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Brèves, communiqués...
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Actualité
Écrit par critiquesociale   
Dimanche, 27 Mars 2011 11:08

Sommaire des numéros parus


Numéro 1, octobre 2008 :

Actualité :

Crise du capitalisme

Le bouc-émissaire de l'immigration

L'école comme cible

Histoire :

Le léninisme et la révolution russe

Entretien de K. Marx avec J. Hamann

Théorie :

Les perspectives d’émancipation au 21e siècle


Numéro 2, novembre 2008 :

Actualité :

La première crise mondialisée

Les inégalités ne cessent de s’accroître

Histoire :

Les vies de Boris Souvarine


Numéro 3, décembre 2008 :

Actualité :

La société du chômage de masse

Forte mobilisation dans l'enseignement

Un « congrès » « socialiste » ?

Histoire :

Les manuscrits de Marx sur la Commune de 1871

Théorie :

L’absurdité du « libéralisme économique »


Numéro 4, janvier 2009 :

Histoire et théorie :

Rosa Luxemburg, 1871-1919

Textes de R. Luxemburg :

Une question de tactique…

Quelles sont les origines du 1er mai ?

Un Devoir d’honneur


Numéro 5, février 2009 :

Actualité :

Succès du 29 janvier : quelles suites ?

Obama et Cuba

Revue de presse


Numéro 6, mars 2009 :

Histoire et théorie :

Et si on essayait la démocratie ?

"Herr Vogt", de Karl Marx


Numéro 7, septembre 2009 :

Actualité :

Printemps 2009, l'inefficacité des directions « syndicales »

Crise capitaliste : les coupables font payer les victimes

La parité au gouvernement, des promesses au reniement

Histoire :

Une réponse de Victor Serge à Trotsky

Théorie :

Beauvoir, Marcuse... sur les valeurs dominantes sexistes


Numéro 8, novembre 2009 :

Actualité :

Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés

Le capitalisme en crise, mais toujours debout

Histoire :

Friedrich Engels contre le « préjugé national »

Théorie :

"Marx et Keynes", de Paul Mattick


Numéro 9, février 2010 :

Actualité :

Déni dans la crise

Après les élections au Chili

Histoire et théorie :

Notes d'interventions de Marx, septembre 1871

Wolfgang Leonhard à propos de Marx et Engels


Numéro 10, mai 2010 :

Actualité :

Saignées sociales

Hommage à Rosa Luxemburg à Paris

Histoire :

Les luttes sociales sur l’île de Pâques


Numéro 11, août 2010 :

Actualité :

Les gouvernements durcissent leur politique de classe

Histoire et théorie :

La lente réception de Rosa Luxemburg en france

Un livre de D. Muhlmann sur Rosa Luxemburg

Claude Lefort à propos des dérives bureaucratiques


Numéro 12, octobre 2010 :

Actualité :

L'expression d'une force sociale

S'organiser pour empêcher la contre-réforme des retraites

Histoire et théorie :

Retour sur la réception de Rosa Luxemburg en france


Numéro 13, décembre 2010 :

Actualité :

La lutte face à la contre-réforme des retraites

Pendant ce temps-là, à Pôle emploi

Histoire et théorie :

90 ans après le Congrès de Tours

"Le concept de démocratie chez Marx", par M. Rubel


Numéro 14, février 2011 :

Actualité :

La révolution tunisienne ouvre la voie !

Histoire et théorie :

Entretien avec Maximilien Rubel (1979)

Paul Frölich, 1884-1953


Numéro 15, mars 2011 :

Actualité :

Une société rouillée

Histoire et théorie :

5 mars 1871 – 5 mars 2011 : Rosa Luxemburg aujourd'hui

"Anniversaire et actualité", par Boris Souvarine

 

Numéro 16, avril 2011 :

Actualité :

Scènes d'une société en crise(s)

Histoire et théorie :
Un livre sur le procès de Karl Liebknecht en 1916
Souvenirs sur Karl Liebknecht
140 ans de la Commune de Paris
Sommaire des numéros parus

 

Numéro 17, septembre 2011 :

Actualité :

 Face à la lutte de classe capitaliste
Une société de précarité
Mobilisation en Espagne

Histoire et théorie :
Notes à propos du luxemburgisme

 

Numéro 18, novembre 2011 :

Actualité :

Créer un nouvel espace démocratique

Antisocialistes primaires ?

 

 

Brochures publiées par Critique Sociale :

Mis à jour ( Mercredi, 02 Novembre 2011 22:15 )
 
Un livre sur le procès de Karl Liebknecht en 1916 PDF Imprimer Envoyer
Actualité
Écrit par critiquesociale   
Samedi, 19 Mars 2011 18:00

Un livre sur le procès de Karl Liebknecht en 1916


Le 1er mai 1916, le groupe spartakiste organisait une manifestation contre la guerre à Berlin. Malgré les risques, des milliers de travailleurs avaient répondu à cet appel répandu par les tracts clandestins diffusés par les militants spartakistes.

Dès le début de la manifestation, Karl Liebknecht avait lancé le mot d'ordre : « A bas la guerre ! A bas le gouvernement ! » Il n'en fallu pas plus pour qu'il soit immédiatement arrêté et emprisonné. Rosa Luxemburg, présente à ses côtés durant une courte période de liberté entre deux longues périodes d'emprisonnement, ne se ménagea pas pour tenter d'empêcher l'arrestation de son camarade : « J'avais cherché […] à le "libérer" de toute la force de mes poings et je m'agrippai à lui et aux policiers jusqu'au commissariat où l'on me mit dehors sans ménagement. »1

La manifestation se poursuivit néanmoins, et comme l'écrivit Paul Frölich : « Pour la première fois dans la capitale la résistance à la guerre s'était manifestée dans la rue. La glace était rompue. »2

Un procès fut intenté à Karl Liebknecht, il fut condamné et resta en prison jusqu'en octobre 1918.


Un livre consacré à ce procès vient de paraître sous le titre A bas la guerre ! A bas le gouvernement !3 L'ouvrage regroupe dans l'ordre chronologique différents textes relatifs à ce procès – ou plutôt à ces procès, puisque suite à sa première condamnation Liebknecht fit appel ; le second procès se tint très vite et aggrava la peine.


Tout au long de la procédure, Liebknecht, bien qu'avocat de profession, ne cherche nullement à obtenir une peine plus légère. La situation de guerre est à ce point tragique que toute occasion de la dénoncer doit être utilisée. Privé de la tribune du Reichstag, il se saisit politiquement de la tribune de son procès, où il déclare : « Je suis ici pour accuser et non pour me défendre ! »4

De la part de Liebknecht comme de Luxemburg, la logique est la même : profiter de ce procès pour mettre en accusation le gouvernement et le régime lui-même. Ainsi, Liebknecht écrit que « de par sa nature sociale et historique, le gouvernement allemand est un instrument visant à opprimer et à exploiter les masses laborieuses »5. Le système de ce gouvernement « se révèle être un système de véritable violence, de véritable hostilité à l'égard du peuple et de mauvaises intentions vis-à-vis des masses. »6


Ayant été arrêté pour sa participation à une manifestation du 1er mai, Liebknecht rappelle le sens de cette journée mondiale de lutte : « le 1er mai est l'occasion solennelle de manifester et de diffuser les idées phares du socialisme ; il est consacré à la dénonciation de toute exploitation, de toute oppression et de toute violation des droits de l'homme, à la propagande pour la solidarité des travailleurs de tous les pays, que la guerre n'a pas fait disparaître mais qui, au contraire, se voit renforcée, et à la propagande contre ce déchirement fratricide. Cette manifestation est pour la paix et contre la guerre. »7

Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg dénoncent à plusieurs reprises « la dictature militaire », qui n'était pas spécifique à l'Allemagne puisqu'elle fut également dénoncée en france à la même période par les pacifistes révolutionnaires du Comité pour la Reprise des Relations Internationales (composé de socialistes internationalistes et de syndicalistes-révolutionnaires). D'ailleurs, Liebknecht souligne que « dans les pays qui étaient autrefois des démocraties, la France, l'Angleterre, l'Italie, la guerre a conduit, dans tous les domaines, à une réaction dont on ne se serait jamais douté jusqu'à présent. »8


Résumant le but de son engagement, Karl Liebknecht appelle à « la lutte des classes internationale contre les gouvernements capitalistes et les classes dominantes de tous les pays afin de supprimer toute oppression et toute exploitation, afin de mettre un terme à la guerre et aboutir à une paix faite dans un esprit socialiste. »9 Rosa Luxemburg souligne justement que Liebknecht a été condamné très lourdement « parce qu'il est resté fidèle, dans ses actes et dans ses paroles, aux enseignements du socialisme et aux intérêts de la classe ouvrière. »10



Les textes de Karl Liebknecht disponibles en français ne sont malheureusement pas très nombreux. Outre des lettres de prison et quelques articles épars, les éditions Maspero avaient publié en 1970 un recueil très utile11, que les éditions La Découverte – qui en détiennent les droits – seraient bien inspirées de rééditer.

Les textes de Karl Liebknecht ici présentés étaient pour certains inédits en français. L'un d'eux avait été traduit par Marcel Ollivier dans le recueil de 1970, qui contient également un extrait des débats du procès en appel (présentés cette fois de façon complète dans cette édition de 2011), ainsi que trois autres textes liés à ce procès qui ne sont pas repris dans A bas la guerre ! A bas le gouvernement !12.

La revue Clarté avait traduit en janvier 1921 cinq de ces textes13, en se basant sur la même source que cette édition de 2011 – à savoir le recueil publié en 1919 en allemand par la revue révolutionnaire Die Aktion. De plus, Clarté avait également traduit un texte de Liebknecht du 17 août 1916 qui n'est pas repris dans ce recueil de 2011 : nous reproduisons ce texte ci-dessous.

Les textes de Rosa Luxemburg ici publiés étaient déjà disponibles en français, dans le recueil Contre la guerre par la révolution14. Ils bénéficient d'une nouvelle traduction.


La parution de ce livre a le mérite de nous rappeler les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles fut menée la lutte contre la guerre de 1914-1918, par des minoritaires internationalistes de tous les pays belligérants.



* * *


Avec le texte que nous reproduisons ci-dessous, Karl Liebknecht s'adresse au tribunal après avoir appris l'arrestation de Franz Mehring (1846-1919), journaliste et historien socialiste qui avait participé début 1915 à la publication de la revue Die Internationale, première action d'ampleur du groupe spartakiste. Se plaçant toujours en position d'accusateur, Liebknecht ironise pour flétrir les actions du régime.

Nous reprenons la traduction publiée dans Clarté en janvier 1921. Les notes sont celles que nous avons ajoutées, à l'exception d'une note du traducteur qui était déjà présente.


« Au Tribunal gouvernemental allemand, Berlin

Berlin, 17 août 1916.

A propos de l'action menée contre moi :


Le militariste allemand livre ses batailles les plus glorieuses en Allemagne même, batailles dont aucun journal ne se fait le héraut.

Il livre ses batailles les plus glorieuses en Allemagne, contre des Allemands, contre les gens que la faim tenaille et qui sont assoiffés de liberté et de paix. Il remporte quotidiennement des victoires contre des gens sans défense, contre des femmes, des enfants, des vieillards ; des victoires que ne célèbre aucun carillon. Et il fait, au cours de ces opérations-là, des prisonniers, des milliers de prisonniers, que n'annonce aucun communiqué de G.Q.G.15


Le 10 juillet, sa brillante attaque a abattu Rosa Luxemburg16. Il vient maintenant de remporter un nouveau triomphe que chantera la postérité.

Par un assaut hardi il a réussi à maîtriser le septuagénaire Franz Mehring et à emmener prisonnier celui dont les coups faisaient trembler un Bismarck.

Enfin ! L'Allemagne officielle et officieuse respire !

Enfin ! Car il y a longtemps que Franz Mehring a mérité cela ! C'est bien fait pour lui !

Que n'encensait-il l'idole de l'impérialisme ? Pourquoi restait-il fidèle à ses autels, aux autels du Socialisme ? Pourquoi, malgré son grand âge, est-il entré en lice pour la cause sacrée de l'Internationale ?

C'est bien fait pour lui !

Car il est bien un éducateur du peuple allemand – mais il ne sort pas de l'écurie de Herr von Trott zu Solz17. Car il est bien un flambeau de la science allemande, un maître publiciste allemand, un gardien et un champion de civilisation allemande, mais il ne fait pas partie des gardes du corps des Hohenzollern18. Car il est un démolisseur de légendes dorées, mais non point un raccommodeur historiographe de cour. Car il rompt des lances pour la défense des opprimés, mais il n'est point à la solde des puissants. C'est un homme, mais non un laquais.


A une époque où les représentants accrédités de la science allemande se font panégyristes de la barbarie et font de la Muse une courtisane ; où, pour jouir à loisir de la liberté extérieure, il est indispensable de se soumettre à la servitude intérieure et de se prosterner humblement devant la dictature militaire ; à une époque où les Jean-qui-rie "social-démocrates" sont au comble de la félicité, escortent en trottinant le carrosse d'Etat allemand et ont la permission de ramasser les miettes de la table ministérielle, où les camarades social-démocrates Schluck et Jau19 ont le privilège de se carrer, pour quelques trimestres de grâce, dans les coussins de l'admission à la cour ; à une époque où les apostats "social-démocrates" peuvent prendre, au grand soleil glorieux, de joyeux ébats ; à une telle époque, la place d'un Mehring n'était pas la liberté, mais la prison.


La prison, le seul endroit où l'on ait maintenant droit d'être homme d'honneur en Allemagne ; la prison devenue maintenant la suprême place d'honneur pour le septuagénaire Franz Mehring lui aussi.

Mais la besogne n'est pas encore achevée. Il reste encore des hommes et des femmes, en Allemagne, qui, par milliers et par milliers, s'écrient : "A bas la guerre ! A bas le gouvernement !"

En avant vers de nouveaux exploits, Excellence von Kessel20 ! De nouvelles victoires glorieuses vous attendent – à remporter sur des gens que la faim tenaille et qui ont soif de liberté et de paix ! Contre des femmes, des vieillards, des enfants ! Afin que l'Europe retentisse davantage encore de la gloire immortelle de l'Allemagne !


Soldat Karl Liebknecht, aux bataillons de travailleurs. »

 

 


 

 

1 Lettre de Rosa Luxemburg à Clara Zetkin le 12 mai 1916, dans : Rosa Luxemburg, J'étais, je suis, je serai !, correspondance 1914-1919, Editions Maspero, 1977, p. 129.

2 Paul Frölich, Rosa Luxemburg, sa vie et son œuvre, Editions Maspero, 1965, p. 278.

3 Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, Le procès Liebknecht, Editions de l'Epervier, 2011, 94 pages, 9,5 €. Traduction de Cécile Denis.

4 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 49.

5 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 19.

6 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 21.

7 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 23.

8 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 84.

9 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 22.

10 A bas la guerre ! A bas le gouvernement !, op. cit., p. 58.

11 Karl Liebknecht, Militarisme, guerre, révolution, Editions Maspero, 1970, 267 pages.

12 Dans l'édition Maspero, 1970 : lettre de Liebknecht au tribunal du 8 mai 1916 (pp. 160-162), idem 3 juin 1916 (pp. 162-164 ; dans l'édition l'Epervier, 2011 : pp. 31-35), idem 10 juin 1916 (pp. 165-171), déclaration remise à l'audience du 26 juin 1916 (pp. 172-174), et extrait de la défense devant le tribunal (pp. 174-175 ; débats du 23 août 1916, dans l'édition l'Epervier, 2011 : pp. 43-50).

13 « Karl Liebknecht, l'accusé », Clarté n° 50, 51 et 52, des 15, 22 et 29 janvier 1921.

14 Rosa Luxemburg, Contre la guerre par la révolution, lettres de Spartacus et tracts (Spartacus-briefe), Editions Spartacus, 1973, 201 pages.

15 Grand Quartier Général, instance militaire suprême qui menait les opérations de guerre.

16 Après avoir passé une année en prison de février 1915 à février 1916, Rosa Luxemburg venait d'être arrêtée de nouveau le 10 juillet 1916. Elle ne fut libérée, par la Révolution, que début novembre 1918.

17 August von Trott zu Solz, ministre de l'Enseignement dans le gouvernement de l'empereur Guillaume II.

18 Famille qui régnait sur l'Allemagne, dont faisait partie Guillaume II.

19 Intraduisible : noms plébéiens, désignant la basse roture (N. d. T.).

20 Le général Gustav von Kessel, à l'époque gouverneur de Berlin.

Mis à jour ( Samedi, 19 Mars 2011 18:03 )
 
Appel au débat sur notre lutte pour les retraites PDF Imprimer Envoyer
Actualité
Écrit par critiquesociale   
Vendredi, 19 Novembre 2010 00:13

 

Appel au débat sur notre lutte pour les retraites

 

 

Nous organisons un débat autour des enjeux du mouvement de ces derniers mois le mercredi 24 novembre à 19h à Paris, au "Couvent", 69 rue Broca (sous le boulevard de Port-Royal), près de la station de métro Gobelins

 

Le mouvement opposé à la contre-réforme des retraites est une véritable lame de fond, des millions de travailleurs, de chômeurs et de jeunes se sont mobilisés durant des semaines pour affirmer notre refus d’une série de mesures injustes et rétrogrades. Plus encore qu'en 1995 et 2003, les revendications des manifestants traduisaient une remise en cause du système économique dans son ensemble, un refus du chantage au nom du « bon sens ». La crise financière mondiale a largement entamé la crédibilité du capitalisme, et de son système politique.

Le mouvement continue, alors que les parlementaires ont voté la loi et que le gouvernement l'a promulguée. Ce dernier est de plus en plus vu pour ce qu'il est : une clique au service des classes sociales privilégiées, au service des intérêts des plus riches (bouclier fiscal, etc.), ce qui fait qu'une partie des salariés sont dans un rejet frontal du pouvoir, sur l'air de « Casse-toi pôv'con ».


Cependant le mouvement n'a pas obtenu gain de cause. Il nous semble important de réfléchir à ce qui n'a pas jusqu'à présent permis de gagner, alors même que la mobilisation a été massive, notamment en octobre. Au sein du mouvement, des positions sensiblement différentes se côtoyaient, mais il n'y a pas eu de véritable débat global autour des différentes formes de luttes possibles face au gouvernement. Les trop rares débats à la base ont été suscités par les travailleurs eux-mêmes et non par les directions syndicales. Un mouvement, aussi important et unitaire soit-il, ne peut gagner que s'il porte des revendications claires, réellement discutées et adoptées à la base par de larges assemblées.

Nous pensons également que les décisions prises par les directions syndicales, et tout particulièrement celles concernant les dates des mobilisations suivantes après chaque journée de mobilisation réussie, ont empêché toute réelle intensification de la confrontation avec le gouvernement, toute construction d'un rapport de force à même de le faire reculer. Ces décisions contre-productives ont été prises par une « intersyndicale » coupée des masses mobilisées, sans consultation à la base. Les journées de mobilisation, réussies en terme de nombre, n'ont pas suffisamment servi de moteur à la construction d'un mouvement de grève généralisé. Il n'y a pas eu assez de coordination au niveau local, d'actions spontanées, de débats dans chaque entreprise, chaque quartier, chaque établissement. Nous pensons que ces initiatives et leur préparation par des regroupements locaux de travailleurs, de chômeurs ou de jeunes sont la véritable force dynamique d'un mouvement. La coordination des actions par les acteurs du mouvement social eux-mêmes est ce qui rend possible les avancées. A l'inverse le contrôle sans débat mené par les directions bride le mouvement.


Toutes ces questions ne recouvrent pas l'ensemble de la richesse et de la complexité de la mobilisation depuis plus de deux mois : elles ne sont pas limitatives. Nous vous proposons de débattre ensemble de tous ces sujets le mercredi 24 novembre à 19h, au « Couvent », un bar-restaurant situé au 69 rue Broca (sous le boulevard de Port-Royal), dans le 13e arrondissement de Paris, près de la station de métro Gobelins (ligne 7).

 

tract

 

 

Mis à jour ( Vendredi, 19 Novembre 2010 12:02 )
 
Très forte mobilisation du 12 octobre PDF Imprimer Envoyer
Actualité
Écrit par critiquesociale   
Mardi, 12 Octobre 2010 15:26

Très forte mobilisation du 12 octobre

 

Manifestation à Paris, le 12 octobre 2010

 

Ce mardi 12 octobre a donc été de nouveau une journée de manifestations massives. Même le pouvoir d'Etat reconnaît une mobilisation en hausse - c'est dire ! D'après les premières estimations il y aurait un total de 3,5 millions de manifestants sur l'ensemble des 240 manifestations qui se sont déroulées un peu partout. La contre-réforme des retraites que le gouvernement tente d'imposer suscite donc un clair rejet populaire.

Des appels à manifester samedi 16, et même dès le mercredi 13, ont été d'ores et déjà lancés. Toujours est-il que pour obtenir le retrait de ce projet injuste, c'est la grève dans la durée qui sera déterminante. Des Assemblées Générales doivent se tenir dès mercredi matin à ce sujet.

Pour aller vers une grève de masse généralisée, ce sont des Assemblées Générales partout qu'il faut organiser : par lieu de travail, par secteur d'activité, par secteur géographique. Par une auto-organisation à la base, la mobilisation peut battre ce gouvernement.

 

Mis à jour ( Mardi, 12 Octobre 2010 15:46 )
 
Organisons-nous pour empêcher la contre-réforme des retraites ! PDF Imprimer Envoyer
Actualité
Écrit par critiquesociale   
Jeudi, 23 Septembre 2010 09:28

Organisons-nous pour empêcher

la contre-réforme des retraites !


La contre-réforme des retraites lancée par le gouvernement est injuste, les arguments utilisés pour la défendre sont mensongers, et donc ceux qui manifestent contre ce recul de leurs conditions de vie ont parfaitement raison de le faire. Il s'agit de défendre un droit, celui de pouvoir prendre sa retraite à 60 ans. Rappelons que Sarkozy avait promis de maintenir ce droit lors de sa campagne électorale de 2007 : il bafoue maintenant sa parole, et veut imposer un recul social contre la volonté de la grande majorité des salariés. Ce n'est pas ça, la démocratie ! Nous pensons donc que ce mouvement est important, qu’il faut trouver ensemble des formes de mobilisation et d'action efficaces pour faire battre en retraite le gouvernement, et peut-être d'aller plus loin.


Tous ceux qui veulent participer au mouvement doivent pouvoir le faire de façon concrète : manifester lorsque les organisations syndicales en place le décident, c'est un premier pas mais ce n'est pas suffisant. La mobilisation sociale, c'est lorsque tous ceux qui sont concernés par un problème se réunissent dans leurs entreprises, dans leurs quartiers, ou dans leurs organisations. Avez-vous été invité à une réunion avant les manifestations du 7 septembre ? Ces manifestations ont le plus souvent eu lieu sans Assemblées Générales préalables, parce que les directions syndicales l'ont décidé en fonction de ce qu'elles appellent, comme les journalistes, la « grogne sociale ». Il n'y a pas assez eu de débats à la base, d'échanges sur l'attaque que constitue le projet de réforme du gouvernement, et sur les différentes contre-propositions. Il y en a eu encore moins au lendemain des manifestions massives du 7 septembre : les directions syndicales se sont réunies à huis-clos pour décider d'appeler à des manifestations le 23 septembre, c'est à dire après la date prévue pour le vote de la réforme à l'Assemblée. Au lendemain d'une mobilisation massive dans tout l'hexagone, elles ont refusé de proposer au mouvement d'aller plus loin dans l'opposition au gouvernement.

Nous pensons que cette situation n'est pas le fruit du hasard ou de la désorganisation involontaire du mouvement. Nous pensons que les directions des centrales syndicales les plus importantes ont leurs intérêts qui font qu'elles vont moins loin que ce qui serait nécessaire pour les travailleurs, les précaires, les chômeurs et les jeunes qui se sont mobilisés le 7 septembre. Et nous pensons également qu'il faudrait le plus possible se réunir pour discuter de cette contre-réforme des retraites, et des propositions des forces politiques qui disent vouloir « porter la parole des travailleurs à l'Assemblée nationale ». On pourrait alors débattre autour du fait que le Parti dit socialiste, s'il affirme vouloir maintenir l'âge légal de la retraite à 60 ans, accepte dans le même temps l'allongement progressif de la durée de cotisation, laquelle passera de 40,5 ans à 41 en 2012, puis à 41,5 en 20201. Nous sommes sûrs que la majorité de ceux qui se sont mobilisés le 7 septembre ne sont pas du tout d'accord avec ces propositions. Les dirigeants des organisations syndicales n'ont mal-heureusement pas pointé le fait que ces propositions reviennent à dire qu'il serait de plus en plus dur d'avoir une retraite décente à 60 ans, et tout particulièrement pour ceux qui ont une carrière « à trous » : en particulier les femmes et les précaires. Et pour cause : la CFDT est plus ou moins sur les mêmes positions car ses dirigeants font partie de la même classe sociale que ceux du PS, et l'unité de façade est plus importante pour les dirigeants que la clarté de la discussion collective. Le Parti dit socialiste veut revenir au pouvoir et cherche à capter encore une fois le « vote populaire » en disant qu'il rétablira la retraite à 60 ans, et dans le même temps annonce déjà les trahisons qui rassurent les patrons en acceptant dès aujourd’hui l'allongement de la durée de cotisation. Pourtant d'autres possibilités réalistes existent, qui garantiraient les droits des salariés à une bonne retraite dès 60 ans.


Nous pensons que la confusion entretenue par les directions, leur refus du débat collectif à la base sur les enjeux, les moyens et l'agenda de la lutte contre le gouvernement, entravent le mouvement. Quelle que soit la situation à l'issue des manifestations du 23 septembre, nous pensons qu'il faut, partout, dans chaque entreprise, chaque établissement, chaque quartier, militer activement pour que soient convoquées des Assemblées Générales, et que celles-ci s'emparent du débat : Quelles revendications sur les retraites ? Et quels moyens pour contrer le projet de réforme du gouvernement ?


L'auto-organisation à la base est la véritable forme de la mobilisation sociale. L'action sociale collective — car il s'agit bien de cela, la réforme concerne tout le monde, pas seulement telle entreprise ou telle catégorie de travailleurs — pour être efficace, doit forcément être menée de façon démocratique. Et la démocratie, ce n'est pas se limiter à une marche de République à Nation sans débats ni actions. La démocratie n'est pas non plus au gouvernement, elle peut au contraire se construire à la base.

N'attendons pas pour agir par nous-mêmes. Mobilisons-nous pour le retrait du projet gouvernemental contre les retraites :



Manifestation jeudi 23/09 : 13 heures, place de la Bastille

 

 

1 Libération du 15 septembre, page 15.

 

(tract de Critique Sociale, Paris)

 
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