mode de production capitaliste.

Il est évident que les problèmes sociaux et environnementaux ne peuvent pas trouver de solution par la régression sociale, qui est pourtant actuellement pratiquée. Cette politique est menée dans l'intérêt exclusif des classes dominantes, et révèle les oppositions fondamentales qui existent entre les classes sociales dans la société actuelle.


Voir les pouvoirs de france et d'Allemagne baisser en 2011 les impôts des plus riches est un nouveau révélateur de l'essence du système dans lequel nous vivons. En effet, ce type de mesure au profit de la minorité privilégiée est de tous temps totalement injuste socialement, en plus d'être – accessoirement – inefficace économiquement. Mais de plus, prendre ce type de mesure très coûteuse pour l'Etat pendant une « crise de la dette publique », cela relèverait de la folie pure si l'on pensait que l'intérêt général était la motivation des gouvernants. En réalité, plus simplement, des individus comme Merkel et Sarkozy sont à la fois au service d'une seule classe sociale (que l'on peut pour résumer désigner comme étant la classe capitaliste), en plus d'être prisonniers de carcans idéologiques.

Par exemple, on pourrait s'étonner que les Etats ne s'unissent pas pour faire face aux autres acteurs financiers afin d'obtenir la restructuration de leurs dettes. Cela aurait pour eux l'avantage d'empêcher ou de limiter l'émergence dans la population de la véritable solution au problème de la dette des Etats : leur répudiation générale, autrement dit leur dénonciation et le refus unilatéral de rembourser. Le recours à la restructuration pourrait être aux yeux d'une classe capitaliste consciente de la situation et de ses propres intérêts à long terme, un moyen d'éviter le recours à cette solution radicale, et donc un moyen de conserver l'essentiel de ses privilèges.


Le bilan du quinquennat de Sarkozy qui s'achève, et plus largement de 10 ans de gouvernements de droite, est particulièrement accablant. Le chômage de masse s'est poursuivi, et connaît une nette aggravation depuis plus de 3 ans. Le droit à la retraite à 60 ans a été supprimé – ce qui a entre autres pour effet d'accroître le chômage, et de baisser le montant réel des pensions. On pourrait multiplier les exemples, en france comme ailleurs : le caractère nocif des politiques des différents gouvernements est en effet subi par les travailleurs du monde entier.


Cependant, l'issue n'est pas simplement de mener la politique inverse de celle de la droite. L'origine du problème n'est pas tel ou tel groupe d'individus, c'est la structure économico-politique dans son ensemble. La société hiérarchique-capitaliste est générée par le mode de production, et même s'il pourrait paraître plus simple de n'y apporter que des modifications, ce ne serait qu'un leurre. Changer un rouage ou un autre serait une mesure à courte vue qui ne résoudrait rien de façon durable. C'est l'ensemble de la « machine » qu'il faut remplacer par un tout autre fonctionnement. Pour notre part, il nous semble que l'alternative serait un mode de production socialiste autogéré, accompagné d'une démocratie sociale élaborée à la base, qui permettrait d'en finir avec la crise et ses causes.

 

 

1 Le Capital, chapitre 31, dans : Karl Marx, Œuvres tome I (Economie), Bibliothèque de la Pléiade, p. 1224.

 
Les inégalités sont en forte hausse depuis 2004 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par critiquesociale   
Dimanche, 22 Janvier 2012 19:50

Les inégalités sont en forte hausse depuis 2004


Une récente étude de l'INSEE confirme que les inégalités s'aggravent en france1. En 2010, les 5 % les plus riches possèdent 35 % des richesses globales de ce pays, quand les 50 % les moins riches n'en ont que 7 %. Donc, la moitié de la population possède en moyenne 50 fois moins que le vingtième le plus privilégié !


Les 10 % les plus privilégiés possèdent la moitié des richesses totales ; à l'opposé, les 10 % les plus modestes n'ont que 0,05 % du patrimoine : le dixième le plus riche possède donc mille fois plus (!) que le dixième le plus pauvre. Résultat majeur de cette étude, on apprend que l'inégalité entre ces deux tranches de la population s'est accrue de 30 % entre 2004 et 2010.


Ce sont les employés et les ouvriers – autrement dit la majorité des travailleurs salariés – qui possèdent le moins de richesses. Ce sont aussi les catégories sociales les plus nombreuses. Inégalités, pauvreté, c'est bien une société divisée en classes sociales qui est observée par cette enquête officielle – ce que l'étude se garde bien de dire... mais le constat est flagrant.

Cet accroissement alarmant des inégalités est le résultat concret des politiques mises en place, et depuis 2007-2008 des conséquences de la crise économique.

 

 

1 Institut national de la statistique et des études économiques, « Les inégalités de patrimoine s’accroissent entre 2004 et 2010 », Insee Première n° 1380, novembre 2011, sur www.insee.fr . Nous avons abordé dans un numéro précédent les inégalités dans le monde : « Les inégalités ne cessent de s’accroître », Critique Sociale n° 2, novembre 2008, p. 6.

 

Inégalités de patrimoine France

 

Mis à jour ( Dimanche, 22 Janvier 2012 22:11 )
 
Antisocialistes primaires ? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par critiquesociale   
Mercredi, 02 Novembre 2011 22:03

Antisocialistes primaires ?


Le processus des « primaires citoyennes » initié par le Parti dit socialiste et le PRG1 a été manifestement un succès : près de 3 millions de votants les 9 et 16 octobre. Remarquons au passage que voir des ministres UMP courir les plateaux télévisés en répétant – contre l'évidence – que ce serait un échec, nous rappelle le gouffre qu'il y a entre les déclarations de ce gouvernement et la réalité.

Quelles sont les causes de cette réussite ? Il y a d'abord le rejet du président actuel, rejet amplement mérité étant donné la politique désastreuse qu'il mène depuis plus de 4 ans, contre les travailleurs, contre les services publics, contre les acquis sociaux et les droits collectifs. Il y a ensuite un désir de donner son avis, de participer à l'élaboration d'un nouveau choix.

 

Primaires du PS 2011

 La déclaration qu'il fallait approuver pour voter aux primaires. L'égalité,valeur essentielle du socialisme, a visiblement été « oubliée ».


Pour notre part, étant pour le socialisme et la démocratie, nous regrettons d'une part qu'aucun des six candidats ne portait une orientation socialiste ; ils proposaient simplement des « aménagements » au capitalisme. D'autre part la démocratie ne peut pas s'incarner dans un individu, quel qu'il soit. Confier le pouvoir à une seule personne n'est pas un processus démocratique.


De la même façon, on nous a annoncé – avec l'élection de Jean-Pierre Bel le 1er octobre – que le sénat serait désormais présidé par un socialiste. Si c'était le cas, quelle revanche historique contre cette institution conservatrice ! On pense par exemple à la manifestation du 7 avril 1938, organisée contre le sénat par la Fédération socialiste dirigée par Marceau Pivert.

Le seul souci dans ce tableau c'est que le PS n'est, depuis longtemps, plus socialiste.

 

Nous subissons depuis plusieurs années une violente crise mondiale du capitalisme. L'alternative socialiste doit être mise à l'ordre du jour, et il est toujours lamentable de voir un parti qui usurpe le nom de « socialiste » continuer à s'inscrire dans le cadre du mode de production capitaliste. Il ne pourra pas y avoir de résolution de la crise dans le cadre des institutions actuelles, ni dans aucun cadre national : la solution ne pourra venir que d'une intervention directe des masses, comme le montrent les mouvements des « indignés » en Espagne, en Grèce, en Israël, aux Etats-Unis, etc. A la mondialisation capitaliste, doit succéder une mondialisation socialiste faite par et au bénéfice des travailleurs, des chômeurs et des jeunes. Sans internationalisme, il n'y a pas de socialisme.

Ni le socialisme ni la démocratie ne sont solubles dans une élection présidentielle. C'est à la conquête de la démocratie réelle, de la démocratie directe, la démocratie sociale, que nous pouvons maintenant travailler ensemble.

 

1 « Parti radical de gauche », qui n'est en fait ni un parti, ni radical, ni de gauche.

Mis à jour ( Lundi, 07 Novembre 2011 17:30 )
 
Créer un nouvel espace démocratique PDF Imprimer Envoyer
Écrit par critiquesociale   
Mercredi, 02 Novembre 2011 11:15

Créer un nouvel espace démocratique


Par les mouvements des « indignés », et maintenant le mouvement « Occupons Wall Street » aux Etats-Unis (depuis mi-septembre), ce qui tente de faire son chemin c'est la création d'un nouvel espace démocratique. Espace au sens physique, par la transformation de vastes lieux urbains en agoras. Mais aussi et surtout, un nouvel espace au sens politique.

Le mouvement réel contre l'ordre capitaliste est peut-être en train de se manifester sous une nouvelle forme, pour le moment de façon incomplète et encore floue et incertaine. Mais tout mouvement spontané, créateur et fécond, passe par une telle phase.

 

Occupy Wall Street

 

En faisant payer aux masses populaires une crise dont elles sont victimes et en aucun cas responsables, le système capitaliste se montre tel qu'en lui-même : son essence inégalitaire, exploitatrice et instable apparaît au grand jour. C'est face à un mode de production mondial que se mène en fait la lutte : une victoire ne pourra advenir que par un mouvement de révolte mondialisé, par la création internationale d'un espace démocratique anticapitaliste, renversant les institutions actuelles qui ne peuvent sortir du carcan qui a provoqué la crise économique actuelle.


La journée mondiale de manifestations du 15 octobre a été un premier pas dans cette voie, même si elle n'a été massivement suivie qu'en Espagne d'où la proposition était partie. On peut regretter que, pour le moment, les manifestations de ce type en france aient été d'ampleur très réduite. L'échec du puissant mouvement de septembre-novembre 2010 contre la réforme des retraites semble peser lourd.

On peut également émettre l'hypothèse que la proximité des élections réduit le recours à l'action directe : manifestations, occupations, etc. Pourtant, si le souhait de « virer Sarkozy » est légitime et nécessaire, se serait s'illusionner que de croire que François Hollande mènerait une politique économique si différente. L'exemple des sociaux-démocrates1 actuellement au pouvoir en Europe montre bien ce que ferait Hollande s'il était élu.


En se laissant confisquer le débat politique réel, qui est remplacé par un débat de personnes, nous perdrions plusieurs mois pendant lesquels l'action sociale est pourtant indispensable. Attendre mai 2012, ce serait perdre d'avance.

 

1 Nous employons cette appellation courante, même si ceux qu'elle désigne aujourd'hui ne sont ni « sociaux », ni très démocrates...

Mis à jour ( Lundi, 07 Novembre 2011 17:28 )
 
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